jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203662 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 décembre 2022, Mme C A conteste la décision du 18 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Vosges a refusé d'annuler les décisions des 7 septembre 2020 et 17 février 2021 lui ayant notifié des indus de revenu de solidarité active d'un montant total de 1842, 30 euros.
Elle soutient que :
- c'est à tort qu'on lui reproche de ne pas avoir déclaré l'ensemble des loyers qu'elle a perçus d'un bien détenu par son époux ;
- les loyers qu'elle perçoit servent à rembourser un crédit.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mai 2023, le département des Vosges conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître de la contestation d'un acte de poursuite ;
- à titre subsidiaire, le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié du revenu de solidarité active (RSA). A la suite d'un contrôle de situation de l'intéressée, la caisse d'allocations familiales (CAF) des Vosges a constaté que l'ensemble des loyers perçus par le compagnon de Mme A pour un logement dont il est propriétaire n'avaient pas été déclarés à la CAF. Deux indus de RSA ont ainsi été notifiés à Mme A, en date des 7 septembre 2020 et 17 février 2021, le premier d'un montant de 1 322,16 euros au titre de la période allant du 1er mai 2020 au 31 juillet 2020 et reprenant une somme antérieure de 72,69 euros pour la période allant du 1er mai 2019 au 31 juillet 2019, et le second d'un montant de 447,45 au titre de la période allant du 1er mai 2019 au 31 octobre 2019. En vue de recouvrer ces indus d'un montant total de 1 842,30 euros, la direction départementale des finances publiques des Vosges a, par une décision du 16 septembre 2022, décidé de procéder à la saisie-vente du véhicule appartenant à Mme A. Consécutivement à cette décision, l'intéressée a contesté le bien-fondé de ces indus devant la paierie départementale des Vosges, qui a transmis cette contestation au département des Vosges, lequel a, par une décision du 18 octobre 2022, rejeté la demande de Mme A. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision du 18 octobre 2022.
Sur l'exception d'incompétence soulevée en défense :
2. Si le département des Vosges soutient que la contestation d'un acte de poursuite, tel qu'une saisie vente, ne relève pas de la compétence de la juridiction administration, la requête présentée par Mme A, qui conteste la décision prise par le département des Vosges, n'est pas dirigée contre un tel acte de poursuites. Par suite, il y a lieu d'écarter l'exception d'incompétence opposée en défense par le département des Vosges.
Sur les conclusions présentées par Mme A :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent () l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". L'article R. 262-37 prévoit que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer () ".
5. Pour l'application de ces dispositions, lorsque l'allocataire est propriétaire d'un bien immobilier pour lequel il perçoit des loyers, les revenus à prendre en compte au titre des ressources effectivement perçues sont constitués du montant de ces loyers, duquel il convient de déduire les charges supportées par le propriétaire à l'exception de celles qui contribuent directement à la conservation ou à l'augmentation du patrimoine, telles que, le cas échéant, les remboursements du capital de l'emprunt ayant permis son acquisition. En revanche, lorsque l'allocataire est propriétaire de parts d'une société civile immobilière (SCI), il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que les bénéfices d'une telle société qui ne lui auraient pas été distribués puissent être, à raison des parts détenues, regardés comme constitutifs pour lui d'une ressource. Dans cette hypothèse, il y a lieu, pour déterminer le montant des ressources retirées par l'allocataire de ses parts détenues dans une telle société, de tenir compte des seuls bénéfices de la société dont il a effectivement disposé, c'est-à-dire qui lui ont été distribués.
6. Il résulte de l'instruction que l'indu litigieux provient de la réintégration dans les ressources de Mme A des revenus fonciers générés par la location d'un logement appartenant au compagnon de l'intéressé et que celle-ci avait omis de déclarer. Toutefois, Mme A fait valoir sans être contredite que les loyers sont perçus par la SCI du Void d'Esdes, propriétaire du bien litigieux, et que son compagnon détient 50% des parts de cette SCI. Ainsi, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que Mme A est fondée à soutenir que le département des Vosges a, à tort, réintégré le montant de ces loyers dans les ressources effectivement perçues par le foyer de Mme A alors que seuls les bénéfices de la SCI qui ont été distribués à son compagnon devaient être pris en compte pour déterminer le montant des ressources du foyer de Mme A.
7. L'état de l'instruction ne permettant pas de déterminer le montant exact des ressources du foyer de Mme A en résultant ni, par suite, ses droits au revenu de solidarité active pour la période allant du 1er mai 2019 au 31 juillet 2020, il y a lieu de renvoyer l'intéressée devant le département pour le calcul conformément aux motifs de la présente décision. Dans l'hypothèse où le département serait débiteur d'une somme envers Mme B au titre de ce revenu de solidarité active ainsi calculé, le département procédera au versement de cette somme à la requérante.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 18 octobre 2022, seule décision attaquée, par laquelle le président du conseil département des Vosges a confirmé un indu de revenu de solidarité active de 1842,30 euros, constitué sur la période du 1er mai 2019 au 31 juillet 2020. Par conséquent, il y a également lieu d'accorder à Mme A la décharge de l'obligation de payer cette somme.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 18 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Vosges a confirmé un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 842, 30 euros constitué sur la période du 1er mai 2019 au 31 juillet 2020 est annulée.
Article 2 : Mme A est déchargée de l'obligation de payer la somme totale de 1 842,30 euros correspondant aux indus dont le remboursement lui a été demandé par la décision annulée à l'article 1er.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département des Vosges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. LepageLa République mande et ordonne au préfet des Vosges en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026