mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203758 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | JEANNOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 26 décembre 2022 et les 20 mars et 12 avril 2023, M. C A, représenté par Me Jeannot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer pendant l'instruction de son dossier une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- la décision contestée méconnaît l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du tribunal administratif de Nancy du 17 mars 2022 ;
- le préfet a entaché la décision contestée d'illégalité en n'attendant pas l'issue de la procédure devant la cour administrative d'appel de Nancy ;
- la décision contestée est entachée d'un détournement de pouvoir, combiné à des erreurs de fait et de droit et une méconnaissance du principe de loyauté dès lors que le préfet a pris un nouvel arrêté pour éviter de mettre à exécution le jugement du 17 mars 2022, contournant ainsi le caractère non suspensif de l'appel dans le but unique d'empêcher la délivrance d'un titre de séjour alors qu'il remplit toutes les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
- la décision contestée est entachée d'erreur de fait dès lors que pour refuser la délivrance d'un titre de séjour, le préfet a cru pouvoir indiquer qu'il n'avait pas répondu à ses mails, ce qui est faux,
- le préfet ne renverse pas la présomption de validité des actes d'état civil et la décision contestée est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit ou erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 47 du code civil ;
- la décision contestée est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru lié par le rapport d'expertise documentaire de la police aux frontières et qu'il n'a pas examiné sa situation ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas examiné sa situation au regard de son âge et de sa vulnérabilité contrairement aux termes de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas examiné sa demande de titre de séjour sur le terrain de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le préfet s'est cru en compétence liée pour prendre cette mesure d'éloignement ;
- la décision contestée porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des conséquences sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- il encourt des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 18 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Jeannot, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, se déclarant ressortissant guinéen né le 30 mars 2003, a déclaré être entré en France en janvier 2019 et a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance de placement provisoire du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Verdun du 5 février 2019 et un jugement en assistance éducative du tribunal pour enfants du 18 avril 2019. Par une demande présentée le 18 février 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 4 octobre 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant son pays de destination. Par un jugement n° 2103545 du 17 mars 2022, le tribunal administratif de Nancy a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder au réexamen de sa situation. M. A a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour et par un arrêté du 18 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit. Par la requête susvisée, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".
3. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état civil ; / 2° Les documents justifiant de sa nationalité ; () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
4. Lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation.
5. En outre, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
6. A la condition que l'acte d'état civil étranger soumis à l'obligation de légalisation et produit à titre de preuve devant l'autorité administrative ou devant le juge présente des garanties suffisantes d'authenticité, l'absence ou l'irrégularité de sa légalisation ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient. En particulier, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative d'y répondre, sous le contrôle du juge, au vu de tous les éléments disponibles, dont les évaluations des services départementaux et les mesures d'assistance éducative prononcées, le cas échéant, par le juge judiciaire, sans exclure, au motif qu'ils ne seraient pas légalisés dans les formes requises, les actes d'état civil étrangers justifiant de l'identité et de l'âge du demandeur.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour, M. A a présenté un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance du tribunal de première instance de Boké du 15 février 2019, un extrait du registre de l'état-civil du 20 mars 2019, un certificat de nationalité n° 13224/2019 du tribunal de première instance de Conakry II du 30 décembre 2019 ainsi qu'une carte d'identité consulaire délivrée par l'ambassade de Guinée. Pour écarter ces documents au motif qu'ils ne seraient pas authentiques, le préfet se prévaut d'un rapport d'examen technique documentaire de la police des frontières du 28 juillet 2021, qui mentionne le caractère non sécurisé de la méthode d'impression et du papier support des documents, mais souligne également la présence d'anomalies affectant les cachets, l'oubli de certaines mentions substantielles, l'absence de valeur de la légalisation réalisée sur ces documents et, concernant plus spécifiquement le certificat de nationalité, l'existence d'une incohérence quant au signataire du document et quant au tampon utilisé.
8. D'une part, il résulte de ce qui a été indiqué au point 6 qu'une éventuelle absence ou irrégularité de légalisation ne suffit pas à priver les actes en question de tout effet probant. D'autre part, les éléments avancés par le préfet, tirés de ce que le jugement supplétif, d'une part, a été établi sur un support non sécurisé et, d'autre part, qu'il ne comporte pas l'intégralité des informations relatives aux parents ainsi qu'à l'ensemble des personnes mentionnées dans cet acte, prévues par les articles 175 et 196 du code civil guinéen, dont il n'est pas établi qu'elles seraient applicables aux jugements supplétifs régis par l'article 193 de ce code, ne suffisent pas à remettre en cause l'authenticité ou la véracité ou à établir le caractère frauduleux de ce jugement. Par ailleurs, et alors qu'il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le document produit aurait un caractère frauduleux, les autres irrégularités relevées, tirées de ce que le jugement ne précise pas la " motivation de la requête " et qu'il ne relate aucun élément de procédure, ne permettent pas d'établir le caractère frauduleux du jugement supplétif d'acte de naissance de M. A. La circonstance que le certificat de nationalité, qui est postérieur au jugement supplétif, serait entaché d'irrégularité ne saurait permettre de déduire le caractère frauduleux du jugement. L'absence de mention de la nationalité des parents dans le jugement supplétif ne rend pas de ce seul fait le certificat de nationalité émis en conséquence irrégulier. Enfin, l'article 178 du code civil guinéen n'impose nullement que ce certificat soit accordé exclusivement par le président du tribunal de première instance. Ainsi, en dépit de l'existence d'une confusion concernant le cachet utilisé sur ce document, les éléments évoqués ne permettent pas plus de retenir le caractère frauduleux de ce document. Dans ces conditions, le préfet de Meurthe-et-Moselle ne renverse pas la présomption de validité qui s'attache, en vertu notamment de l'article 47 du code civil, aux mentions contenues dans le jugement supplétif du 15 février 2019 et dans le certificat de nationalité du 30 décembre 2019 et ne pouvait en conséquence rejeter sa demande de titre de séjour au motif que M. A ne justifiait pas de son état civil et de sa nationalité.
9. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle par une ordonnance de placement provisoire du procureur de la République de Verdun du 6 février 2019, soit avant qu'il ait atteint l'âge de seize ans. Le requérant a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant l'expiration de l'année qui suit son dix-huitième anniversaire. L'intéressé était inscrit à la date d'édiction de la décision contestée en première année de brevet de technicien supérieur (BTS) gestion des transports et logistique associée au sein du lycée Louis Majorelle de Toul, après avoir obtenu son baccalauréat professionnel spécialité logistique avec la mention " assez bien ". Les bulletins scolaires versés à l'instance attestent du caractère réel et sérieux du suivi de la formation prescrite au requérant. L'avis de la structure d'accueil est favorable et il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant entretiendrait toujours des liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir qu'il remplissait les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui annule la décision de refus de titre de séjour, implique nécessairement, eu égard aux motifs sur lesquels il se fonde et de la circonstance que la demande de titre a été faite régulièrement avant le dix-neuvième anniversaire du requérant, que le préfet de Meurthe-et-Moselle délivre à M. A le titre sollicité. Par suite, il y a lieu d'enjoindre audit préfet de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Sur les frais d'instance :
12. M. A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Jeannot, avocate du requérant, de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 18 octobre 2022 du préfet de Meurthe-et-Moselle est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'Etat versera à Me Jeannot, avocate de M. A, une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Jeannot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de Meurthe-et-Moselle et à Me Jeannot.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le rapporteur,
R. B Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026