mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300485 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL CL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 février, 2 mai et 11 décembre 2023, M. B D et Mme E C, représentés par Me Lefort, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2022 par lequel le maire de la commune de Villers-lès-Nancy a délivré à la société en nom collectif (SNC) IP 1R un permis de construire un ensemble immobilier de vingt-cinq logements sur un terrain situé 13 rue du Chanoine A à Villers-lès-Nancy ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villers-lès-Nancy et de la SNC IP 1R une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors notamment qu'ils justifient d'un intérêt pour agir contre le permis de construire délivré à la SNC IP 1R ;
- il ne ressort pas des termes de l'arrêté que le conservatoire régional de l'archéologie ait été saisi avant la délivrance du permis de construire, en méconnaissance de l'article L. 423-50 du code de l'urbanisme et des prescriptions du rapport de présentation du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions d'accès et voirie ;
- le permis de construire aurait dû prévoir, en application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, des prescriptions spéciales afin d'assurer la sécurité de la construction et des futurs habitants dès lors que le terrain d'assiette du projet présente une forte déclivité et est situé en zone de sismicité et de mouvements de terrain d'aléa moyen, et que le nombre important de places de stationnement pour véhicules et vélos est de nature à engendrer un trafic plus important ;
- le permis de construire a été pris en méconnaissance de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme dès lors que, bien que le projet soit situé au sein d'une zone archéologique, il ne prévoit aucune prescription spéciale en matière d'archéologie et que le projet est de nature à porter atteinte aux vestiges archéologiques ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme et aurait dû comporter des réserves spécifiques en matière d'environnement dès lors que le projet est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement en raison, d'une part, de ce qu'il s'implante sur un terrain d'assiette entièrement arboré inscrit dans une zone entièrement préservée de toute urbanisation, constituant le prolongement du parc de Brabois et a pour conséquence d'artificialiser ce site, et, d'autre part, de ce que le dossier est lacunaire en ce qui concerne l'état environnemental du site, en particulier les caractéristiques de la faune et de la flore à préserver.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2023, la commune de Villers-lès-Nancy, représentée par Me Loctin, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que le tribunal sursoie à statuer et accorde un délai de deux mois pour permettre la régularisation du permis de construire en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
3°) en tout état de cause, à ce que la somme de 2 400 euros soit mise à la charge solidaire de M. D et de Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. D et Mme C ne sont pas fondés, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme étant en outre irrecevable car relevant d'une cause juridique distincte de celles exposées dans la requête introductive d'instance, et soulevé postérieurement à l'écoulement du délai de recours.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 décembre 2023, la SCN IP 1R, représentée par Me Gillig, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. D et de Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas intérêt à agir, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. D et Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,
- les observations de Me Lefort, représentant M. D et Mme C,
- les observations de Me Barbier-Renard, substituant Me Loctin, représentant la commune de Villers-lès-Nancy ;
- et les observations de Me Koromyslov, substituant Me Gillig, représentant la SNC IP 1R.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 décembre 2022, le maire de la commune de Villers-lès-Nancy a accordé à la SNC IP 1R un permis de construire un ensemble immobilier de vingt-cinq logements sur les parcelles cadastrées section AP 192 et AP 246 situées 13, rue du Chanoine A. Par la requête susvisée, M. D et Mme C demandent au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. M. D et Mme C sont propriétaires d'une maison d'habitation située 7 bis rue du Chanoine A à Villers-lès-Nancy à environ 150 mètres du terrain d'assiette du projet sur lequel ils ne contestent pas n'avoir aucune vue. Par ailleurs, la seule existence de vingt-neuf places de stationnement pour les véhicules automobiles et de vingt-cinq places de stationnement pour les vélos prévues sur l'emprise du projet en litige n'est pas de nature à modifier les conditions d'occupation et de jouissance de leur bien par les requérants. Il ne ressort en outre pas des pièces du dossier que les conditions de sortie de leur emplacement de stationnement et la circulation potentielle des véhicules et vélos des habitants des vingt-cinq logements prévus par le projet en litige présenteraient un risque pour la sécurité routière et une augmentation significative de la circulation dans la rue du Chanoine A, en particulier dans sa partie, en sens unique, qui dessert la résidence de M. D et Mme C. Enfin, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les désagréments, nécessairement temporaires, qu'engendreront les travaux de démolition de l'habitation existante sur la parcelle d'assiette et de construction de l'ensemble immobilier projeté porteront atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, alors en outre qu'ainsi qu'il a été dit, leur résidence se situe à une distance d'environ 150 mètres du projet. Par suite, la fin de non-recevoir invoquée par la commune de Villers-lès-Nancy doit être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. D et Mme C tendant à l'annulation de la décision du 12 décembre 2022 du maire de la commune de Villers-lès-Nancy doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villers-lès-Nancy et de la SNC IP 1R, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties tenues aux dépens ou les parties perdantes, la somme demandée par M. D et Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D et de Mme C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Villers-lès-Nancy et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SNC IP 1R présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. D et Mme C est rejetée.
Article 2 : M. D et Mme C verseront à la commune de Villers-lès-Nancy une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Villers-lès-Nancy et les conclusions de la SNC IP 1R présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Mme E C, à la commune de Villers-lès-Nancy et à la société en nom collectif IP 1R.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026