jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SCP BOUVIER - JAQUET - ROYER - PEREIRA-BARBOSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 7 février et 2 mai 2023, M. A B, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du bureau d'aide juridictionnelle statuant sur sa demande d'aide juridictionnelle ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 janvier 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part versée par l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
- la décision est insuffisamment motivée et la motivation est stéréotypée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen individuel de sa situation ;
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'appui de la contestation de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pu formuler d'observations, en violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit fondamental à mener une vie familiale normale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît l'article 3 de l'accord franco-marocain et l'article R. 5221-32 du code du travail ;
En ce qui concerne le moyen soulevé à l'appui de la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pu formuler d'observations, en violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
En ce qui concerne le moyen soulevé à l'appui de la contestation de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mars 2023.
Un mémoire a été produit par le préfet de Meurthe-et-Moselle le 5 mai 2023 mais n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Di Candia, président-rapporteur,
- et les observations de Me Pereira, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 6 septembre 1991, est entré régulièrement sur le territoire français le 27 juin 2019 sous couvert d'un visa long séjour en qualité de conjoint de français valable jusqu'au 25 juin 2020. Il s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle pour le même motif expirant le 25 juin 2022. Le 3 mai 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou à défaut mention " salarié ". Par un arrêté du 2 janvier 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et au sursis à statuer :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mars 2023. Les conclusions qu'il présente tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et à ce que le tribunal sursoit à statuer dans l'attente de la décision du bureau d'aide juridictionnelle sont ainsi devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B réside régulièrement sur le territoire français depuis plus de trois ans à la date de la décision attaquée. S'il est séparé de son premier mari, un ressortissant français avec lequel il était marié jusqu'en septembre 2022, il justifie par ailleurs de la réalité de la relation amoureuse qui le lie avec un autre ressortissant français depuis le mois de décembre 2020. M. B a d'ailleurs indiqué à l'audience s'être remarié avec ce dernier. Il ressort également des nombreuses attestations produites au dossier que le requérant a tissé un réseau familial et amical important et stable sur le territoire français. Enfin, M. B justifie de son insertion professionnelle dans la société française où, après s'être formé à la vente, il a régulièrement travaillé. Dans ces conditions, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 2 janvier 2023 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de faire droit à sa demande de délivrance d'un titre de séjour et, par voie de conséquence, des décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les frais de l'instance :
6. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Pereira, avocat de M. B, sur le fondement de ces dispositions, sous réserve que celui-ci s'engage à renoncer à percevoir la part correspondant à la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de se prononcer sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et de sursis y afférente présentée par M. B.
Article 2 : L'arrêté attaqué du 2 janvier 2023 est annulé.
Article 3 : L'Etat versera à Me Pereira, avocat de M. B, une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Pereira et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 11 mai 2023 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président-rapporteur,
Mme Fabas, conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
Le président-rapporteur,
O. Di CandiaL'assesseure la plus ancienne
L. Fabas
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2300429
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026