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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300506

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300506

mardi 21 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300506
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantCOCHE-MAINENTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 14 février à 15h50 et le 20 février 2023, M. D, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2023 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat a somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la recevabilité de sa requête :

- son recours est recevable même s'il a été enregistré au-delà du délai de 48h ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est entachée d'une erreur de base légale ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- elle entachée d'une erreur d'appréciation au regard de son droit à la libre circulation au sein de l'espace Schengen ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne présente pas un risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est irrégulière illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au principe de libre circulation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti, magistrat désigné,

- les observations de Me Coche-Mainente, avocate commise d'office représentant M. D, qui conclut aux même fins par les mêmes moyens ;

- les observations de M. D ;

- les observations de M. E, représentant le préfet de la Moselle, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, né le 21 janvier 2001 à Cologne en Allemagne et de nationalité serbe serait entré en France, d'après ses déclarations, il y a quinze ans et n'a engagé aucune démarche afin de régulariser sa situation. L'intéressé a fait l'objet de deux précédentes décisions portant obligation de quitter le territoire du 6 mars 2020 et du 28 mai 2021 prononcées par le préfet de la Moselle qu'il n'a pas exécutées. A la suite d'un contrôle routier le 10 février 2023, il a été placé en garde à vue pour refus d'obtempérer, violence sur un agent de la fonction publique et d'autres infractions. Par l'arrêté contesté du 12 février 2023, le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du 13 février 2023, il a été placé au centre de rétention administrative de Metz.

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que cet arrêté comporte l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté a été pris par Mme A, agent du bureau de l'éloignement et de l'asile, qui est habilitée à signer en lieu et place de M. C, directeur-adjoint de l'immigration et de l'intégration par un arrêté du préfet de la Moselle DCL n°2022-A-27 du 21 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées n'auraient pas été notifiées au requérant dans une langue qu'il comprend doit être écarté comme étant inopérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

5. En premier lieu, au terme de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

6. Le requérant, soutient qu'il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il est entré en France régulièrement et qu'il ne constitue pas une menace de trouble à l'ordre public. Toutefois, Il ressort des pièces du dossier que M. D ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois. Les éléments versés au soutien de ses allégations et notamment le contrat de bail révèlent que la date de prise d'effet du contrat est le 1er janvier 2023, et aucun autre élément ne vient contredire cet élément. En outre, et en tout état de cause, M. D a été placé en garde à vue le 10 février 2023 pour des faits de refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, mise en danger de la vie d'autrui, défaut de permis de conduire et sans assurance, conduite sous l'empire d'un état alcoolique. Il reconnait expressément avoir pris la fuite et avoir commis plusieurs infractions au code de la route, à savoir des excès de vitesse, rouler à contresens, et franchir plusieurs signalisations verticales " STOP ". Il ressort des pièces du dossier et notamment des précédentes mesures d'éloignement qu'il a déjà été placé en garde à vue pour défaut de permis de conduire le 28 mai 2019 et pour vol avec effraction et vol par ruse. Compte tenu de la nature et de la gravité de ces faits qui sont récents et alors que l'appréciation de la menace à l'ordre public est indépendante des poursuites pénales effectivement engagées ou de l'existence de condamnations pénales, le comportement de M. D constitue une menace pour l'ordre public au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de base légale doit ainsi être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. D ne réside pas de manière continue en France. Il soutient être arrivé en France depuis quinze ans, sans pouvoir l'établir et ne justifie d'aucune intégration particulière en France. S'il est effectivement marié à une ressortissante serbe en situation irrégulière et père d'un enfant, il n'établit pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine. Ainsi, les membres de sa famille ont vocation à le suivre dans leur pays d'origine. En outre, l'intéressé a déjà fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement prononcée à son encontre le 6 mars 2020 et le 28 mai 2021 par le préfet de la Moselle. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit également être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Il résulte, toutefois, également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

10. En l'espèce, il ressort des termes du procès-verbal de notification de l'arrêté du 12 février 2023, que M. D a pris acte de la notification de l'arrêt du 12 février 2023 comprenant cinq pages portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, il a ensuite été expressément invité à formuler des observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu, qu'il tient de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant le délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".

12. En premier lieu, M. D, qui n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre du refus de départ volontaire.

13. En second lieu, M. D soutient que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas un risque de fuite. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été dit au point 6 que le préfet aurait pris la même décision en se fondant exclusivement sur le 1° de l'article L. 612-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale en raison de l'illégalité de la mesure précédente.

15. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir que les décisions contestées méconnaissent l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'intéressé n'établit pas qu'il encourt des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Serbie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de ces stipulations ne peut qu'être écarté.

16. En troisième lieu, le moyen tiré de l'atteinte portée à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant contre la décision fixant le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire serait illégale en raison de l'illégalité de la mesure précédente.

18. En deuxième lieu, pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans mois à l'encontre de M. D, le préfet de la Moselle a relevé que sa présence représente une menace pour l'ordre public, qu'il est établi qu'il n'est en France que depuis 2020, année où une première mesure d'éloignement a été prise à son encontre et qu'il ne justifie pas de liens intenses et stables en France. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article 20 de la convention d'application de l'accord de Schengen susvisée : " 1. Les étrangers non soumis à l'obligation de visa peuvent circuler librement sur les territoires des Parties contractantes pendant une durée maximale de trois mois (), pour autant qu'ils remplissent les conditions d'entrée visées à l'article 5, paragraphe 1, points a), c), d) et e) () ". Aux termes de l'article 96 de la même convention : " 1. Les données relatives aux étrangers qui sont signalés aux fins de non-admission sont intégrées sur la base d'un signalement national résultant de décisions prises, dans le respect des règles de procédure prévues par la législation nationale, par les autorités administratives ou les juridictions compétentes. 2. Les décisions peuvent être fondées sur la menace pour l'ordre public ou la sécurité et la sûreté nationales que peut constituer la présence d'un étranger sur le territoire national. () 3. Les décisions peuvent être également fondées sur le fait que l'étranger a fait l'objet d'une mesure d'éloignement, de renvoi ou d'expulsion non rapportée ni suspendue comportant ou assortie d'une interdiction d'entrée, ou, le cas échéant, de séjour, fondée sur le non-respect des réglementations nationales relatives à l'entrée ou au séjour des étrangers ".

20. Si l'article 20 de la convention d'application de l'accord de Schengen garantit la libre circulation des étrangers non soumis à l'obligation de visa sur le territoire des parties contractantes, ce principe n'est pas inconditionnel. En particulier, il ne fait pas obstacle à ce qu'un Etat signataire de cette convention prononce, à l'égard d'un étranger qui n'a pas respecté les obligations auxquelles il est soumis pour pouvoir entrer et séjourner pendant une durée maximale de trois mois au sein de l'espace Schengen, une mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour et d'un signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen. En l'espèce, le requérant a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui sanctionne une menace de trouble à l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte disproportionnée au principe de libre circulation dans l'espace Schengen dont se prévaut M. D, nonobstant la circonstance qu'il soit dispensé de visa en application de l'article 1er du règlement (UE) n° 1091/2010. Un tel moyen, tiré de ce que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée au principe de la liberté de circulation, ne peut, dès lors, qu'être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Moselle.

Lu en audience publique le 21 février 2023 à 16h25.

Le magistrat désigné,

D. Marti

La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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