lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300104 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023, Mme B A conteste la décision du 18 novembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette correspondant à un indu de prime d'activité d'un montant initial de 4 484,43 euros au titre de la période allant du 1er juillet 2020 au 30 avril 2022.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi dès lors que l'erreur a été commise par la CAF ;
-son quotient familial s'élève à 863 euros et non à 910 euros ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la situation financière de Mme A ne justifie pas que lui soit accordée une remise supérieure à celle qui lui a été consentie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A bénéficie de la prime d'activité. A la suite d'un contrôle de sa situation ayant révélé que son fils perçoit l'allocation aux adultes handicapés à taux plein alors qu'il était déclaré comme étant à sa charge, il a été procédé à la régularisation de son dossier et un indu de prime d'activité d'un montant de 4 484,43 euros lui a ainsi été notifié au titre de la période allant du 1er juillet 2020 au 30 avril 2022, par une décision du 10 mai 2022. La requérante, qui a sollicité la remise de sa dette, en a obtenu la remise de moitié, par une décision de la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle du 18 novembre 2022, laissant à sa charge la somme de 2 242,22 euros. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision et, d'autre part, de lui accorder la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. En premier lieu, si Mme A soutient que le quotient familial renseigné, au 31 décembre 2022, sur le site de la CAF diffère de celui mentionné dans la décision en litige, cette différence tient aux modalités de calcul qui divergent dans le cadre de l'examen des demandes de remise de dette, des prestations versées et dans celui de la communication avec les allocataires. Par suite, et alors que la CAF de Meurthe-et-Moselle justifie en défense des modalités de calcul du quotient familial au sens des dispositions de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale et ayant permis l'édiction de la décision contestée, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration se serait fondée sur un quotient familial erroné.
5. En second lieu, Mme A, qui soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu de prime d'activité mis à sa charge, justifie devoir s'acquitter chaque mois de frais de loyer de 528 euros, de téléphonie de 50 euros, et de mutuelles et d'assurances de 190 euros. Si elle soutient que la dette qu'elle doit rembourser à la CAF l'empêcherait d'obtenir un prêt afin d'acheter un nouveau véhicule, elle ne l'établit pas, alors même qu'elle produit l'offre de crédit établie par son établissement bancaire. Si les charges fixes de Mme A, en prenant en compte le prêt automobile dont elle se prévaut, s'élèvent à près de 1 140 euros par mois, il résulte de l'instruction que l'intéressée perçoit un revenu mensuel de plus de 1 800 euros et des prestations sociales s'élevant à 360 euros par mois. Dans ces conditions, Mme A, qui a déjà obtenu une remise partielle sa dette, ne démontre pas se trouver dans une situation financière telle qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser la somme restant à sa charge. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la bonne foi de Mme A, cette dernière n'est pas fondée à soutenir qu'elle devrait se voir accorder la remise totale de l'indu de prime d'activité litigieux.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. LepageLa République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026