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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300397

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300397

mardi 21 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300397
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantCOCHE-MAINENTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 31 janvier 2022 et 13 février 2023 sous le n° 2300350, Mme B C, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2023 par lequel la préfète de l'Aube lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre la préfète de l'Aube de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat a somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est irrégulière et illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français, elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle ne présente pas un risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est irrégulière illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnait les stipulations des articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres traitements cruels et inhumains ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est irrégulière illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires.

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français

- elle méconnait l'intérêt supérieur de ses enfants garanti par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

II - Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 février 2023 à 11h56 et le 17 février 2023 sous le n°2300397, Mme C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2023 par lequel la préfète de l'Aube l'a maintenue en rétention administrative ;

2°) d'enjoindre la préfète de l'Aube de lui délivrer une attestation d'asile et de lui permettre de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;

- l'auteur de la décision n'avait pas la compétence pour édicter cette mesure ;

- la décision ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'elle comprend ;

- la demande d'asile qu'elle a présenté ne présente pas de caractère dilatoire ;

- elle dispose de garanties de représentation suffisantes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti, magistrat désigné,

- les observations de Me Coche-Mainente, avocate commis d'office représentant Mme C, qui conclut aux même fins par les mêmes moyens ;

- et les observations de M. E, représentant le préfet de l'Aube qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes enregistrées sous les nos 2300350 et 2300397 présentées par Mme C se rapportent à la situation d'une même personne et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Mme C, ressortissante algérienne, déclare être entrée sur le territoire français en 2022. L'intéressée a déposé une demande d'asile le 25 octobre 2021 dont l'examen par l'OFPRA a été clôturé le même jour. Par un arrêté du 30 janvier 2023, la préfète de l'Aube lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Mme C a déposé une demande d'asile en rétention administrative. La préfète de l'Aube a alors, par un arrêté du 3 février 2023, décidé de son maintien en rétention administrative. Mme C demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, par un arrêté du 8 juillet 2022, publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture le même jour, la préfète de l'Aube a donné délégation à Mme A D, directrice des services de son cabinet, à l'effet de signer les décisions relatives notamment à la police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée les arrêtés attaqués doit être écarté.

4. En deuxième lieu, les deux arrêtés attaqués comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles ils reposent et sont donc suffisamment motivés. Le moyen tiré du défaut de motivation dont ils seraient entachés doit donc être écarté.

5. En troisième lieu, les conditions de notification d'un arrêté sont sans influence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité dont serait entachée la notification des deux arrêtés attaqués, au motif qu'ils n'auraient pas été notifiés à Mme C dans une langue qu'elle comprend, doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier, éclairées par les explications apportées à l'audience par la requérante, que Mme C est mère de trois enfants placés en foyer qui ont la même nationalité que leur mère. Toutefois, Mme C n'est arrivée en France au plus tôt qu'en octobre 2021 et ne fait état d'aucune attache en France autre que ses enfants, elle déclare n'avoir aucun membre de sa famille en France. Rien ne fait obstacle à ce qu'elle retourne en Algérie avec ses enfants. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a passé l'essentiel de sa vie en Algérie et s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français. La circonstance que ses enfants se trouvent sur le territoire françaisest sans incidence sur l'appréciation de l'atteinte à la vie privée et familiale alors que rien ne fait obstacle à ce qu'ils poursuivent leur scolarité dans leur pays d'origine où la cellule familiale a vocation à se reconstituer. Par suite, eu égard aux conditions de séjour en France de la requérante, la préfète de l'Aube, en l'obligeant à quitter le territoire, n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte manifestement disproportionnée et n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation.

En ce qui concerne la décision refusant le délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.

9. En second lieu, aux termes de l'article L.612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a transposé les dispositions correspondantes de l'article 7 de la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008 : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L.612-1 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L.612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;() ".

10. La requérante soutient que la préfète de l'Aube a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'elle présentait un risque de fuite et que son comportement constituait une menace de trouble à l'ordre public . Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme C a été interpellée et placée en garde à vue le 23 janvier 2023 pour des faits de vols à l'étalage. L'intéressée a commis plusieurs infractions sur le territoire : vols en réunion, vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt entre 2021 et 2022. Il ressort également des pièces du dossier que Mme C s'est soustraite à une précédente mesure d'éloignement prononcée le 3 décembre 2021 par le préfet de Haute-Garonne. Par conséquent et compte tenu du caractère récent de ces faits, elle se trouve ainsi entrer dans les cas prévus par les dispositions précitées des articles L. 612-2 1° et 3° et L. 612-3 5°du CESEDA, permettant de regarder comme établi, sauf circonstance particulière, le risque que la requérante se soustraie à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

11. Les conclusions dirigées contre le refus de départ volontaire doivent, dès lors, être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination en invoquant l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. Si Mme C soutient qu'en cas de retour au Algérie, elle serait exposée à des traitements contraires à ces stipulations, elle n'assortit pas ce moyen d'éléments permettant d'établir la réalité des risques invoqués. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

16. Pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés au point 9, le moyen tiré de ce que la décision de la préfète porte une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur des enfants des requérants doit être écarté.

17. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'atteinte portée à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant contre la décision fixant le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, la requérante n'établissant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire serait illégale en raison de l'illégalité de la mesure précédente.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.

20. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a fait l'objet d'une mesure d'éloignement en 2021 et que son comportement constitue une menace à l'ordre public. Si elle soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine elle craint les persécutions de ses frères intégristes et de son père en raison de son divorce, elle n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Par conséquent, elle ne saurait être regardée comme justifiant de circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devant conduire l'autorité administrative à s'abstenir de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français assortissant l'obligation de quitter le territoire français sans délai dont elle fait l'objet.

21. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'eu égard à la situation personnelle et familiale de Mme C, en fixant une durée d'interdiction d'un an, la préfète de l'Aube n'a commis, ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point 12, en prenant à l'encontre de Mme C, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an , le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

22. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressée doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant maintien en centre de rétention administrative :

23. En premier lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ (). ".

24. Il ressort des pièces du dossier, que Mme C, a sollicité l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) une demande d'asile le 25 octobre 2021, la demande a été clôturée le jour même en raison du fait que la requérante n'a pas transmis de dossier auprès de l'OFPRA. Le 8 février 2023, soit cinq jours après son placement en rétention administrative, Mme C a introduit une demande de réexamen auprès de l'OFPRA en faisant valoir des motifs extrêmement vagues quant aux raisons pour lesquelles elle craindrait d'être persécutée dans son pays d'origine. Enfin, par une décision du 10 février 2023, l'OFRPA a rejeté sa demande au motif que ses déclarations ne permettent pas de tenir les faits allégués pour établis ni de regarder comme fondées les craintes d'atteintes grave exprimées. La requérante ne fait pas état d'éléments nouveaux. Dans ces conditions, la préfète de l'Aube a pu à bon droit, sans commettre d'erreur d'appréciation estimer que la demande d'asile formulée en rétention par Mme C n'avait d'autre objet que de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement et présentait ainsi un caractère dilatoire.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions en date du 30 janvier 2023 et du 3 février 2023 ainsi que, par conséquent, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er Les requêtes nos 2300350 et 2300397 de Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Coche-Mainente et à la préfète de l'Aube.

Lu en audience publique le 21 février 2023 à 16 heures 23.

Le magistrat désigné,

D. Marti

La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète de l'Aube en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2300350-2300397

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