mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203601 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 décembre 2022 et un mémoire enregistré le 28 juin 2023, la société par actions simplifiée (SAS) La Pizza des gourmets, représentée par Me Bernard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Nancy s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux en vue de l'installation d'une pergola sur une terrasse existante ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Nancy de lui délivrer un certificat de non opposition sous astreinte de 10 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nancy la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence de la signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- il méconnait les dispositions de l'article UA11 du plan local d'urbanisme (PLU), en ce que ces dispositions ne sont pas applicables à la parcelle en litige ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation quant à l'application de l'article UA11 du PLU ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation de l'article UA6 du PLU, dès lors qu'une pergola bioclimatique amovible ne constitue pas un bâtiment au sens de cet article.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023, la commune de Nancy conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés par la SAS La Pizza des gourmets ne sont pas fondés ;
- la déclaration préalable aurait également pu être refusée au motif que le projet ne respecte pas la prescription graphique de l'article UA6.2 du PLU.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure,
- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 novembre 2022, le maire de la commune de Nancy a fait opposition à la déclaration préalable déposée par la SAS La Pizza des gourmets le 11 octobre 2022, en vue de la régularisation de travaux d'installation d'une pergola sur une terrasse existante sur la parcelle cadastrée section CE n° 499 à Nancy. Par la requête susvisée, la SAS La Pizza des gourmets demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par Mme B A, première adjointe au maire, à laquelle, par un arrêté du 19 août 2020, le maire de la commune de Nancy a donné délégation pour exercer les fonctions dans le domaine de l'urbanisme et signer les documents relevant de ce domaine. Il ressort par ailleurs du certificat d'affichage du maire en date du 8 juin 2021, que cet arrêté a été affiché en mairie du 19 août au 19 octobre 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article UA11 du PLU de la commune de Nancy : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / () - Les espaces générés par les servitudes de recul doivent être obligatoirement aménagés sous la forme de " jardins de devant " clos. / - Les " jardins de devant " devront être traités dans l'esprit de ceux existants (type de clôture, plantations en particulier) : [liste de voies] () ".
4. Pour s'opposer à la déclaration préalable contestée, le maire de la commune de Nancy s'est fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article UA11 du PLU précitées. La SAS La Pizza des gourmets soutient que ces dispositions ne sont pas applicables à la parcelle en litige, cette dernière étant située à l'angle de la place Paul Painlevé et de la rue du Vieil Aître, et qu'aucune de ces voies n'est listée à l'alinéa 5 de l'article UA11. La commune de Nancy fait valoir qu'elle n'a pas entendu limiter l'obligation d'aménager les espaces générés par les servitudes de recul sous la forme de " jardins de devant " clos dans l'esprit de ceux déjà existants, aux voies listées à l'alinéa 5 de l'article UA11, mais a souhaité indiquer par cette liste de voies des exemples, en tant qu'elles contiennent des " jardins de devant " clos, dont il convient de s'inspirer. Il ressort toutefois de la disposition contestée de l'article UA11, éclairée par le rapport de présentation, que les auteurs du PLU ont souhaité par cette disposition préserver l'intérêt et le caractère des lieux avoisinants et ont ainsi entendu imposer, seulement lorsque le jardin de devant est situé dans l'une des rues listées par l'article, de traiter celui-ci en s'inspirant de ceux situés dans la même rue. Dès lors, la pergola en litige donnant sur la rue du Vieil Aître, qui ne figure pas dans la liste des rues de l'article UA11, la société requérante n'avait pas l'obligation de traiter cet espace en s'inspirant des jardins de ces rues. La société La Pizza des gourmets est par suite, fondée à soutenir que ce motif est entaché d'une erreur de droit.
5. En second lieu, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. Aux termes de l'article UA6.2 du PLU de la commune de Nancy : " Le long des voies publiques ou privées où des prescriptions sont portées au document graphique, les constructions doivent être implantées conformément à ces prescriptions. / - Les prescriptions n° 4,5,6, obligent les bâtiments à s'implanter au ras de la marge de recul. / () ".
7. Dans ses écritures en défense, la commune de Nancy fait valoir que la société requérante n'a pas installé la pergola en litige au ras de la marge de recul, en méconnaissance de l'article UA6 du PLU et de la prescription n°5 du règlement graphique. Ce faisant, elle doit être regardée comme demandant au tribunal de procéder à une substitution de motifs tirée de ce que la société requérante n'a pas respecté les dispositions de l'article UA6 du PLU.
8. Il ressort des pièces du dossier que la pergola est implantée en plein dans la marge de recul et quasiment à l'alignement de la voie publique, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UA6. La société requérante soutient toutefois que ces dispositions ne lui sont pas applicables dès lors que la pergola en litige est démontable et qu'elle ne comporte aucune paroi ni mur cloisonnant, de sorte qu'elle ne peut être qualifiée de construction. En l'espèce, la pergola litigieuse est adossée au bâtiment, et comprend deux poteaux métalliques de couleur gris anthracite venant s'appuyer sur un muret. Si la commune de Nancy ne conteste pas que l'ouvrage est démontable, celui-ci présente toutefois, par son ancrage au sol ainsi que sur l'immeuble auquel il s'adosse, les caractéristiques d'un ouvrage fixe et pérenne. Dans ces conditions, et en dépit de ses dimensions relativement modestes, le caractère non fermé de l'ouvrage ne fait pas obstacle à ce qu'il soit regardé comme une construction pour l'application des dispositions précitées du PLU. Il ressort de l'instruction que la commune de Nancy aurait pris la même décision si elle avait entendu initialement se fonder sur ce motif qui était de nature à fonder légalement la décision attaquée. Par conséquent, dès lors qu'elle ne prive la société requérante d'aucune garantie procédurale, il y a lieu de procéder à la substitution de motif demandée par la commune de Nancy.
9. Il résulte de ce qui précède que la SAS La Pizza des gourmets n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Nancy s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux en vue de l'installation d'une pergola sur une terrasse existante.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nancy, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par la SAS La Pizza des gourmets au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la SAS La Pizza des gourmets est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS La Pizza des gourmets et à la commune de Nancy.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
A. JouguetLe président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026