mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL PAREYDT-GOHON |
Vu la procédure suivante :
Par une lettre enregistrée le 27 septembre 2022, Mme C D A a saisi le tribunal administratif de Nancy d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2001203 rendu par cette juridiction le 29 mars 2022.
Par une lettre enregistrée le 2 novembre 2022, la commune de Longwy fait valoir que le jugement du tribunal a été exécuté dès lors qu'un nouvel arrêté a été pris le 28 juillet 2022.
Par une ordonnance du 3 janvier 2023, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire l'exécution du jugement du tribunal du 29 mars 2022.
Par un mémoire enregistré le 18 janvier 2023, Mme D A persiste à demander qu'il soit prescrit à la commune de Longwy de prendre les mesures permettant d'assurer l'exécution du jugement du 29 mars 2022.
Elle soutient que les motifs énoncés dans l'arrêté du 28 juillet 2022 ne sont pas fondés et sont diffamatoires.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2023, la commune de Longwy, représentée par Me Pareydt, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que par un arrêté du 20 février 2023 il a été décidé de faire bénéficier Mme A de la prime dite " de pouvoir d'achat " au titre de l'année 2020.
Vu :
- le jugement n° 2001203 du tribunal administratif de Nancy du 29 mars 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () ". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ".
2. Par un jugement, devenu définitif, en date du 29 mars 2022, le tribunal administratif de Nancy a annulé la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Longwy a refusé de faire droit à la demande de Mme D A tendant au versement en 2020 de la prime dite " de pouvoir d'achat ". Mme D A demande au tribunal de prescrire les mesures permettant d'assurer l'exécution du jugement du 29 mars 2022.
3. Il résulte de l'instruction que le tribunal a relevé dans les motifs de son jugement que si la commune de Longwy faisait valoir en défense que la requérante ne remplissait pas " la condition liée à la manière de servir de l'agent dans l'exercice de ses fonctions ", elle n'apportait toutefois à l'appui de cette allégation aucune précision ni aucun élément tendant à démontrer une dégradation de la manière de servir ou un manque d'assiduité de l'intéressée justifiant que cette dernière ne bénéficie pas, au titre de l'année 2020 (période du 1er janvier au 31 décembre 2019), de la modulation à la hausse de son indemnité d'administration et de technicité dont elle avait bénéficié en 2019. Le tribunal a, en conséquence, jugé qu'en privant Mme D A du bénéfice de la modulation à la hausse de l'indemnité d'administration et de technicité, la commune de Longwy avait commis une erreur manifeste d'appréciation. Ces motifs font obstacle à ce que la commune reprenne, au titre de cette même période, une décision de refus fondée sur une appréciation de la manière de servir de la requérante.
4. Si la commune fait valoir en défense qu'elle a exécuté le jugement du 29 mars 2022 en prenant un nouvel arrêté en date du 28 juillet 2022, il résulte de l'instruction que cet arrêté refuse à nouveau le bénéfice de la modulation à la hausse de l'indemnité d'administration et de technicité au titre de cette même période en se fondant sur des motifs tirés de la manière de servir de Mme D A. Ce faisant, la commune méconnaît l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif. Par suite, Mme D A est fondée à soutenir que la commune de Longwy n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution du jugement du 29 mars 2022.
5. Par ailleurs, si la commune a produit dans son dernier mémoire enregistré le 2 mars 2023 un nouvel arrêté pris le 20 février 2023, il résulte de l'instruction que cet arrêté vise la période du 1er janvier au 31 décembre 2020 et non celle du 1er janvier au 31 décembre 2019 en litige. Par suite, ce nouvel arrêté ne saurait être regardé comme permettant d'assurer l'exécution du jugement du 29 mars 2022.
6. Les motifs du jugement impliquant nécessairement, en l'absence de circonstance de droit ou de fait nouvelle, que Mme D A bénéficie du versement en 2020 (période du 1er janvier au 31 décembre 2019) de la prime dite " de pouvoir d'achat ", il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à la commune de Longwy de prendre dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement un nouvel arrêté portant attribution à Mme D A de l'indemnité d'administration et de technicité et de procéder au versement de la somme correspondante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la commune de Longwy de prendre un nouvel arrêté portant attribution à Mme D A de l'indemnité d'administration et de technicité au titre de l'année 2020 (période du 1er janvier au 31 décembre 2019) et de procéder au versement de la somme correspondante, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Le maire de la commune de Longwy communiquera sans délai au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement du tribunal du 29 mars 2022.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D A et à la commune de Longwy.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le président-rapporteur,
B. B
L'assesseure la plus ancienne,
G. Grandjean
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026