mercredi 11 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SAS ASTERIA AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 janvier 2023 à 16 heures 47 et un mémoire complémentaire enregistré le 10 janvier 2023, M. B A, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2022 par lequel la préfète de l'Aube a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision fixant son pays de destination est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas pu formuler d'observations avant l'intervention de cette décision et qu'elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la Convention contre la torture et autres traitements cruels et inhumains.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2023, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Fabas, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me El Fekri Rodicq, avocate commise d'office de M. A, qui s'en remet, pour l'essentiel, aux écritures qui ont été produites et ajoute que les circonstances personnelles de M. A n'ont pas été prises en compte, que son client craint pour sa vie en cas de retour en Algérie où il a déjà subi des atteintes à son intégrité physique comme en témoigne les photographies qu'il produit aujourd'hui, qu'il est indiqué dans le jugement correctionnel qu'il ne parle pas le français, qu'il était l'auteur de l'attaque pour laquelle il a été condamné et n'a pas été hospitalisé en France ce qui permet d'établit que les cicatrices attestées par les photographies sont antérieures à son arrivée en France, que l'audition de son client aurait dû avoir lieu pour prendre en compte les observations qu'il avait à formuler ;
- les observations de M. F représentant la préfète de l'Aube, qui fait valoir que la procédure contradictoire a été respectée par un courrier du 3 novembre 2022, que si le requérant indique être demandeur d'asile en Allemagne il ne l'établit par aucun élément alors que dans une audition du 11 juin 2021 il a déclaré n'avoir jamais demandé l'asile et n'a pas fait même pas mention d'un passage en Allemagne, qu'à son arrivée au centre de rétention le requérant a déclaré comprendre le français, qu'il a été condamné pour s'être battu avec une machette en France et n'établit donc pas que les marques sur son corps sont antérieures à son arrivée sur le territoire français ;
- et les observations du requérant, assisté d'une interprète en langue arabe, qui fait valoir qu'il ne peut pas retourner en Algérie et qu'il a déposé une demande d'asile en Allemagne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 22 novembre 2001 a été condamné, le 13 juillet 2021, à une peine d'interdiction définitive du territoire français par la Cour d'appel de Chambéry. A sa sortie de détention, la préfète de l'Aube a, le 3 novembre 2022, pris un arrêté fixant le pays à destination duquel M. A est susceptible d'être éloigné. Par un arrêté du 5 janvier 2021, elle a décidé du placement de l'intéressé en rétention dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D E, laquelle a été nommée préfète de l'Aube par un décret du 30 mars 2022. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait qui fondent la décision. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet acte manque doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le requérant ne peut ainsi utilement faire valoir que la décision contestée n'aurait pas été notifiée dans une langue qu'il comprend. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, contrairement à ce qu'il soutient, M. A a été invité, par un courrier du 27 octobre 2022, dont il a eu notification le 2 novembre 2022, à formuler des observations sur la décision fixant le pays de destination que la préfète envisageait de prendre. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure dont la décision serait entachée ne peut qu'être écarté.
6. En cinquième lieu, aux termes des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A est présent sur le territoire français depuis moins de quatre ans à la date de la décision attaquée et n'établit pas y disposer de liens personnels ou familiaux. Par ailleurs, il n'établit pas être dépourvu de toute attache en Algérie et eu égard au caractère récent de sa condamnation, le 14 juin 2021 à une peine de vingt-quatre mois d'emprisonnement et à la gravité des faits pour lesquels il a été condamné à savoir des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à huit jours, son comportement représente une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, la décision par laquelle la préfète de l'Aube a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ne porte pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de celui-ci au regard des buts en vue desquels elle a été prise.
8. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. : " 1. Aucun Etat partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture. () ".
9. Si M. A soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine il risque d'être soumis à des traitements inhumains et dégradants, la photographie qu'il produit de son torse sur lequel des cicatrices sont visibles n'est pas suffisante, à elle seule, pour établir la réalité de ces risques. Dans ces conditions cette décision ne méconnaît ni les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 novembre 2022 par lequel la préfète de l'Aube a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction s'y rapportant ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Aube.
Lu en audience publique le 11 janvier à 16 heures 22.
La magistrate désignée,
L. C
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aube en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 230003
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026