vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203237 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BACH-WASSERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2022, M. D B, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a pris son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Il soutient que cet arrêté méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Fabas, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Bach-Wassermann, avocate commise d'office de M. B, qui s'en remet, pour l'essentiel, aux écritures qui ont été produites et ajoute que l'arrêté est rendu au visa de l'accord franco-algérien alors que M. B est de nationalité malienne, que M. B produit un extrait des visites de sa compagne et de ses enfants aux parloirs lui permettant d'établir qu'il continue à contribuer à l'éducation de ses enfants français en dépit de son incarcération et ne peut donc pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ; que son client n'a pas pu demander le renouvellement de son titre en raison du prix élevé du timbre fiscal et que s'il ne peut plus contribuer à leur l'entretien depuis son incarcération dès lors qu'il ne perçoit désormais que 159 euros par mois qui lui servent à acheter des produits cantinés, il a contribué à leur entretien tout le temps où il a travaillé dans le bâtiment comme le lui permettaient les différents titres de séjour qui lui ont été délivrés et dans la mesure où il vivait avec eux et sa compagne dans un appartement qu'ils louaient ; elle fait également valoir que la mesure portant interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte grave à la vie privée et familiale de M. B ;
- et les observations de M. B qui fait valoir qu'il n'a pas interrompu le lien avec ses enfants lesquels viennent le visiter régulièrement en détention, qu'il a perdu son emploi en 2017 et n'a pas pu, dans ses conditions, payer le timbre fiscal nécessaire au renouvellement de son titre de séjour et s'est mis à voler pour subvenir à ses besoins ; qu'il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès de la préfecture de la Haute-Marne en 2020 mais n'a jamais obtenu de réponse à sa demande et a donc formé une nouvelle demande de titre de séjour en détention auprès de la préfecture de Meurthe-et-Moselle pour laquelle il n'a pour le moment pas obtenu de réponse.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant malien né le 11 juillet 1994 serait entré régulièrement sur le territoire français en 2001 selon ses déclarations. Il a obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à compter du 4 septembre 2012, régulièrement renouvelée jusqu'au 10 juillet 2017. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 20 octobre 2020 auprès du préfet de la Haute-Marne et une décision implicite de refus est née du silence gardé par le préfet sur cette demande. Le 4 novembre 2021, il a été condamné par le tribunal judicaire de Chaumont à une peine de douze mois d'emprisonnement et la révocation totale du sursis probatoire prononcé par le tribunal correctionnel de Chaumont le 2 juillet 2020 d'une durée de trois mois, pour des faits de vol avec effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt en récidive. M. B avait également fait l'objet de trois peines d'emprisonnement en 2016 et 2020 pour des faits de vols en réunion et d'usage illicite de stupéfiants. Par un arrêté du 8 novembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra, le cas échéant, être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an. M. B, détenu au centre de détention d'Ecrouves, doit être regardé, par sa requête, comme demandant au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".
3. Il ressort tant des pièces du dossier que des déclarations faites à la barre par M. B que celui-ci est le père de deux enfants français nés respectivement en 2016 et 2019 de sa relation avec Mme A, ressortissante française, avec laquelle il est toujours en concubinage. M. B, par la production de l'historique des parloirs, établit, ainsi qu'il le soutient, qu'il a continué malgré son incarcération à entretenir des liens avec sa compagne et ses deux enfants lesquels lui ont rendu visite en détention une à deux fois par mois. Par ailleurs, M. B fait également valoir, sans être contredit, que s'il ne pouvait contribuer à l'entretien de ses enfants en détention compte-tenu de la très faible rémunération qu'il percevait alors, s'élevant à la somme de 159 euros laquelle lui permettait seulement d'acheter des produits cantinés et notamment des produits d'hygiène, il a contribué à leur entretien tout le temps où il a disposé d'un travail dès lors qu'il vivait sous le même toit qu'eux et que sa compagne ne travaillait pas. Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen soulevé, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et, par voie de conséquence, l'annulation des décisions fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
6. Le présent jugement, qui annule l'obligation de quitter le territoire française prise à l'encontre de M. B, implique d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer immédiatement, dans l'attente de cette examen, une autorisation provisoire de séjour.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a obligé M. B à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a pris son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de réexaminer la situation de M. B, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer immédiatement dans l'attente de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Lu en audience publique le 18 novembre 2022 à 15 heures 57.
La magistrate désignée,
L. C
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2203237
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026