jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203751 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 décembre 2022 et 14 février 2023, sous le n° 2203751, M B A demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant.
Il soutient que :
- la décision contestée méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il justifie disposer de ressources suffisantes et d'un hébergement ;
- le préfet ne pouvait lui opposer l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre en avril 2022, laquelle est frappée de caducité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il sollicite une substitution de motifs et fait valoir que la décision de refus de titre de séjour aurait également pu être prise au motif que M. A ne justifiait pas être en possession d'un visa de long séjour au jour de sa demande, et que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 25 avril 2023, sous le n° 2301267, M. B A, représenté par Me Cathala, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 13 mars 2023 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté son recours gracieux contre la décision du 12 décembre 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an dans le délai de dix jours suivant la notification du jugement à intervenir, le cas échéant, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat, Me Cathala, sur le fondement des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Cathala renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- Le refus de séjour contesté méconnaît l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que le préfet ne lui a pas demandé de compléter son dossier ;
- son dossier de demande était complet dès lors qu'il avait bien produit l'attestation de l'ambassade de Guinée précisant la durée d'octroi de sa bourse et son montant, conformément au point 25 de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il poursuit des études universitaires en France et qu'il remplit la condition de ressources minimales ;
- le refus de titre de séjour contesté méconnaît l'article 2 du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, dès lors que son exécution l'empêchera de trouver un stage nécessaire à l'obtention de son diplôme et d'achever son cursus universitaire ;
- la décision contestée porte atteinte à son droit à l'éducation et méconnaît l'article L. 616-6-1 du code de l'éducation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle sollicite une substitution de motifs et fait valoir que la décision de refus de titre de séjour aurait également pu être prise au motif que M. A ne justifiait pas être en possession d'un visa de long séjour au jour de sa demande, et que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis, dans le cadre de l'instance n° 2301267, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mai 2023 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'éducation ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Agnès Bourjol a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 22 juillet 1988, est entré en France en 2014 sous couvert d'un visa de long séjour en vue de poursuivre ses études à Lille. Un titre de séjour en qualité d'étudiant lui a été délivré et renouvelé à plusieurs reprises, le dernier en date étant valable jusqu'au 26 septembre 2020. Ayant déménagé à Marseille en 2020 et ayant demandé l'asile, M. A a été débouté de sa demande par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 août 2021, confirmée par une décision du 14 mars 2022 de la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 29 avril 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris à l'encontre de M. A une mesure d'éloignement, à laquelle il s'est soustrait. Inscrit en Master 2 à la faculté de droit de Nancy à compter de la rentrée universitaire 2022-2023, M. A a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étudiant. Par une décision du 12 décembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande. L'intéressé a formé un recours gracieux devant la même autorité le 8 février 2023, qui a été rejeté par une décision du 13 mars 2023. Par ses requêtes enregistrées sous les nos 2203751 et 2301267, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un même jugement, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, ainsi que la décision du 13 mars 2023 portant rejet de son recours gracieux en date du 8 février 2023.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, () par la juridiction compétente ou son président. ". M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, dans l'instance n° 2301267, par une décision du 26 mai 2023 du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. ". Selon les termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Enfin, aux termes de son article R. 431-8 : " L'étranger titulaire d'un document de séjour doit, en l'absence de présentation de demande de délivrance d'un nouveau document de séjour six mois après sa date d'expiration, justifier à nouveau, pour l'obtention d'un document de séjour, des conditions requises pour l'entrée sur le territoire national lorsque la possession d'un visa est requise pour la première délivrance d'un document de séjour ".
4. Il résulte de ces dispositions que lorsque le préfet est saisi d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour après l'expiration du délai mentionné à l'article R. 431-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette demande doit être regardée comme tendant à la première délivrance d'un titre de séjour de même nature.
5. Pour refuser de faire droit à la demande présentée par M. A tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", enregistrée par les services de la préfecture le 18 novembre 2022, soit après l'expiration de son précédent titre de séjour, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur les motifs tirés de l'absence de ressources minimales mensuelles et de l'absence de résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle au sens de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
6. En premier lieu, aux termes de la rubrique 25 de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le demandeur d'une carte de séjour portant la mention " étudiant " doit produire au préfet un " justificatif de moyens d'existence suffisants (sauf pour les titulaires du visa de court séjour "étudiant concours"). Si l'étranger () est boursier dans son pays d'origine : " l'attestation de bourse de l'organisme payeur du pays d'origine précisant le montant et la durée de la bourse ". Si l'étranger travaille, il doit transmettre ses trois dernières fiches de paie. S'il est pris en charge par un tiers, il doit produire le " justificatif d'identité du tiers () les attestations bancaires de la programmation de virements réguliers ou une attestation sur l'honneur de versement des sommes permettant d'atteindre le montant requis (615 € mensuels) ". Enfin, si l'étranger dispose de ressources suffisantes, il transmet : " l'attestation bancaire de solde créditeur suffisant ".
7. M. A justifie de moyens d'existence suffisants au sens des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la rubrique 25 de son annexe 10, dès lors qu'il bénéficie d'une bourse délivrée par le gouvernement guinéen du montant minimal requis de 615 euros par mois pour l'année universitaire 2022/2023, en produisant à cet effet une attestation de l'ambassade de Guinée délivrée le 4 novembre 2022. Dans ces conditions, le préfet de Meurthe-et-Moselle a fait une inexacte application des dispositions citées aux points 3 et 6 du présent jugement en lui opposant le défaut de moyens d'existence suffisants.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'annexe 10 du même code : " Pièces à fournir dans tous les cas : () justificatif de domicile datant de moins de six mois : facture (électricité, gaz, eau, téléphone fixe, accès à internet), bail de location de moins de six mois, quittance de loyer (si locataire) ou taxe d'habitation ; en cas d'hébergement à l'hôtel : attestation de l'hôtelier et facture du dernier mois ; en cas d'hébergement chez un particulier : attestation de l'hébergeant datée et signée, copie de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour, et justificatif de son domicile si l'adresse de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour n'est plus à jour ; () ". Il résulte des dispositions combinées de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles 102 du code civil et L. 264-3 du code de l'action sociale et des familles que l'étranger dépourvu de domicile stable qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour, droit civil reconnu par la loi, peut se prévaloir d'une attestation d'élection de domicile établie par un centre communal ou intercommunal d'action sociale ou par un organisme agréé à cet effet sans que puisse lui être opposée l'absence d'adresse stable dès lors qu'il dispose d'une attestation en cours de validité. A cet effet, l'étranger dépose sa demande auprès du préfet du département dans lequel il a élu domicile en y joignant l'attestation d'élection de domicile qui lui a été accordée pour une durée d'un an, celle-ci constituant un justificatif de domicile au sens de l'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Le préfet de Meurthe-et-Moselle a également rejeté sa demande de titre au motif qu'" une domiciliation postale auprès d'un quelconque organisme " ne permet pas d'établir sa résidence au sens de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si le préfet critique en défense la valeur probante d'un justificatif de domicile produit par le requérant à l'appui de sa requête, au motif qu'il serait postérieur à la décision contestée, cette allégation n'est nullement corroborée par les pièces du dossier. Toutefois, et alors que le préfet ne conteste pas que le requérant a produit un justificatif de domicile postal à l'appui de sa demande, cette pièce doit être regardée comme constituant un justificatif de domicile, au sens des dispositions précitées de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En troisième lieu, l'administration peut toutefois en première instance comme en appel faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
11. La préfète de Meurthe-et-Moselle, qui soutient en défense que M. A ne justifiait pas être en possession d'un visa de long séjour au jour de sa demande, doit être regardée comme demandant une substitution de motif. Il résulte de l'instruction que la demande de M. A, reçue par les services de la préfecture le 18 novembre 2022, a été présentée après l'expiration de la durée de validité de la carte de séjour temporaire qui lui avait été délivrée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 422-1. Cette demande devait donc être regardée comme une première demande de titre de séjour. Ainsi, le requérant ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour " étudiant " sans justifier de la possession d'un visa de long séjour en cours de validité. Or, M. A n'établit ni même n'allègue qu'il disposait d'un tel document à cette date. Cette circonstance était de nature à justifier, à elle seule, le rejet de sa demande et il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé initialement sur ce motif. La substitution demandée ne prive pas M. A d'une garantie liée au motif substitué. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande de substitution formulée en défense tant dans la requête n°2203751 dirigée contre la décision initiale du 12 décembre 2022 que dans la requête n°2301267 dirigée contre celle rejetant le recours gracieux de M. A, et d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. En quatrième lieu, la décision contestée du 12 décembre 2022, ainsi que celle rejetant le recours gracieux du requérant, ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. En cinquième lieu, il ressort des décisions contestées des 12 décembre 2022 et 13 mars 2023, rejetant le recours gracieux de M. A, que le préfet n'a pas fondé son refus de titre de séjour sur l'incomplétude de sa demande. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration au motif qu'il aurait complété son dossier à l'occasion de son recours gracieux est inopérant.
14. En sixième lieu, aux termes de l'article 2 du protocole additionnel n° 1 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut se voir refuser le droit à l'instruction ". Aux termes du 13ème alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : " La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture () ". Si M. A invoque la méconnaissance de ces stipulations et dispositions, la décision de refus de séjour qui lui a été opposée ne porte aucune atteinte à son droit à l'instruction qui, s'agissant d'un ressortissant étranger, ne peut s'exercer que dans le respect des dispositions applicables au séjour sur le territoire national. Le requérant ne justifie d'aucun obstacle à ce qu'il poursuive son cursus universitaire hors de France. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance doit, en tout état de cause, être écarté.
15. En septième lieu, M. A se prévaut également des dispositions du code de l'éducation en application desquelles le droit à l'éducation est garanti à chacun. Toutefois, ces dispositions ne sauraient faire obstacle à l'application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 3 du présent jugement, par lesquelles le législateur a fixé les conditions auxquelles est subordonné le droit au séjour de l'étranger qui souhaite suivre un enseignement en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'éducation, garanti par l'article L. 111-1 du code de l'éducation, ne peut qu'être écarté.
16. En dernier lieu, si M. A soutient que la mesure d'éloignement prise à son encontre le 29 avril 2022 est frappée de caducité, une telle circonstance, à défaut de toute disposition législative ou réglementaire instituant un régime de caducité pour ce type de décision, est sans incidence sur la légalité des refus de titre de séjour litigieux.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour et de la décision du 13 mars 2023 par laquelle le préfet a rejeté son recours gracieux contre cette décision doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
18. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le requérant doivent donc être rejetées.
Sur les frais d'instance :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans le cadre de l'instance n° 2301267, la partie perdante, la somme demandée par le requérant au bénéfice de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans le cadre de l'instance n° 2301267.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 7 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Sousa Pereira, première conseillère faisant fonction de présidente,
Mme Bourjol, première conseillère,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
A. Bourjol
La présidente,
C. Sousa Pereira
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2203751, 2301267
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026