jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300220 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | COCHE-MAINENTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2023, Monsieur E A, représenté par Me Coche-Mainente, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 aout 2022 par lequel la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges d'effacer sans délai le signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen résultant de l'interdiction de retour ; subsidiairement d'abroger l'arrêté attaqué ;
4°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la préfète des Vosges de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'incompétence, est insuffisamment motivée, est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation, elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale ;
- l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur une décision de refus de titre de séjour illégale, elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit ; elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale ;
- la décision fixant le pays de renvoi est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ; elle est insuffisamment motivée ; elle est contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'incompétence ; elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et est insuffisamment motivée, elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 3 février et le 9 mars 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Guidi première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Me Coche-Maintente représentant M. A qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. A, assisté d'un interprète en langue romani.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant kosovare est entré en France en 2021 pour présenter une demande d'asile rejetée par l'OFPRA le 9 novembre 2021. Par un arrêté du 22 décembre 2021, la préfète des Vosges lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Son recours contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Nancy du 11 février 2022. M. A s'est maintenu sur le territoire français et a présenté une demande de titre de séjour au titre de la vie privée et familiale à laquelle la préfète des Vosges a opposé un refus assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans par un arrêté du 26 aout 2022 dont M. A demande l'annulation. M. A a été condamné à une peine d'emprisonnement de six mois assortie d'un sursis probatoire de deux ans pour des faits de violence sur sa compagne et mère de son enfant. Son sursis ayant été révoqué, il a été incarcéré à la maison d'arrêt d'Epinal depuis le 17 janvier 2023. Sa levée d'écrou est prévue le 20 mars 2023.
Sur les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de renvoi et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la préfète des Vosges :
2. Aux termes de l'article L 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision.
L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours en date du 26 aout 2022 a été notifié à M. A par lettre recommandée avec accusé de réception le 1er septembre 2022. M. A a présenté une demande d'aide juridictionnelle le 26 septembre 2022. Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale lui a été accordé par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle en date du 16 décembre 2022 notifiée le 21 décembre 2022. Dans ces conditions, la requête en annulation de M. A, enregistrée le 3 février 2023 a été formée dans le délai de recours de trente jours prévu par l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a recommencé à courir à compter du 16 décembre 2022 après avoir été interrompu par la demande d'aide juridictionnelle. Par suite la fin de non-recevoir opposée la préfète des Vosges tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
En ce qui concerne le bien fondé des conclusions en annulation :
4. Aux termes de l'article 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () : 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans "
5. M. A est le père d'un enfant français né le 8 juillet 2022. Il ressort des pièces du dossier que, bien que séparé de Mme C la mère de l'enfant, et en dépit de la condamnation pénale dont il a fait l'objet pour des faits de violence commis à son encontre, M. A qui dispose de l'autorité parentale, s'est vu accorder un droit de visite dans un lieu neutre et a été dispensé de contribuer à son entretien et son éducation en raison de son impécuniosité jusqu'à retour à une meilleure fortune par un jugement du 8 décembre 2022 du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Epinal. Dans ces conditions, en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, la préfète des Vosges a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation des décisions en date du 26 aout 2022 par lesquelles la préfète des Vosges lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours, ainsi que, par voie de conséquence, celle de la décision fixant le pays de retour et de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique qu'il soit enjoint à la préfète des Vosges de réexaminer la situation de M. A et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
8. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Coche-Mainente, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Coche-Mainente d'une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation des refus de titre de séjour sont réservées jusqu'en fin d'instance pour être jugées devant une formation collégiale.
Article 2 : Les décisions par lesquelles la préfète des Vosges a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète des Vosges de réexaminer la situation de M. A et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours suivant la notification de la décision.
Article 4 : L'Etat est condamné à verser à Me Coche-Mainente une somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve qu'elle renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Coche-Mainente et à la préfète des Vosges.
Lu en audience publique le 16 mars 2023 à 15 heures 01.
La magistrate désignée,
L. B
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2300220
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026