LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300252

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300252

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300252
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantLEMONNIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, non communiqué, enregistrés les 23 janvier 2023 et 29 mars 2023, M. E C, représenté par Me Lemonnier demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois suivant la décision à intervenir, à défaut, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en violation des articles L. 422-1 et R. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une d'erreur d'appréciation quant à l'application de ces dispositions ;

- elle méconnait les conventions internationales relatives à la liberté d'étudier ;

- le préfet aurait dû envisager la possibilité de faire usage de son pouvoir discrétionnaire avant de refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale, dès lors qu'elle se fonde sur un refus de séjour lui-même illégal ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 29 mars 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti, président-rapporteur,

- et les observations de Me Lemonnier, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant togolais né le 23 septembre 2003, est entré régulièrement sur le territoire français le 25 octobre 2020 sous couvert d'un passeport valable du 10 juillet 2020 au 9 juillet 2025 et d'un visa long séjour valable du 21 octobre 2020 au 21 octobre 2021. Il a ensuite bénéficié d'un visa long séjour valant titre de séjour et d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable du 4 novembre 2021 au 3 novembre 2022. Le 19 septembre 2022, M. C sollicite le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 14 décembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jour et a fixé le pays le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Aux termes de l'article R. 433-2 du même code : " L'étranger déjà admis à résider en France qui sollicite le renouvellement d'une carte de séjour pluriannuelle présente à l'appui de sa demande les pièces prévues pour une première délivrance de la carte de séjour temporaire correspondant au motif de séjour de la carte de séjour pluriannuelle dont il est détenteur et justifiant qu'il continue de satisfaire aux conditions requises pour celle-ci ainsi, le cas échéant, que les pièces particulières requises à l'occasion du renouvellement du titre conformément à la liste fixée par arrêté annexé au présent code () ".

4. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné à la réalité des études et à la progression du bénéficiaire dans celles-ci.

5. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. C le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé d'une part, sur le défaut du caractère réel et sérieux de ses études et d'autre part, sur l'absence de moyens d'existences suffisants.

6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. C était inscrit au sein de l'Université de Lorraine à la faculté de droit, sciences économiques et gestion de Nancy en première année de licence parcours " économie-gestion " au titre de l'année 2020-2021. Il ressort des pièces du dossier que M. C a commencé son cursus universitaire en France au milieu du premier semestre au titre de l'année 2020-2021. Le relevé de notes établi pour 2020-2021 indique que l'intéressé a été absent aux examens du premier semestre, mais que ces absences sont pour la majorité justifiées et qu'il n'a pas validé son deuxième semestre, ce qui l'a conduit à redoubler sa première année et à se réinscrire au sein de cette première année de licence. Lors de l'année universitaire suivante, il obtenu une note de 8.11 de moyenne pour le semestre 1 et a validé son semestre 2 avec une moyenne de 11.22, ce qui l'a conduit à se réinscrire à nouveau à cette première année de licence afin de valider le premier semestre. Il a validé son année au cours de l'année 2022-2023 et est admis à s'inscrire en deuxième année de licence pour l'année universitaire 2023-2024. Le premier redoublement de l'intéressé étant dû à l'inscription tardive en cours d'année qui a impacté ses chances de réussite, le préfet de Meurthe-et-Moselle ne pouvait lui opposer malgré ses redoublements et alors que l'année 2022-2023 était encore en cours, la circonstance qu'il n'avait pas validé sa première année. Il suit de là qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. C justifiait du caractère réel et sérieux de ses études. Dans ces conditions, si la progression de M. C est lente, elle n'en est pas moins réelle. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le premier motif de la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.

7. D'autre part, si le préfet indique qu'un doute existe quant à la justification des moyens d'existences suffisants de M. C, il n'est pas contesté qu'il dispose d'une somme de 7 440 euros à son bénéfice et apporte au débat les contrats de travail sollicités par le préfet dans sa décision litigieuse.

8. Par suite, M. C est fondé à soutenir que le préfet de Meurthe-et-Moselle a, en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée du 14 décembre 2022 portant refus de titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, celles portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet délivre à M. C un titre de séjour d'un an mention " étudiant ". Il y a lieu d'enjoindre au préfet, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un tel titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

11. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Lemonnier de la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que l'avocate de M. C renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 14 décembre 2022 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. C est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de délivrer un titre de séjour mention " étudiant " à M. C dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Lemonnier, conseil de M. C, une somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, au préfet de Meurthe-et-Moselle et à Me Lemonnier.

Délibéré après l'audience publique du 6 avril 2023 à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Marini, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.

Le président-rapporteur,

D. AL'assesseur le plus ancien,

F. Durand

La greffière,

M. D

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 230025

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions