LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300015

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300015

mardi 10 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300015
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantLEMONNIER

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marini, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marini, magistrate désignée,

- les observations de Me Lemonnier, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, en précisant qu'elle entend contester toute décision prise par le préfet de Meurthe-et-Moselle à l'encontre du requérant. Sa désignation d'office pour représenter le requérant devrait être validée par le bureau de l'aide juridictionnelle prochainement. M. B a été placé en rétention alors qu'un recours était pendant contre l'obligation de quitter le territoire français. Il est arrivé en France le 27 août 2019 pour y suivre des études. Il a redoublé et s'est inscrit à l'université de Rouen. Même si la formation est en distanciel, sa présence en France est nécessaire pour passer les examens. Il s'est par ailleurs inscrit dans une formation en informatique et si elle a débuté après la décision contestée, l'inscription a été faite avant. Il a persévéré et démontre ainsi le sérieux dans le suivi de ses études. Il a par ailleurs des ressources sous la forme d'aides de la part de membres de la famille et des missions intérimaires. Il est également bénévole aux restos du cœur ce qui prouve son insertion dans la société française. Il a une relation avec une ressortissante française avec laquelle il est installé depuis le 1er semestre 2021. Un PACS a été enregistré le 2 mai 2022, son enregistrement ayant été retardé le temps pour M. B d'obtenir des papiers depuis son pays. Le couple est engagé dans un processus de procréation médicalement assistée depuis janvier 2022 ce qui permet d'établir l'antériorité de la relation. Sa compagne est divorcée, elle a deux enfants dont l'un est encore à sa charge et ne peut donc suivre le requérant dans son pays d'origine. Ce dernier n'a plus de famille dans son pays d'origine ;

- les observations de Me Giafferi, représentant le préfet de la Seine-Maritime, qui précise que la motivation de la décision est suffisante. Le requérant n'a pas de réel projet professionnel. Il a été déclaré défaillant ce qui veut dire qu'il ne s'est pas présenté aux examens. Il suit une formation à distance et ne produit aucune pièce quant au suivi de cette dernière. Ses fiches de paie sont faibles et ne démontre aucune autonomie financière. Il n'a pas informé le préfet de sa relation de couple. La présence de membres de sa famille en France n'est pas justifiée, à l'exception de celle de sa sœur. Il n'est pas établi qu'il n'a plus de liens dans son pays d'origine. Il ne fait état d'aucune circonstance exceptionnelle ou humanitaire. Il a été placé en rétention à défaut de garanties de représentation.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 20 mai 1998, est entré en France le 27 août 2019 pour y suivre ses études. Il s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant, valable du 24 octobre 2020 au 23 octobre 2021. Le 3 octobre 2021, M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 6 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. M. B demande au tribunal administratif de Rouen d'annuler cet arrêté. M. B ayant été placé en rétention au centre de rétention de Metz le 2 janvier 2023, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Rouen renvoie au tribunal administratif de Nancy les conclusions de la requête de M. B, à l'exception de celles dirigées contre la décision de refus de séjour.

S'agissant des conclusions dirigées contre la décision de placement en rétention :

2. Aux termes de l'article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention, dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. Il est statué suivant la procédure prévue aux articles L. 743-3 à L. 743-18. "

3. Si M. B entend contester la décision le plaçant en rétention administrative, il résulte des dispositions précédentes, ainsi qu'il a été rappelé à l'audience, que la contestation de cette décision ne relève pas de la compétence du juge administratif. Par suite, de telles conclusions sont irrecevables.

S'agissant des conclusions dirigées contre l'arrêté du 6 mai 2022 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination :

Sur l'exception d'illégalité du refus de renouvellement de titre de séjour :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les circonstances de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Le renouvellement de cette carte est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir.

7. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. B en qualité d'étudiant, le préfet s'est fondé sur la circonstance qu'il ne justifiait pas de la réalité et du sérieux de ses études, au regard notamment de son manque d'implication lors de ses deux premières années universitaires à Nancy, de ce que sa réorientation correspond à une formation à distance ne nécessitant pas de résider en France et de l'absence de progression significative dans ses études et de cohérence de celles-ci.

8. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que M. B était inscrit en première année de physique-chimie à la faculté de sciences et de technologie de Nancy au titre des années 2019/2020 et 2020/2021, pour lesquelles il a été déclaré défaillant. Au titre de l'année 2021/2022, M. B s'est inscrit en première année de lettres à l'Université de Rouen pour suivre un enseignement à distance. S'il soutient qu'il s'est également inscrit à une formation en informatique, cette formation est postérieure à la décision attaquée. Par ailleurs, le requérant n'établissant pas que ces enseignements requièrent sa présence en France, c'est sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet a pu estimer qu'il ne suivait pas un enseignement en France. Dès lors que le préfet aurait pu se fonder sur ce seul motif pour refuser de lui délivrer un titre de séjour, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet a inexactement apprécié sa situation en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

10. Si sont en principe inopérants, devant le juge de l'excès de pouvoir, les moyens de légalité interne qui, sans rapport avec la teneur de la décision, il est constant que le préfet a examiné la décision de refus de séjour au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la présence en France de M. B depuis 2019 ne s'explique que par le fait qu'il y est entré sous couvert d'un titre de séjour pour poursuivre des études supérieures. Si l'intéressé se prévaut de sa vie commune avec une ressortissante française, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 2 mai 2022 et avec laquelle il projette d'avoir un enfant, la vie commune avec sa partenaire demeure récente à la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, en prenant à l'encontre de l'intéressé une décision portant refus de séjour, le préfet n'a pas porté à son droit de mener une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet se serait abstenu de s'interroger sur la possibilité de régulariser la situation du requérant au titre de son pouvoir discrétionnaire.

Sur les moyens dirigés par voie d'action contre la mesure d'éloignement :

12. En premier lieu, les dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoient pas de motivation distincte pour la décision portant obligation de quitter le territoire français, et n'impliquent pas, par conséquent, dès lors que le refus de titre de séjour est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences de motivation. Par suite, et alors qu'il ressort des termes mêmes de la décision de refus de titre de séjour qu'elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, le moyen tiré du défaut de motivation de la mesure d'éloignement doit être écarté.

13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles elle a été décidée.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. B objet de l'ordonnance de renvoi du tribunal administratif de Rouen sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet de la Seine-Maritime.

Lu en audience publique le 10 janvier 2023 à 15 heures 24.

La magistrate désignée,

C. Marini

La greffière

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300015

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026