jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | RICHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2023, A D B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2023 par lequel la préfète de la Meuse a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois et l'a assignée à résidence pour une durée de trente jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Meuse de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision portant refus d'admission au séjour est entachée d'incompétence, est insuffisamment motivée, est entachée de vice de procédure en raison de la méconnaissance du droit d'être entendue, a été notifiée dans des conditions irrégulières par voie postale et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle est contraire à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale et est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur une décision de refus de titre de séjour illégale dont elle excipe de l'illégalité par les mêmes moyens que ceux développés contre la décision de refus d'admission au séjour ; elle est entachée de vice de procédure en raison de la méconnaissance du droit d'être entendue ; elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant au risque de fuite et de la menace à l'ordre public ; elle est entachée de vice de procédure en raison de la méconnaissance du droit d'être entendue ;
- la décision fixant le pays de retour est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale, elle est contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ; elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ; elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné A Guidi première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
- le rapport de A C ;
- les observations de Me Richard, représentant A B qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de A B, assistée d'un interprète en langue albanaise ;
- le préfet de la Meuse n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A B, ressortissante albanaise, est entrée en France en 2019 accompagnée de son époux et de ses quatre enfants mineurs pour présenter une demande d'asile, rejetée en dernier lieu par la CNDA le 25 septembre 2019. Elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de la Meuse en date du 7 octobre 2019, à laquelle elle n'a pas déféré. Elle a fait l'objet le 28 décembre 2020 d'un second arrêté portant obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français et d'une assignation à résidence, à laquelle elle n'a pas non plus déféré. Son époux a été éloigné à destination de l'Albanie le 14 septembre 2019. Le 27 aout 2022, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour, demande à laquelle la préfète de la Meuse lui a opposé un refus, assorti d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, d'une décision fixant le pays de renvoi et d'une assignation à résidence par un arrêté du 1er février 2023 dont A B demande l'annulation.
Sur les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de renvoi, la décision de refus de délai de départ volontaire et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
En ce qui concerne les moyens communs aux décision attaquées :
2. En premier lieu, M. Christian Robe-Grillet, secrétaire général, a légalement pu signer l'arrêté contesté en vertu d'une délégation de signature que la préfète de la Meuse lui a consentie par un arrêté du 13 octobre 2021 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture.
3. En deuxième lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant d'accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi, interdisant le retour sur le territoire français et portant assignation à résidence prises à l'encontre de A B par la préfète de la Meuse comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, mettant l'intéressée en mesure d'en comprendre et d'en discuter utilement les motifs et révélant que l'autorité administrative a procédé à un examen particulier de sa situation. Par suite le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, les conditions de notification des décisions attaquées sont sans incidence sur leur légalité. Le moyen tiré de l'irrégularité de cette notification ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
S'agissant de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, Christian Robe-Grillet, secrétaire général, a légalement pu signer les décisions de refus de titre de séjour en vertu d'une délégation de signature que la préfète de la Meuse lui a consentie par un arrêté du 13 octobre 2021 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture.
6. En deuxième lieu, la décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, mettant l'intéressée en mesure d'en comprendre et d'en discuter utilement les motifs et révélant que l'autorité administrative a procédé à un examen particulier de leur situation. Par suite le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté comme manquant en fait
7. En troisième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. A B ne peut cependant utilement soutenir qu'elle aurait été privée de son droit d'être entendue, en méconnaissance de ce principe du droit de l'Union européenne, dès lors que lorsqu'il se prononce sur une demande de titre de séjour, un Etat membre ne met pas en œuvre le droit de l'Union européenne. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
8. En quatrième lieu, les conditions de notification des décisions attaquées sont sans incidence sur leur légalité. Le moyen tiré de l'irrégularité de cette notification ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine./L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
10. A B fait valoir qu'elle est entrée sur le territoire français en 2019, accompagnée de ses quatre enfants qui sont scolarisés, qui obtiennent d'excellents résultats, et que son mari, violent, l'a maintenue sous son emprise avant d'être éloigné vers l'Albanie. Toutefois, son entrée en France est récente et elle a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine où elle n'établit pas être dépourvue de toutes attaches personnelles ou familiales. La scolarité des enfants mineurs F A B, lesquels ont vocation à suivre leur mère, ne saurait lui conférer un droit à se maintenir sur le territoire français. Dans ces conditions, eu égard aux conditions et à la durée de son séjour en France, la préfète de la Meuse n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision de refus de titre de séjour a été prise, ni entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.
11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour opposée à A B doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
12. Lorsqu'un étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour, il ne saurait ignorer, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un tel titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. En l'espèce, il n'est ni établi ni allégué que A B aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation dont elle souhaitait se prévaloir avant que ne soit prise à son encontre la décision qu'elle conteste et qui, si elles avaient pu être communiquées en temps utile auraient été de nature à influer sur le sens de la décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 12, la décision de refus de départ volontaire assortit une obligation de quitter le territoire français prise concomitamment à une décision de refus de titre de séjour opposée à la demande de A B par la préfète de la Meuse, A B ayant pu faire valoir tout élément relatif à sa situation à l'appui de sa demande. Le droit d'être entendue n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressée à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations de façon spécifique sur les décisions refusant un délai de départ volontaire prise concomitamment et en conséquence de l'obligation de quitter le territoire français. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du droit de toute personne d'être entendue notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que A B n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement. Alors même qu'elle dispose d'une résidence stable et effective et que son comportement ne présente aucune menace pour l'ordre public, elle entre dans le cas prévu au 5° de l'article L. 612-3 précités, permettant de regarder comme établi, sauf circonstance particulière, le risque qu'elle se soustraie à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français. A B ne justifie pas de circonstance particulière permettant de regarder le risque de fuite comme non établi. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète de la Meuse aurait inexactement appliqué les dispositions précitées des articles L. 612-2 et L.612-3 et commis une erreur d'appréciation quant à l'urgence en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire. La décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux circonstances humanitaires caractérisant sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et de l'obligations de quitter le territoire français soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.
17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 10, la décision fixant le pays de renvoi ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante au regard des buts en vue desquels elle a été prise.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. Si la requérante soutient que sa vie est menacée en cas de retour dans leur pays d'origine, elle n'apporte cependant aucun élément probant à l'appui de ses affirmations de nature à établir qu'elle y encourrait des risques actuels et personnels.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.
Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
22. L'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de A B est assortie d'une décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire. Dans ces conditions la préfète de la Meuse n'a pas entaché sa décision, suffisamment motivée au regard des critères énoncés par l'article L. 612-10 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux circonstances humanitaires propres à la situation de l'intéressée, ni quant à la durée de l'interdiction de retour en la fixant à dix-huit mois.
23. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de A B.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions d'assignation à résidence :
24. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé à l'encontre de la décision d'assignation à résidence doit être écarté.
25. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 12, la décision d'assignation à résidence assortissent une obligation de quitter le territoire français prise concomitamment à une décision de refus de titre de séjour opposée à la demande de A B par la préfète de la Meuse, A B ayant pu faire valoir tout élément relatif à sa situation à l'appui de sa demande. Le droit d'être entendue n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressée à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations de façon spécifique sur la décision portant assignation à résidence, laquelle est prise concomitamment et en conséquence de l'obligation de quitter le territoire français. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du droit de toute personne d'être entendue notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union doit être écarté.
26. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
27. Si A B fait valoir que la décision d'assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir, cette décision a toutefois été prise en vue de l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet. Par suite, les moyens doivent être écartés.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français sans délai, de la décision fixant le pays de renvoi, de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et d'assignation à résidence présentées par A B doivent être rejetées. Il y a également lieu par voie de conséquence de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de A B tendant à l'annulation des refus de titre de séjour sont réservées jusqu'en fin d'instance pour être jugées devant une formation collégiale.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de A B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à A D B, à Me Richard et à la préfète de la Meuse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La magistrate désignée,
L. C
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne à la préfète de la Meuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2300471
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026