jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | BACH-WASSERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2023, M. C A, représenté par Me Bach-Wassermann, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'arrêté attaqué ;
- la décision portant refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le caractère réel et sérieux de ses études est établi ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A n'a pas été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 13 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durand, rapporteur,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant vietnamien né le 17 février 2000 est entré sur le territoire français, le 9 janvier 2019, muni d'un visa de long séjour, pour y poursuivre ses études. Il a bénéficié de plusieurs titres de séjour portant la mention étudiant dont il a demandé le renouvellement, le 14 septembre 2022. Par l'arrêté en litige du 7 décembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit. Par sa requête, l'intéressé demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté du 7 décembre 2022 a été compétemment pris par M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture de Meurthe-et-Moselle, qui a reçu délégation du préfet par arrêté en date du 8 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de justification de la compétence de l'auteur de l'arrêté attaqué est infondé et ne peut être qu'écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Le renouvellement de cette carte est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir ;
4. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. A en qualité d'étudiant, le préfet s'est fondé sur la circonstance qu'il ne justifiait pas de la réalité et du sérieux de ses études, au regard notamment de son absence de progression dans son cursus, de l'absence de cohérence entre ses diverses formations et de l'absence de projet universitaire déterminé.
5. Il ressort des pièces du dossier que pour l'année universitaire 2018-2019, M. A était régulièrement inscrit au Diplôme d'Études en Langue Française (DELF) niveau A2-01 à l'université de Lorraine au semestre 2, et a obtenu la note 59/100. Pour l'année universitaire 2019- 2020 il s'est inscrit dans la même formation pour le niveau B2, pour les semestres 1 et 2 et a obtenu la note de 14/20. Pour l'année 2020-2021, il s'est à nouveau inscrit au premier semestre de DELF au même niveau B2 et au deuxième semestre de cette même année, il s'est inscrit dans un niveau avancé B2-C1 mais n'a participé qu'aux 21 heures sur les 240 heures prévues. Pour l'année 2021-2022, il s'est inscrit en première année de licence Physique-Chimie, mais n'a pas validé son année d'études en raison de ses défaillances aux examens et de notes insuffisantes. Enfin, pour l'année 2022-2023, M. A s'est réinscrit en DELF à l'université de Lorraine. M. A soutient qu'il a été durement impacté par le décès de sa grand-mère et de son grand-père en août 2022, que son échec en licence de physique-chimie est imputable à ses lacunes en langue française et qu'il a suivi en 2022 une formation spécifique en hygiène alimentaire adaptée à l'activité des établissements de restauration commerciale, afin de se réorienter en brevet de technicien supérieur restauration. Toutefois ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation faite par le préfet quant à la cohérence et au sérieux des études du requérant. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation des dispositions précitées doivent être écartés.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A a épousé au Vietnam, le 25 octobre 2022, une compatriote qui serait régulièrement admise au séjour sur le territoire français. Le 7 novembre 2022, cette dernière a saisi les autorités françaises d'une demande de regroupement familial sur place qui était en cours d'instruction au jour de la décision attaquée. En l'absence de tout élément de nature à justifier de l'antériorité de la vie commune du requérant avec son épouse, par rapport à la date de célébration de leur union, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de l'admettre au séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu les stipulations précitées. Pour les mêmes motifs, il convient également d'écarter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions d'injonction :
9. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. A au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de Meurthe-et-Moselle et à Me Bach-Wassermann.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
D. MartiLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026