jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 et 20 décembre 2022, M. C D, représenté par l'AARPI Themis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires Strasbourg - Grand-Est a décidé de le transférer du centre de détention de Toul vers le centre de détention de Montmédy ;
2°) d'enjoindre au directeur interrégional d'ordonner son transfert au centre de détention de Toul dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- la procédure est irrégulière en l'absence des avis du juge de l'application des peines et du procureur de la République, exigés par l'article 82-1 du code de procédure pénale, devenu l'article D. 211-28 du code pénitentiaire ;
- cette décision méconnaît les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article D. 82 du code de procédure pénale, devenu l'article D. 211-26 du code pénitentiaire ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- du fait de cette décision, il subit un préjudice moral et corporel ;
- cette décision méconnaît les dispositions des articles 22 et 46 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;
- la décision attaquée est fondée sur les difficultés rencontrées par M. D avec le personnel pénitentiaire ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis,
- et les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 28 juillet 2022, notifiée le 16 août 2022, le directeur interrégional des services pénitentiaires Strasbourg - Grand-Est a affecté M. D, alors détenu au centre de détention de Toul depuis le 8 janvier 2019, au centre de détention de Montmédy. Le recours gracieux présenté par M. D a été rejeté par le directeur interrégional le 26 septembre 2022. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler la décision du 28 juillet 2022.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
2. En premier lieu, par un arrêté du 1er juin 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat le même jour, M. F A, adjoint au chef du département sécurité et détention, a reçu délégation à l'effet de signer au nom de M. B E, directeur interrégional des services pénitentiaires Strasbourg - Grand-Est, toute décision d'affectation dans les centres de détention. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de M. A pour signer la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 211-28 du code pénitentiaire : " () / La décision de changement d'affectation est prise, sauf urgence, après avis du juge de l'application des peines et du procureur de la République du lieu de détention. "
4. Il ressort des pièces du dossier que le juge de l'application des peines et le procureur de la République ont donné, le 21 juin 2022, des avis favorables au transfert de M. D vers le centre de détention de Montmédy. Par conséquent, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, M. D ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, la décision portant changement d'affectation d'établissement pour peines n'étant pas au nombre de celles soumises aux exigences de motivation prévues par ces dispositions. Dès lors, le moyen doit être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article D. 211-26 du code pénitentiaire : " L'affectation peut être modifiée soit à la demande de la personne condamnée, soit à la demande du chef de l'établissement pénitentiaire dans lequel elle exécute sa peine. / L'affectation ne peut être modifiée que s'il survient un fait ou un élément d'appréciation nouveaux. "
7. Il ressort des pièces du dossier que le changement d'affectation de M. D a été sollicité par le directeur adjoint du centre de détention de Toul en raison des difficultés rencontrées par l'ensemble du personnel pour suivre le parcours de ce dernier. En particulier, la circonstance que M. D n'a pas souhaité se rendre à cinq reprises aux rendez-vous fixés par le service pénitentiaire d'insertion et de probation depuis le 29 mars 2021 caractérise un élément d'appréciation nouveau permettant de modifier son affectation au sens des dispositions précitées de l'article D. 211-26 du code pénitentiaire. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
8. En cinquième lieu, pour prononcer le changement d'affectation de M. D, le directeur interrégional s'est notamment fondé sur la nécessité de dynamiser son parcours dans un contexte où il conteste l'ensemble des décisions prises par les différents services de l'établissement.
9. Ainsi qu'il a été dit au point 7, il ressort des pièces du dossier que M. D présente une attitude défiante à l'égard de l'ensemble du personnel du centre de détention de Toul, de nature à faire obstacle à sa réinsertion sociale. Il ne conteste pas d'ailleurs les difficultés rencontrées dans ce centre de détention dans la mesure où il indique, dans ses écritures, y être victime de stigmatisations et de discriminations. Si M. D se prévaut du caractère inadapté du centre de détention de Montmédy compte tenu de son âge, de son état de santé, de sa personnalité, de sa vulnérabilité, de sa confession et des craintes qu'il nourrit pour sa sécurité, les pièces qu'il produit ne permettent pas de tenir pour établies ces allégations. En outre, bien qu'il soit l'auteur d'une infraction à caractère sexuel, il ne démontre pas en quoi le transfert vers le centre de détention de Montmédy ne serait pas adapté à son profil pénal. Dans ces conditions, le directeur interrégional n'a commis aucune erreur d'appréciation en prononçant son transfert vers le centre de détention de Montmédy. Dès lors, le moyen doit être écarté.
10. En sixième lieu, M. D ne peut utilement soutenir, au soutien de conclusions tendant à l'annulation de la décision du 28 juillet 2022, subir un préjudice moral et corporel. Il ne peut pas davantage utilement soutenir que cette décision méconnaît les dispositions des articles 22 et 46 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009, abrogées le 1er mai 2022. Ainsi, ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à l'AARPI Themis et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience publique du 14 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Samson-Dye, présidente,
M. Bastian, conseiller,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
L. Philis
La présidente,
A. Samson-Dye
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026