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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2203327

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2203327

lundi 28 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2203327
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantAARPI CLAUDE THOMAS CATHERINE BERNEZ & OLIVIER NUNGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 et 25 novembre 2022, Mme A F, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

- il est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- il est entaché d'un vice de forme en ce qu'il est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté ne lui a pas été notifié dans une langue qu'elle comprend ;

- il est entaché d'un défaut d'examen individuel, complet et sérieux de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il appartient au préfet de démontrer que les informations utiles lui ont été fournies en vue de l'enregistrement de sa demande d'asile ainsi que la liste prévue à l'article R. 521-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui a été remise ;

- les informations prévues à l'article 12 de la directive 2013/32/UE du 26 juin 2013 et à l'article R. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui ont pas été fournies ;

- elle n'a pas été mise en possession des informations prévues à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- elle n'a pas été informée du résultat de la comparaison de ses empreintes à la borne Eurodac, en méconnaissance des dispositions de l'article 26 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- elle méconnaît son droit à être entendue tel que protégé par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de délivrance d'une attestation de demande d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du principe constitutionnel du droit d'asile en ce que, malgré l'absence de formulation expresse d'une demande d'asile lors de l'audition, le préfet aurait dû considérer qu'elle demandait l'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle ne présente pas de risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres traitements cruels et inhumains ;

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'un an :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires ;

- elle est entachée d'une inexacte application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile quant à la durée de cette interdiction ;

- elle méconnaît son droit constitutionnel à l'asile.

La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais, qui a produit des pièces les 19 et 28 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. Bastian, conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Nunge, avocat commis d'office représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise la situation de Mme B, notamment la circonstance que son passeport a été confisqué, et qui insiste sur les moyens liés à la présentation d'une demande d'asile à l'arrivée de Mme B au centre de rétention administrative ;

- les observations de Mme B elle-même, assistée d'une interprète en langue vietnamienne, qui ajoute qu'elle n'est qu'une victime, qu'elle n'est pas au courant de ce qu'il se passe et qu'elle ne peut pas retourner au Viêtnam ;

- et les observations de M. G qui précise que l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur l'entrée irrégulière de Mme B, que certains éléments de faits mentionnés dans la requête et le mémoire n'ont pas été portés à sa connaissance et que Mme B n'a fait état d'aucune crainte lors de l'audition de police.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante vietnamienne née en 1985, est entrée en France, selon ses déclarations, le 15 novembre 2022. Elle a été interpellée en zone d'accès restreint alors qu'elle tentait de se rendre en Grande-Bretagne le 16 novembre 2022. Par un arrêté du 17 novembre 2022, dont elle demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté du 10 août 2022, régulièrement publié au registre spécial des actes administratifs du même jour, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. E C à l'effet de signer les décisions contestées. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En particulier, si le préfet, qui n'était pas tenu de faire état de tout le parcours migratoire de l'intéressée, cite l'intégralité des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des termes mêmes de l'arrêté en litige qu'il a entendu se fonder sur la situation irrégulière de la requérante pour prononcer la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du vice de forme ne peut qu'être écarté.

4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions en litige ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend doit être écarté comme étant inopérant.

5. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen individuel, complet et sérieux de la situation de l'intéressée.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. Aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () "

7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B a demandé l'asile le 18 novembre 2022, postérieurement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Dès lors, les moyens tirés de vices de procédure en ce que toutes les informations relatives à l'asile ne lui ont pas été transmises, a fortiori dans une langue qu'elle comprend, et de l'erreur de droit en ce que la préfecture n'a pas délivré d'attestation de demande d'asile sont sans incidence sur la légalité de la décision en litige.

8. En deuxième lieu, si Mme B soutient que la décision en litige méconnait les dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le moyen tiré de la violation de cet article est inopérant dès lors qu'il s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique, toutefois, pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.

9. En l'espèce, Mme B a été entendue par les services de la police aux frontières le 16 novembre 2022. A cette occasion, elle a été informée de ce qu'elle pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement et a été invitée à formuler des observations, ce qu'elle a d'ailleurs fait. Par suite, le moyen tiré de la violation de son droit à être entendue doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement. "

11. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition du 16 novembre 2022, que Mme B n'a pas fait état, avant l'édiction de l'arrêté attaqué, de son souhait de présenter une demande d'asile, ni en France ni au Royaume-Uni, malgré les questions de l'officier de police judiciaire. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ni méconnu le principe constitutionnel de l'asile en ne se considérant pas saisi d'une demande d'asile.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

13. Mme B, qui est entrée en France, selon ses déclarations, le 15 novembre 2022, ne fait état d'aucun lien particulier sur le territoire national. En outre, il ressort du procès-verbal d'audition du 16 novembre 2022, que sa famille est restée au Viêtnam. Dans ces conditions, la décision en litige n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but en vue duquel elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté.

Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

14. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () " Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () "

15. Pour refuser d'accorder à Mme B un délai de départ volontaire, le préfet s'est fondé sur la circonstance qu'il existe un risque qu'elle se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public doit être écarté comme inopérant, dès lors qu'il ne s'agit pas du motif de la décision en litige.

16. Si Mme B soutient qu'elle ne présente pas de risque de fuite, il ressort des pièces du dossier qu'elle ne conteste pas être entrée irrégulièrement en France et ne pas avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'octroyer à Mme B un délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

17. Les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision fixant le pays de renvoi.

18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants : " 1. Aucun Etat partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture. () ".

19. Si Mme B soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, elle risque d'être soumise à des traitements inhumains et dégradants, elle ne l'établit pas. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doivent être écartés.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, les moyens dirigés contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant le délai de départ volontaire ayant été écartés, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.

22. En l'espèce, aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à Mme B. Celle-ci ne fait état d'aucune circonstance humanitaire empêchant l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation en prononçant à son encontre la décision en litige.

23. En outre, Mme B soutient être présente en France depuis le 15 novembre 2022 et ne fait état d'aucun lien avec la France. Eu égard à ces seules circonstances, le préfet n'a pas inexactement appliqué les dispositions citées au point 21 en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à un an.

24. En troisième lieu, d'une part, ainsi qu'il a été dit au point 11, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B aurait émis le souhait de déposer une demande d'asile en France avant l'édiction de l'arrêté attaqué. D'autre part, l'intéressée peut solliciter à tout moment l'abrogation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Si cette demande n'est recevable que si l'intéressée réside hors de France, une telle condition n'est pas de nature à porter atteinte au droit d'asile dès lors que le refus d'entrée sur le territoire ne fait pas obstacle au dépôt d'une demande d'asile à la frontière. Par suite, le moyen tiré de la violation de son droit constitutionnel à demander l'asile doit être écarté.

25. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F et au préfet du Pas-de-Calais.

Lu en audience publique le 28 novembre 2022 à 15h20.

Le magistrat désigné,

P. D

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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