jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | BOULA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2023, M. C A B, représenté par Me Boula, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 janvier 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre de subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Fabas a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B, ressortissant camerounais né le 24 mai 1998, est entré en France le 17 septembre 2020 muni de son passeport revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant, valable du 19 août 2020 au 19 août 2021. M. A B a bénéficié du renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " jusqu'au 18 août 2022. M. A B a sollicité le renouvellement de celui-ci auprès du préfet de Meurthe-et-Moselle. Par un arrêté du 2 janvier 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande de renouvellement et a obligé M. A B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. Par sa requête, M. A B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Julien le Goff, secrétaire général de la préfecture, qui a reçu du préfet de Meurthe-et-Moselle, par un arrêté du 8 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions en matière de refus de séjour et d'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ".
4. Depuis son arrivée sur le territoire français, M. A B a validé sa première année de BTS communication au titre de l'année 2020-2021, mais n'est pas parvenu à valider sa deuxième année. Il ressort des pièces du dossier que celui-ci a cumulé de nombreuses absences aux cours du second semestre 2021-2022, comme cela ressort des bulletins trimestriels produits par le préfet en défense. S'il s'est inscrit, au titre l'année scolaire 2023-2023, en première année de bac professionnel logistique, cette réorientation, d'un niveau inférieur au BTS, ne présente pas de continuité avec le parcours qu'il poursuivait jusqu'alors. Dans ces conditions, en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour au motif qu'il ne faisait pas preuve d'un sérieux dans le suivi de ses études, le préfet de Meurthe-et-Moselle n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En dernier lieu, M. A B, célibataire et sans enfant et dont le titre qui lui a été délivré jusqu'alors ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français mais uniquement d'y poursuivre ses études, ne dispose pas de famille sur le territoire français. Il n'est ainsi pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels il a été pris.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 janvier 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 11 mai 2023 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Fabas, conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
La rapporteure,
L. Fabas
Le président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2300427
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026