mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SAS ASTERIA AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 décembre 2022 et les 22 et 23 mars 2023, M. A D B, représenté par Me El Fekri, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder à l'effacement du signalement de non admission dans la base Visabio, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et d'analyser la demande d'admission au séjour au regard de sa minorité ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision refusant le titre de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- le préfet ne démontre pas avoir procédé à un examen individuel de sa situation ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 47 du code civil ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la présomption d'authenticité des actes d'état civil délivrés par une autorité étrangère posée par l'article 47 du code civil ; le préfet qui n'a fait procéder à aucune vérification des actes présentés auprès des autorités étrangères compétentes, ne renverse pas la présomption d'authenticité des actes d'état civil qu'il a présentés ; le juge des enfants a estimé les actes présentés conformes ; les mentions figurant dans le fichier " Visabio " ne permettent pas d'écarter le jugement supplétif et la carte consulaire présentés ;
- la décision méconnaît l'autorité de chose jugée par un jugement définitif rendu le 13 juillet 2022 par le juge des enfants de C ;
- le préfet devait examiner sa demande de titre de séjour au regard des dispositions de l'article L. 435-3 et non de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux ;
- le préfet a méconnu les dispositions du 1° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui fait obstacle à l'éloignement d'un mineur ;
- la décision méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :
- en tant qu'elle ne fixe pas de délai supplémentaire, cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée en droit ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 mars et 24 mars 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient à titre principal que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 13 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- et les observations de Me El Fekri, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen, qui déclare être né le 16 octobre 2005 et être entré en France le 1er juillet 2022, a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle par un jugement en assistance éducative du juge pour enfants de C en date du 13 septembre 2022. Une ordonnance du juge aux affaires familiales de Nancy du 25 octobre 2022 a confié la tutelle de l'intéressé à la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Par un arrêté du 15 novembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'admettre M. B au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 13 janvier 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à la contestation des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour qu'il comporte. Par ailleurs, la motivation en fait de la mesure d'éloignement prise concomitamment à un refus de titre de séjour se confond avec celle de cette dernière décision, laquelle est suffisante. Contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté qui vise en outre les articles L. 612-6 à L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comporte également les considérations de droit qui constituent le fondement de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation dont seraient entachées les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
4. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet de Meurthe-et-Moselle se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation du requérant avant de prendre les décisions litigieuses. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " À titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
6. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état civil ; / 2° Les documents justifiant de sa nationalité ; () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
7. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents. Par ailleurs, il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux.
8. Aux termes de l'article R. 142-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le ministère chargé des affaires étrangères et le ministre chargé de l'immigration sont autorisés à mettre en œuvre, sur le fondement du 1° de l'article L. 142-1, un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé "VISABIO". / Ce traitement a pour finalités : () / 7° De faciliter l'identification des étrangers en situation irrégulière en vue de leur éloignement ; / 8° De faciliter la détermination et la vérification de l'identité d'un étranger qui se déclare mineur privé temporairement ou définitivement de la protection de sa famille ; () ". Aux termes de l'article R. 142-2 du même code : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-1 sont : / 1° Les images numérisées de la photographie et des empreintes digitales des dix doigts des demandeurs de visas, collectées par les chancelleries consulaires et les consulats français équipés du dispositif requis ; les empreintes digitales des mineurs de douze ans ne sont pas collectées ; l'impossibilité de collecte totale ou partielle des empreintes digitales est mentionnée dans le traitement ; le traitement ne comporte pas de dispositif de reconnaissance faciale à partir de l'image numérisée de la photographie ; / 2° Les données énumérées à l'annexe 2 communiquées automatiquement par le traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé Réseau mondial visas () ". Enfin, parmi les données énumérées à l'annexe 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, figurent celles relatives à l'état civil, notamment le nom, la date et le lieu de naissance de l'étranger ainsi que sa nationalité, et celles relatives aux documents de voyage du demandeur de visa ainsi que ses identifiants biométriques.
9. En premier lieu, M. B se prévaut d'un jugement supplétif n° 15342 tenant lieu d'acte de naissance du 27 juin 2022, d'un extrait du registre des actes d'état civil n° 4893 en date du 8 juillet 2022 et d'une carte consulaire guinéenne délivrée le 17 août 2022 et se prévaut du jugement en assistance éducative du juge pour enfants de C en date du 13 septembre 2022 qui a décidé de le confier au service de l'aide sociale à l'enfance en qualité de mineur.
10. Toutefois, le préfet de Meurthe-et-Moselle a constaté, en se fondant sur la correspondance des empreintes digitales, que, le 27 septembre 2018, l'intéressé a sollicité auprès des autorités consulaires françaises à Conakry un visa de long séjour en qualité d'étudiant faisant apparaître qu'il était né le 14 octobre 1999 et qu'il a alors présenté, à l'appui de sa demande de visa, un passeport dont le préfet fait valoir que l'authenticité a été vérifiée à cette occasion par les autorités consulaires. Le préfet produit la fiche d'identification émise par le système Visabio qui comporte la photographie de l'intéressé. En outre, d'une part, le rapport d'évaluation de la minorité de ce dernier, rédigé le 18 juillet 2022 par un agent de la Croix Rouge française, a conclu qu'au vu des éléments recueillis, le profil de M. B semblait être celui d'une personne adulte, d'autre part, les mentions du jugement supplétif produit, selon lesquelles la mère du requérant réside à Conakry, sont contredites par les déclarations du requérant affirmant que celle-ci vit en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, le préfet n'était pas tenu par l'autorité de la chose jugée s'attachant au jugement du tribunal pour enfants de C dont l'objet était le placement provisoire de M. B auprès du service de l'aide sociale à l'enfance et qui, au demeurant, ne s'est pas prononcé sur la régularité du jugement supplétif en date du 27 juin 2022 et a constaté que les irrégularités, bien que mineures, dont est entaché l'extrait du registre d'état civil ont privé ce document de la présomption de régularité posée par l'article 47 du code civil. Enfin, le requérant ne conteste pas avoir sollicité un visa de long séjour en qualité d'étudiant auprès des autorités consulaires françaises à Conakry en se présentant sous l'identité d'Amara B né le 14 octobre 1999. Dans ces conditions, la production des documents d'état civil mentionnés au point précédent ne peut conduire à regarder M. B comme établissant avec une force probante suffisante son état civil, particulièrement son âge. Par suite, le préfet de Meurthe-et-Moselle a pu, sans avoir à solliciter les autorités de Guinée, conclure à l'absence d'authenticité des documents d'état civil présentés. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur de fait, que le préfet a examiné la demande de titre de séjour qui lui était soumise sur le seul fondement de l'article L. 435-1 et non sur celui de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B n'était présent en France, à la date de la décision attaquée, que depuis moins de cinq mois. Il est par ailleurs célibataire et sans charge de famille en France et il ne se prévaut d'aucun lien intense, ancien et stable sur le territoire français alors qu'il ne soutient pas n'en disposer d'aucun dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Le requérant, dont il a été dit ci-dessus qu'il n'établissait pas être mineur, ne peut se prévaloir d'une situation particulière de précarité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation portée par le préfet sur les conséquences de sa décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 1° L'étranger mineur de dix-huit ans ; / () ".
13. Ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, la minorité du requérant n'est pas suffisamment établie au regard des pièces produites dont le préfet a renversé la présomption d'authenticité. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que son éloignement méconnaît les dispositions précitées qui s'opposent à l'éloignement du territoire français d'un étranger mineur.
14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la mesure d'éloignement litigieuse doivent être écartés.
En ce qui concerne le moyen relatif à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :
16. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () ".
17. M. B, dont il a été dit précédemment qu'il ne démontrait pas sa minorité, n'établit ni même n'allègue disposer d'un document de voyage ou d'identité en cours de validité. Dans ces conditions, le préfet de Meurthe-et-Moselle a pu légalement estimer qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement prise à son encontre et lui refuser, pour ce seul motif, l'octroi d'un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne le moyen propre à la contestation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
19. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, M. B ne justifie d'aucune circonstance humanitaire qui pourrait faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français. En outre, dès lors que le requérant n'était présent sur le territoire français que depuis moins de cinq mois à la date de la décision du préfet et eu égard à l'absence de tout lien en France, d'ordre familial, personnel ou social, à son absence d'intégration ou d'insertion dans la société française, celui-ci ne démontre pas que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en fixant à douze mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre.
20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de Meurthe-et-Moselle, que les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 15 novembre 2022 prises par le préfet de Meurthe-et-Moselle doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B, au préfet de Meurthe-et-Moselle et à Me El Fekri.
Délibéré après l'audience publique du 28 mars 2023 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026