LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300163

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300163

mardi 16 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300163
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantBOULANGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 janvier 2023, M. B C, représenté par Me Boulanger, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite née le 28 octobre 2022 par laquelle la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble l'arrêté du 15 novembre 2022 par lequel la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour à compter du prononcé du jugement à intervenir ;

4°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français ou en l'admettant au séjour à titre exceptionnel, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure dès lors que la préfète des Vosges n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors qu'elles méconnaissent l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles méconnaissent l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête de M. C est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 26 janvier 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D a été entendus au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien, est entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2018. Par un arrêté du 21 janvier 2020, le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé à son encontre une obligation de quitter sans délai le territoire français et lui a interdit le retour en France pendant un an. N'ayant pas déféré à cette mesure d'éloignement, le requérant a été contrôlé pour excès de vitesse, le 20 juillet 2021, par les gendarmes du peloton motorisé de Bulgnéville (Vosges). A la suite du placement de l'intéressé en retenue pour vérification de son droit au séjour, le préfet des Vosges, par une décision du 20 juillet 2021, a prononcé son assignation à résidence dans ce département. Cette décision a été annulée par le tribunal administratif de Nancy par un jugement du 28 juillet 2021, confirmé par la cour administrative d'appel de Nancy le 28 avril 2022. Le 24 juin 2022, le requérant a demandé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Cette demande a été rejetée par une décision implicite née le 28 octobre 2022, puis par une décision expresse de la préfète des Vosges du 15 novembre 2022. M. C demande l'annulation de ces deux dernières décisions.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète des Vosges :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".

3. Il ressort des pièces du dossier que par sa décision du 15 novembre 2022 contestée, qui doit être regardée comme ayant été notifiée le 17 novembre 2022, date de la première présentation du pli la contenant, la préfète des Vosges s'est bornée à refuser de délivrer un titre de séjour à M. C, sans assortir cette décision d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le requérant disposait d'un délai de deux mois pour contester devant le tribunal administratif de Nancy cette décision et non du délai de trente jours prévu par l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requête de M. C enregistrée au greffe du tribunal le 16 janvier 2023 n'est donc entachée d'aucune tardiveté. La fin de non-recevoir opposée par la préfète des Vosges doit, par suite, être écartée.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

5. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 26 janvier 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur l'étendue du litige :

6. Si le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer le titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qu'il avait sollicité le 24 juin 2022 doivent être regardées comme dirigées contre la décision explicite du 15 novembre 2022 par laquelle la préfète des Vosges a confirmé ce refus.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

8. Aux termes de l'article 7 quater de l'accord du 17 mars 1988 susvisé : " Sans préjudice des dispositions du b) et du d) de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ". Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l'enfant est majeur ".

9. Pour s'opposer à la demande de titre de séjour présentée par M. C en qualité de père d'enfant français, la préfète des Vosges a considéré que l'intéressé ne produisait aucun élément probant attestant qu'il contribuait effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant.

10. Toutefois, M. C justifie par les pièces qu'il produit d'une communauté de vie avec sa compagne de nationalité française depuis le mois de novembre 2020. Cette circonstance, en l'absence d'éléments contraires produits par la préfète, justifie que le requérant contribuait à l'entretien et à l'éducation de Lylio C E né le 23 mars 2020 et qu'il a reconnu le 22 juillet 2021. Il suit de là que c'est à tort que la préfète des Vosges a estimé que M. C ne justifiait pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant depuis au moins deux ans.

11. La préfète des Vosges, qui soutient que le certificat de nationalité français produit par M. C à l'appui de sa demande de titre de séjour avait été obtenu frauduleusement dès lors que sa compagne avait déclaré qu'il n'était pas le père biologique de l'enfant, peut être regardée comme opposant le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité du 22 juillet 2021. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, le requérant justifie d'une communauté de vie avec Mme A E et contribuer à l'entretien et à l'éducation de Lylio. Dans ces conditions, alors même qu'elle a été effectuée alors que l'intéressé venait de se voir notifier une assignation à résidence et qu'il n'est pas contesté qu'il n'est pas le père biologique de cet enfant, sa reconnaissance de paternité ne présente pas un caractère frauduleux. Par suite, la préfète des Vosges n'est pas fondée à se prévaloir de ce motif pour justifier de la légalité de sa décision refusant de délivrer un titre de séjour à M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 15 novembre 2022 par laquelle la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à la préfète des Vosges de délivrer à M. C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour.

Sur les frais d'instance :

14. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Boulanger, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Boulanger de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision du 15 novembre 2022 de la préfète des Vosges est annulée.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète des Vosges de délivrer à M. C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour.

Article 4 : L'Etat versera à Me Boulanger, avocat de M. C, une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Boulanger renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la préfète des Vosges et à Me Boulanger.

Délibéré après l'audience publique du 25 avril 2023 à laquelle siégeaient :

M. Coudert président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.

Le président-rapporteur,

B. DL'assesseure la plus ancienne,

G. Grandjean

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2300163

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions