jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2022, M. D A, représenté par l'AARPI Themis demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 août 2022 par laquelle le directeur du centre de détention de Montmédy a suspendu le permis de visite dont bénéficiait Mme C B ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil l'AARPI Themis, au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de faire valoir des observations en son nom propre ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy du 16 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bastian, rapporteur,
- les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était incarcéré au centre de détention de Montmédy lorsque, le 16 juillet 2022, à l'occasion d'une visite de sa compagne, Mme C B, une dispute a éclaté entre eux. Par une décision du 10 août 2022, le directeur du centre de détention a suspendu pour une durée de deux mois le permis de visite dont bénéficiait Mme B. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () ". Aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".
3. Les décisions tendant à restreindre, supprimer ou retirer les permis de visite relèvent du pouvoir de police des chefs d'établissements pénitentiaires. Par suite, elles doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et ne peuvent intervenir qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter ses observations.
4. En l'espèce, par un courrier du 18 juillet 2022, le chef d'établissement du centre de détention de Montmédy a informé Mme B de ce qu'il envisageait de suspendre ou de retirer son permis de visite à M. A et l'invitait à formuler ses observations dans un délai de dix jours. M. A ne conteste par ailleurs pas que le chef d'établissement s'est entretenu par téléphone avec Mme B le 10 août 2022 et qu'elle a pu, à cette occasion, présenter des observations orales. Par suite, Mme B, personne intéressée par la décision attaquée, a été mise à même de présenter ses observations. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 341-7 du code pénitentiaire : " L'autorité administrative ne refuse de délivrer, suspend () un permis de visite aux membres de la famille d'une personne condamnée, que pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions ". Aux termes de l'article R. 341-11 du même code : " Pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions, l'accès au parloir est subordonné aux mesures de contrôle jugées nécessaires à l'égard des visiteurs. ". Aux termes de l'article R. 341-13 du même code : " Les visites se déroulent par principe dans un parloir ne comportant pas de dispositif de séparation. () En outre, le chef de l'établissement pénitentiaire peut décider que les visites ont lieu dans un parloir avec un tel dispositif de séparation dans l'un des cas suivants :1° S'il existe des raisons sérieuses de redouter un incident ; 2° En cas d'incident survenu au cours d'une visite antérieure () ".
6. Il est constant que, lors de la visite de Mme B à M. A, le 16 juillet 2022, une altercation a éclaté entre les intéressés qui ont alors échangé des crachats, en présence de leurs enfants. Ces faits, qui excèdent le cadre d'une simple dispute de couple, justifient la suspension du permis de visite de Mme B dont la durée de deux mois n'est en outre pas disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Ciaudo et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience publique du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Bourjol, première conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
P. BastianLe président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2203304
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026