jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SELARL GUITTON - GROSSET - BLANDIN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 14 janvier 2023 sous le n° 2300147, Mme A D, représentée par Me Grosset, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de surseoir à statuer dans l'attente que l'aide juridictionnelle lui soit accordée ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée à l'issue de ce délai ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer, sans délai, un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros à verser à son avocate, Me Grosset, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Grosset s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée ;
- c'est à tort que le préfet conteste sa filiation avec sa fille B ;
- la décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet ne pouvant l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'elle a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet s'est cru, à tort, lié dans le cadre de l'examen de sa situation ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 425-9 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter des observations ;
- elle porte atteinte à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
En ce qui concerne la décision lui accordant un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter des observations ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- le risque de fuite n'est pas établi et son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D et M. C ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2023 du bureau d'aide juridictionnelle.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 janvier et 8 avril 2023 sous le n° 2300148, M. E C, représenté par Me Grosset, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de surseoir à statuer dans l'attente que l'aide juridictionnelle lui soit accordée ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a ordonné le retrait de la carte de séjour pluriannuelle de M. C ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros à verser à son avocate, Me Grosset, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Grosset s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- c'est à tort que le préfet conteste sa filiation avec sa fille B ;
- la décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 425-9 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- sa fille a besoin d'une prise en charge médicale ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D et M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2023 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Di Candia,
- et les observations de Me Pereira, substituant Me Grosset, avocate de Mme D et M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. C, ressortissants arméniens nés respectivement le 23 mars 1981 et le 5 décembre 1973, seraient entrés en France au cours du mois de mars 2012, selon leurs déclarations. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 17 septembre 2013, puis la Cour nationale du droit d'asile le 3 juillet 2015. Par un courrier du 27 juin 2018, le préfet de Meurthe-et-Moselle a accepté de délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à Mme D, sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur. Cette carte ne lui a toutefois pas été délivrée, motif pris de ce que Mme D, qui a révélé sa véritable identité en octobre 2018, avait indiqué une fausse identité dans ses démarches précédentes. Mme D a ensuite bénéficié d'une carte de séjour temporaire valable du 8 août 2018 au 7 août 2019 sous son nom d'emprunt. Par un arrêté du 27 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a fait obligation à Mme D de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Par un jugement n°2201826 du 20 octobre 2022, le tribunal administratif de Nancy a annulé cet arrêté et enjoint au préfet de réexaminer sa situation. M. C a, quant à lui, obtenu, à compter de l'année 2016, des autorisations provisoires de séjour, en raison de l'état de santé de leur fille, B. Le préfet lui a ensuite délivré une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 13 juillet 2018 au 12 juillet 2019. Une carte de séjour pluriannuelle lui a ensuite été délivrée et a été renouvelée pour la période du 1er juillet 2021 au 30 juin 2023. Par un arrêté du 14 décembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a toutefois ordonné le retrait de la carte de séjour pluriannuelle de M. C. Par un arrêté du même jour, il a refusé de délivrer à Mme D un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant son pays de destination. Par les requêtes susvisées qu'il y a lieu de joindre, Mme D et M. C demandent l'annulation de ces arrêtés.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et au sursis à statuer :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. Par des décisions du 13 janvier 2023, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nancy a admis M. C et Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur leurs demandes tendant à ce qu'ils soient admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, ni sur celles tendant au sursis à statuer.
Sur la légalité de l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a ordonné le retrait de la carte de séjour pluriannuelle de M. C :
4. Aux termes de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration. () ". Lorsque l'autorité compétente envisage de prendre une mesure de retrait d'un titre de séjour, qui prive un étranger du droit au séjour en France, il lui incombe notamment de s'assurer, en prenant en compte l'ensemble des circonstances relatives à la vie privée et familiale de l'intéressé, que cette mesure n'est pas de nature à porter à celle-ci une atteinte disproportionnée. S'il appartient à l'autorité administrative de tenir compte de manœuvres frauduleuses avérées qui, en raison notamment de leur nature, de leur durée et des circonstances dans lesquelles la fraude a été commise, sont susceptibles d'influer sur son appréciation, elle ne saurait se dispenser de prendre en compte les circonstances propres à la vie privée et familiale de l'intéressé postérieures à ces manœuvres au motif qu'elles se rapporteraient à une période entachée par la fraude.
5. Pour retirer à M. C la carte de séjour pluriannuelle qui lui avait été accordée, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur la circonstance qu'il aurait découvert, après le renouvellement de carte pluriannuelle pour la période du 1er juillet 2021 au 30 juin 2023, que celui-ci avait déclaré une identité d'emprunt, à savoir " Kalachian E ", de nationalité azerbaïdjanaise et que le Procureur de la République avait souhaité, le 25 octobre 2021, l'entendre pour des faits de faux et usage de faux document. Toutefois, si le préfet de Meurthe-et-Moselle se prévaut du procès-verbal d'audition de M. C du 21 avril 2022, il ressort des termes de celui-ci qu'il a rétabli sa véritable identité le 1er juillet 2019. Il ressort d'ailleurs des mentions portées sur la carte de séjour pluriannuelle qui lui a été renouvelée le 1er juillet 2021 en raison de l'état de santé de sa fille B que le préfet avait connaissance à la fois de son nom, correctement orthographié, ainsi que de sa nationalité. Il ressort enfin des termes mêmes de l'arrêté attaqué que M. C a produit le 25 mars 2019, soit avant la date du dernier renouvellement de la carte pluriannuelle, un acte de naissance et un passeport de la jeune B établissant la nationalité arménienne de l'enfant, de sorte que le préfet connaissait au moment du renouvellement du titre de M. C la véritable identité du requérant et avait procédé à l'examen de l'état de santé de l'enfant au regard du traitement disponible en Arménie. Dans ces conditions, et alors au demeurant que M. C soutient n'avoir pas entendu déclarer une fausse identité, mais avoir été victime d'une mauvaise transcription de son identité, et alors par ailleurs que le préfet ne saurait sérieusement remettre en cause la filiation entre M. C et sa fille B, il y a lieu de considérer que le préfet de Meurthe-et-Moselle connaissait la véritable identité de M. C et la nationalité de sa fille au moment où il a renouvelé la carte de séjour pluriannuelle qui lui a été délivrée. Par suite, le préfet de Meurthe-et-Moselle ne pouvait, sans faire une inexacte application des dispositions précitées, retirer le titre de séjour délivré à M. C.
6. A supposer que le préfet ait entendu invoquer en défense un nouveau motif, tiré de ce que le comportement du requérant constituerait une menace pour l'ordre public, les éléments produits ne suffisent pas à le justifier. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de prendre en considération l'existence d'une telle menace pour apprécier si l'atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant est disproportionnée au but de conservation de l'ordre public, invoqué pour la première fois dans le mémoire en défense.
7. Par suite, M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 décembre 2022 ordonnant le retrait de sa carte de séjour pluriannuelle.
Sur la légalité de l'arrêté du 14 décembre 2022 portant refus de titre de séjour de Mme D, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination :
8. A l'appui de sa requête, Mme D ne soulève aucun moyen dirigé contre la décision portant refus de titre de séjour. Elle doit en conséquence être regardée comme ne contestant la décision qu'en tant qu'elle lui fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixe le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
9. L'autorité de la chose jugée par le jugement n° 2201826 du 20 octobre 2022 par lequel le tribunal administratif de Nancy a annulé un précédent arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle obligeant Mme D à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, motif pris de ce qu'une telle décision portait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale compte tenu de la situation régulière sur le territoire français de son époux, de l'ancienneté de leur présence en France et de ses efforts particuliers d'intégration, ne faisait pas obstacle à ce que le préfet procède à un examen différent de la situation de l'intéressée dès lors que celui-ci s'appuie sur des éléments nouveaux.
10. En l'espèce, le présent jugement annule l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle ordonne le retrait de la carte de séjour pluriannuelle délivrée à M. C, celui-ci demeure titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 30 juin 2023. Par suite, contrairement à ce que soutient le préfet de Meurthe-et-Moselle, la situation de la requérante ne repose sur aucun élément nouveau tenant à la situation désormais irrégulière de son époux. Mme D est ainsi fondée à se prévaloir, à l'appui de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant son pays de destination, de l'autorité de la chose jugée qui s'attache à un jugement rendu à propos d'une mesure d'éloignement antérieure.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, d'une part, que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 décembre 2022 lui ordonnant le retrait de sa carte de séjour pluriannuelle, d'autre part, que Mme D est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du même jour en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Eu égard au périmètre d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de statuer à nouveau sur la situation de Mme D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer immédiatement, en application de l'article L. 616-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
13. M. C et Mme D ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, leur avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Grosset, avocate des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Grosset de la somme totale de 1 500 euros.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme D et M. C tendant à ce qu'ils soient admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et à ce qu'il soit sursis à statuer.
Article 2 : L'arrêté du 14 décembre 2022 ordonnant le retrait de la carte de séjour pluriannuelle de M. C est annulé.
Article 3 : L'arrêté du 14 décembre 2022 pris à l'encontre de Mme D est annulé en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
Article 4 : Il est enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder au réexamen de la situation de Mme D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour.
Article 5 : L'Etat versera à Me Grosset, avocat de Mme D et M. C, une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Grosset renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à M. E C, à Me Grosset et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Di Candia, président,
- Mme Fabas, conseillère,
- M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er juin 2023.
Le président-rapporteur,
O. Di Candia
L'assesseure la plus ancienne,
L. Fabas
Le greffier,
P. LepageLa République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300147, 2300148
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026