mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203134 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SGRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Sgro, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 3 octobre 2022 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a classé sans suite sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle d'instruire sa demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision de classement sans suite est intervenue sans qu'il lui soit préalablement indiqué quelles étaient les pièces manquantes et sans que lui soit laissé un délai de transmission, en méconnaissance de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision a été prise sans qu'il ait pu faire valoir ses observations en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du droit d'être entendu consacré par la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- sa demande de titre de séjour était fondée sur les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour qui n'exigent pas la présentation d'un visa de long séjour ;
- le préfet ne pouvait considérer, au vu d'une décision de refus de séjour datant de plus de trois années, qu'il était dépourvu des liens familiaux visés à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au non-lieu à statuer.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 18 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public désigné en application du second alinéa de l'article R. 222-24 du code de justice administrative, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- et les observations de Me Sgro représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien né le 3 septembre 1957, est entré en France le 12 décembre 2013, selon ses déclarations. La qualité de réfugié lui a été refusée par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 21 mai 2014 et de la Cour nationale du droit d'asile du 16 mars 2015. M. B a ensuite bénéficié d'un titre de séjour délivré en raison de son état de santé le 30 mai 2016. Le 16 mai 2017, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour que le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a refusé par une décision du 30 septembre 2019. Le recours formé par le requérant contre cette décision a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Nancy en date du 9 février 2021. Le requérant a déposé le 25 septembre 2022 une demande de titre de séjour en se prévalant de ses liens personnels et familiaux sur le territoire français. Par une décision du 3 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a classé cette demande sans suite. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 19 novembre 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :
3. Par une décision du 6 juillet 2023 postérieure à l'enregistrement de la requête et devenue définitive, le préfet de Meurthe-et-Moselle a délivré à M. B un récépissé de titre de séjour. Il a ainsi implicitement mais nécessairement retiré la décision initialement opposée au requérant classant sa demande de titre de séjour sans suite. Par suite, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de cette décision sont devenues sans objet. Il en va de même de ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle d'instruire sa demande. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions susmentionnées de la requête de M. B.
Sur les frais liés à l'instance :
4. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Sgro, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Sgro de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission de M. B à l'aide juridictionnelle provisoire ainsi que sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction de la requête.
Article 2 : L'État versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Me Sgro, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Sgro renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Sgro.
Délibéré après l'audience publique du 29 août 2023 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Florence Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026