mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP LEVI-CYFERMAN - CYFERMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2022, M. D A, représenté par Me Levi-Cyferman, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
2°) de lui accorder le statut d'apatride ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- son identité a été établie dans le cadre de sa demande d'asile ;
- les démarches qu'il a faites auprès de la représentation de la Palestine à Paris, de la représentation bruxelloise de l'Office de recours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de la Palestine, du consulat de Palestine à Paris et de l'ambassade de Libye sollicités par ses soins, qui ne lui ont pas répondu et n'ont pas mis en doute son état civil, sont suffisantes ;
- l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ne peut lui faire grief de l'absence de précisions quant au parcours de ses parents et à son mode de vie en Libye dès lors qu'il a expliqué le motif de leur départ de Jaffa dans les années 80 et qu'il n'a pas eu de mode de vie spécifique en Libye.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. B A à l'appui de sa demande d'annulation ne sont pas fondés ;
- les conclusions tendant à ce que le tribunal lui accorde le statut d'apatride sont irrecevables.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 16 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, qui déclare être né le 8 juin 1998 en Libye de parents palestiniens, est entré sur le territoire français en juillet 2019. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 28 février 2020 et une décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 4 octobre 2021. Il a déposé le 19 mai 2022 une demande tendant à se voir reconnaître la qualité d'apatride. Par une décision du 18 juillet 2022, le directeur général de l'OFPRA lui a refusé la qualité d'apatride. Par la requête susvisée, M. B A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " Aux fins de la présente convention, le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation () ". Aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention ". Il incombe à toute personne se prévalant de cette qualité d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'État de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ses démarches.
3. M. B A soutient être d'origine palestinienne, ses parents étant nés à Jaffa et ayant rejoint la Libye dans les années 80 en raison des discriminations dont ils auraient alors été l'objet, et être né à Al-Ajaylat en Libye, localité dans laquelle il aurait vécu jusqu'à son départ pour l'Europe. Toutefois, il ne justifie, par aucun élément, ni de son lieu de naissance, ni de sa filiation et ne produit aucun document susceptible d'établir son identité. En outre, le requérant s'est montré vague devant la CNDA lors de l'examen de sa demande d'asile, et n'a pas été plus précis lors de son entretien avec un agent de l'OFPRA dans le cadre de l'examen de sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride, tant quant aux conditions dans lesquelles ses parents auraient vécu en Israël, auraient fui ce pays et se seraient installés en Libye, que quant à ses conditions de vie en Libye depuis sa naissance.
4. En outre, pour soutenir que son identité est établie, le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'autorité de la chose jugée par la CNDA dans son ordonnance du 4 octobre 2021 dès lors que, par cette décision, qui portait uniquement sur sa demande de protection internationale, la CNDA ne lui a pas reconnu la qualité d'apatride.
5. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 et 4 ci-dessus que M. B A ne peut être regardé comme justifiant de son identité et de ses origines palestiniennes.
6. Par ailleurs, M. B A n'établit pas ne pas pouvoir prétendre à la nationalité libyenne et ne justifie pas, en se bornant à soutenir avoir adressé un courrier à l'ambassade de Libye à Paris par lequel il aurait sollicité des informations relatives à l'enregistrement de sa naissance, avoir accompli des démarches sérieuses et suivies auprès des autorités de ce pays en vue de s'en voir reconnaître la nationalité. Il n'établit pas non plus avoir effectué des démarches répétées et assidues auprès de toute autre autorité dont il pourrait revendiquer la nationalité au vu du lieu de naissance et de la nationalité de ses parents en se bornant à soutenir, sans au demeurant produire les courriers afférents, qu'il a vainement sollicité le bureau de représentation de la Palestine à Paris, le consulat de la Palestine à Paris et la représentation bruxelloise de l'Office de recours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de la Palestine. Par suite, en refusant de lui accorder le statut d'apatride, l'autorité administrative n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ni méconnu les stipulations précitées de la convention de New York du 28 septembre 1954.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 18 juillet 2022 du directeur général de l'OFPRA doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'OFPRA, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'OFPRA, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. B A au bénéfice de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et à Me Lévi-Cyferman.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026