mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203715 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL CL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 décembre 2022, 17 janvier et 3 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Coissard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Nancy a, au nom de l'Etat, interrompu les travaux sur l'immeuble situé 8, rue des États ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence de la signataire de l'acte n'est pas établie ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire prévu par les articles L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et L. 480-1 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait et de droit.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 mars 2023 et 2 septembre 2024, la commune de Nancy, représentée par Me Loctin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à la préfète de Meurthe-et-Moselle qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,
- les observations de Me Coissard, représentant M. A,
- et les observations de Me Conti, substituant Me Loctin, représentant la commune de Nancy.
Connaissance prise de la note en délibéré présentée pour la commune de Nancy et enregistrée le 13 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire de deux parcelles situées 9, rue des États à Nancy, cadastrées section AL n° 169 et 496 et situées dans le périmètre du plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) de la commune. Par un arrêté du 4 novembre 2021, le maire de la commune de Nancy lui a délivré un permis de construire en vue du remplacement de la toiture et des menuiseries de cet immeuble, de la création de puits de lumière et d'ouvertures et de la pose d'un enduit de façade ainsi qu'en vue de l'aménagement d'une cour en contrebas du jardin d'une superficie de 30 m² et de la plantation d'une haie végétale à l'arrière. À la suite de l'établissement, le 16 août 2022, d'un procès-verbal d'infraction, le maire de la commune de Nancy, agissant en qualité d'autorité administrative de l'État, a, par un arrêté du 26 octobre 2022, mis en demeure M. A d'interrompre les travaux. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'État et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. / () ". Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 480-2 du même code : " Dès qu'un procès-verbal relevant l'une des infractions prévues à l'article L. 480-4 du présent code a été dressé, le maire peut également, si l'autorité judiciaire ne s'est pas encore prononcée, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux. Copie de cet arrêté est transmise sans délai au ministère public. Pour les infractions aux prescriptions établies en application des articles L. 522-1 à L. 522-4 du code du patrimoine, le représentant de l'État dans la région ou le ministre chargé de la culture peut, dans les mêmes conditions, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux ou des fouilles ". Aux termes de l'article L. 480-4 du même code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. (). / () ".
3. Aux termes de l'article R. 421-24 du code de l'urbanisme : " Dans le périmètre des sites patrimoniaux remarquables et les abords des monuments historiques, les travaux, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, ayant pour effet de modifier l'aménagement des espaces non bâtis autour d'un bâtiment existant doivent être précédés d'une déclaration préalable ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'une bande de terrain située à l'arrière de la parcelle cadastrée section AL n° 496 est classée, par le PSMV de la commune de Nancy, en espace à dominante végétale protégé pour la qualité de vie. Il ressort par ailleurs des constatations portées au procès-verbal d'infraction établi le 16 août 2022 que la majeure partie du terrain naturel situé à l'arrière de l'immeuble en cause a fait l'objet de terrassements en étages, sur une profondeur atteignant par endroits 1,50 mètre par rapport au terrain naturel du sol, qu'aucune végétation n'est visible sur le terrain mis à nu, et, après avoir notamment mentionné que le permis de construire vise la création d'une cour d'environ 30 m², que la surface de la parcelle à dominante végétale ayant fait l'objet de travaux de terrassement sans autorisation est de 80 m² environ. Ces constats, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, ne sont pas remis en cause par les seules photographies de l'état initial du jardin produites et les affirmations du requérant selon lesquelles 44 m² de terrain seulement, correspondant aux nécessités techniques imposées par la création de la cour de 30 m² s'implantant à 0,75 mètre en contrebas du jardin, auraient fait l'objet d'un décaissement sur la profondeur de 1 mètre nécessaire à l'implantation de la dalle de la terrasse. Il ressort ainsi des pièces du dossier et il n'est pas contesté que les affouillements ainsi constatés sur l'ensemble du terrain ne relevaient pas, hors emprise de la cour, des travaux autorisés par le permis de construire délivré à M. A le 4 novembre 2021.
5. La commune soutient que les travaux entrepris par le requérant méconnaissent les dispositions précitées de l'article R. 421-24 du code de l'urbanisme qui fondent seules l'arrêté contesté. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si la réalisation de la cour de 30 m² constitue une modification de l'aménagement de l'espace non bâti autour de la maison d'habitation située au 9, rue des États à Nancy, celle-ci était autorisée par le permis de construire délivré à M. A le 4 novembre 2021. Par ailleurs, quand bien même le retournement de l'ensemble du terrain tel que constaté par le procès-verbal d'infraction n'apparaîtrait pas nécessaire à la construction de la cour dont le niveau doit se situer à 0,75 mètre du niveau du terrain naturel du sol pour une superficie limitée à 30 m², il n'en résulte pas, en l'absence de tout autre élément du dossier, que ces travaux constituent, au sens de l'article R. 421-24 du code de l'urbanisme invoqué par la commune, une modification de l'aménagement de l'espace non bâti situé à l'arrière de l'habitation, en particulier de la partie arrière du jardin classée en espace à dominante végétale à préserver par le PSMV. Dans ces conditions, au jour de l'arrêté contesté et en l'état de l'instruction, les travaux entrepris par le requérant ne sont pas contraires aux dispositions citées au point 3 du présent jugement. Par suite, M. A est fondé à soutenir que l'arrêté interruptif de travaux est entaché d'une erreur de droit.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen soulevé par le requérant ne paraît, en l'état du dossier, de nature à justifier l'annulation de l'arrêté attaqué.
7. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 26 octobre 2022 du maire de la commune de Nancy doit être annulé.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Nancy, qui, en tout état de cause, n'est pas partie à la présente instance.
9. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 26 octobre 2022 du maire de la commune de Nancy est annulé.
Article 2 : L'État versera à M. A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Nancy présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à la commune de Nancy.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026