mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL AVOCATLOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 janvier 2023 à 18 heures 32 et le 20 janvier 2023, M. A F B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Jura du 5 janvier 2023 portant maintien en rétention ;
2°) d'enjoindre au préfet du Jura de lui délivrer une attestation d'asile et de lui permettre de se maintenir sur le territoire français dans l'attente de la décision de la Cour nationale d'asile sur sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'arrêté ne lui a pas été notifié dans une langue qu'il comprend ;
- sa demande d'asile ne présente pas un caractère dilatoire ;
- il justifie de garanties de représentation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit quant à l'application de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l'incompatibilité de le directive " Accueil " en l'absence de définition des critères objectifs ;
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2023 le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Durand, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience :
- le rapport de M. Durand, magistrat désigné ;
- les observations de Me Jacquemin, avocat commis d'office, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. B, assisté par une interprète en langue Peuhl ;
- et les observations de M. E, représentant le préfet du Jura qui soutient que la requête est irrecevable dès lors que la décision en litige est superfétatoire et, subsidiairement que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 14 décembre 2000 est entré en France en juillet 2022, selon ses déclarations. Il a été interpellé le 4 août 2022 pour des faits de vol avec violence. Par jugement du 4 août 2022, il a été condamné à une peine de sept mois d'emprisonnement, peine assortie d'une interdiction judiciaire du territoire de cinq ans. Le 2 août 2022, il a déclaré vouloir déposer une demande d'asile en France ou en Allemagne. Lors de l'entretien contradictoire du 27 décembre 2022, M. B a déclaré ne pas vouloir repartir en Guinée mais être éloigné à destination de l'Allemagne. Par arrêté notifié le 31 décembre 2022, le préfet du Jura a fixé le pays à destination duquel M. B pourrait être reconduit. Par courrier du 4 janvier 2023, M. B a sollicité le bénéfice du statut de réfugié. Par l'arrêté en litige, le préfet du Jura a ordonné son maintien en rétention.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ ".
3. En premier lieu, la décision attaquée est signée de Mme C D, sous-préfète de Saint-Claude, à laquelle le préfet du Jura a, par un arrêté du 17 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer notamment les décisions en matière d'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision en litige vise les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les circonstances de fait ayant conduit le préfet à considérer que la demande d'asile du requérant présente un caractère dilatoire. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, les conditions de notification de l'arrêté attaqué sont sans incidence sur la légalité de celui-ci. Le moyen tiré de l'irrégularité de cette notification en raison de l'absence d'un interprète ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, la requérante ne peut utilement soutenir qu'elle présenterait des garanties suffisantes de représentation à l'appui de la contestation de la mesure de maintien en rétention dès lors qu'il ressort des dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le maintien en rétention administrative n'est pas conditionné par l'absence de garanties de représentation suffisantes mais est prononcé lorsque l'étranger placé en rétention administrative présente une demande d'asile dans le seul but de faire échec à une mesure d'éloignement. Par suite, ce moyen, qui n'est pas opérant, doit être écarté.
7. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a saisi l'administration d'une demande d'asile, le 13 décembre 2022, par l'intermédiaire de son conseiller d'insertion pénitentiaire, alors qu'il était toujours en détention. Le 4 janvier 2023, lors de son placement en rétention, il a saisi l'administration d'une seconde demande d'asile. Si l'intéressé soutient que cette seconde demande ne présente pas de caractère dilatoire, il est constant qu'elle a été présentée n'a été déposée que cinq jours après le placement en rétention de M. B et le jour suivant la décision de la cour d'appel de Metz qui a rejeté le recours de l'intéressé contre l'ordonnance portant maintien en rétention pendant vingt-huit jours. Par ailleurs, elle présentait un caractère superfétatoire dès lors que, au jour de son dépôt, il n'était toujours pas statué sur la demande du 13 décembre 2022. Dans ces conditions, le préfet du Jura a pu à bon droit, estimer que la demande du 4 janvier 2023 était présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement.
8. En dernier lieu, d'une part, s'il incombe aux Etats membres, en vertu du paragraphe 4 de l'article 8 de la directive n°2013/33/UE établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, de définir en droit interne les motifs susceptibles de justifier le placement ou le maintien en rétention d'un demandeur d'asile, parmi ceux énumérés de manière exhaustive par le 3 de cet article, aucune disposition de la directive n'impose, s'agissant du motif prévu par le d) du 3 de l'article 8, que les critères objectifs, sur la base desquels est établie l'existence de motifs raisonnables de penser que la demande de protection internationale d'un étranger déjà placé en rétention a été présentée à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour, soient définis par la loi. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile serait incompatible avec les stipulations du d) du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE, en tant qu'il ne détermine pas une liste des critères objectifs permettant à l'autorité administrative d'estimer qu'une demande d'asile est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution d'une mesure d'éloignement, ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F B et au préfet du Jura.
Lu en audience publique, le 24 janvier 2023 à 15 heures 02.
Le magistrat désigné
F. Durand
La greffière,
L. Rémond
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026