jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300649 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | JEANNOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2023, M. A B, représenté par Me Jeannot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, immédiatement une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ou, à défaut, d'enjoindre à la préfète des Vosges de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, immédiatement une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de retirer son signalement aux fins de non admission dans le système Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Jeannot, avocate de M. B, de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il doit être annulé sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de l'annulation des arrêtés portant refus de titre de séjour des autres membres de la famille ;
- la décision portant refus de séjour est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée de défaut d'examen sérieux de sa situation en ce que la préfète n'a pas examiné ses possibilités d'insertion par le travail ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la préfète a examiné sa demande sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile combiné aux articles L. 421-1 et suivants de ce code ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'il remplissait les conditions de l'article L. 5221-5 du code du travail ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors, d'une part, que la préfète a considéré que l'absence de production d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative était une condition de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, que l'autorisation de travail devait lui être accordée de droit ;
- elle est entachée de méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que la préfète ne pouvait se fonder ni sur le faible montant de ses revenus ni sur la circonstance qu'il a travaillé sans autorisation pour refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit en ce que la préfète ne pouvait retenir la circonstance qu'il ne s'est maintenu sur le territoire qu'en raison de ses demandes d'asile et procédures devant les juridictions administratives ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfète s'est estimée à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de la décision d'éloignement sur sa situation personnelle ;
- la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation compte tenu de la nécessité pour lui de rester sur le territoire jusqu'à la fin de l'année scolaire ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;
- elle est insuffisamment motivée dès lors que la préfète n'explique pas la nécessité de prendre cette mesure et que les quatre critères de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas mentionnés ;
- elle est entachée d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation dès lors que la préfète mentionne que la durée du séjour s'est déroulée de manière irrégulière ou pendant la procédure d'asile et qu'il n'a pas tenu compte de la précédente interdiction de retour sur le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation en ce que la préfète n'a pas tenu compte de la durée de séjour, de ses perspectives d'insertion et de travail, de sa scolarisation, des activités bénévoles, de l'absence de troubles à l'ordre public et de la nature et de l'ancienneté des liens avec la France ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 janvier 2023.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bastian, conseiller,
- les observations de Me Jeannot, avocate de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien né le 31 octobre 2002, est entré en France avec ses parents le 23 octobre 2018, pour y solliciter l'asile. Par un arrêté du 2 mars 2021, le préfet des Vosges a refusé d'admettre le requérant au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par une décision du 24 septembre 2021, le préfet des Vosges a de nouveau refusé de l'admettre au séjour. Enfin, par un arrêté du 19 décembre 2022, dont M. B demande l'annulation, la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les moyens communs aux décisions en litige :
2. En premier lieu, par un arrêté du 24 octobre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Vosges, la préfète des Vosges a donné délégation à M. David Percheron, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département. Par suite, M. C, signataire de l'arrêté contesté, était compétent pour signer les décisions en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
4. Si le requérant soutient que l'arrêté en litige devrait être annulé, sur le fondement des stipulations citées au point précédent, en raison de l'annulation des arrêtés dont sont destinataires les autres membres de la famille, ces arrêtés ne sont en tout état de cause pas entachés d'illégalité. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les moyens propres aux décisions portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, il est suffisamment motivé.
6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de la situation de M. B.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () "
8. La circonstance que la préfète des Vosges a examiné la demande de M. B sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté en litige dès lors, d'une part, qu'il lui est toujours loisible d'examiner d'office une demande de titre de séjour sur un autre fondement que celui sollicité par l'étranger et, d'autre part, que la préfète a également procédé à un examen de sa demande sur le fondement sollicité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 5221-5 du code du travail : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. / L'autorisation de travail est accordée de droit à l'étranger autorisé à séjourner en France pour la conclusion d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation à durée déterminée. Cette autorisation est accordée de droit aux mineurs isolés étrangers pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, sous réserve de la présentation d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation. () "
10. Si M. B soutient qu'une autorisation de travail devait lui être accordée de droit, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète aurait refusé de lui délivrer une telle autorisation, que M. B n'établit au demeurant pas avoir sollicité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté comme inopérant.
11. En cinquième lieu, la circonstance que la préfète des Vosges ait mentionné, dans la décision contestée, que M. B est demeuré sur le territoire français uniquement en raison de demandes d'asile et de titres de séjour, de saisines des juridictions administratives et de sa soustraction à une précédente mesure d'éloignement, n'est par elle-même révélatrice d'aucune erreur de droit ni d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () "
13. M. B ne fait état d'aucun lien personnel et familial en France autre que ses parents et sa sœur, également visés par des mesures d'éloignement. Par suite, la décision en litige n'a méconnu ni les dispositions citées au point précédent ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En septième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () " Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire". Dans cette hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi, de même que tout élément de sa situation personnelle dont il ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour. En revanche, la demande présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas à être instruite selon les règles fixées par le code du travail relativement à la délivrance de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 de ce code.
15. Pour considérer que M. B ne remplissait pas les conditions prévues à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète des Vosges, qui a antérieurement rappelé la durée de son séjour en France, s'est notamment fondée sur le fait que s'il se prévaut d'un contrat d'apprentissage, il ne dispose pas de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 du code du travail. Par suite, M. B est fondé à soutenir que ce motif est entaché d'une erreur de droit.
16. Toutefois, la préfète des Vosges s'est également fondée sur les motifs d'admission dont se prévalait M. B pour refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
17. Si M. B est présent en France depuis quatre ans à la date de la décision attaquée, qu'il a apporté un soutien bénévole actif à l'antenne locale de la Croix Rouge lors de l'accueil de déplacés ukrainiens, ces éléments ne constituent ni des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels permettant l'admission exceptionnelle du requérant au titre de la vie privée et familiale, alors, au demeurant, que ses parents et sa sœur font également l'objet de refus de titre de séjour et de mesures d'éloignement. D'autre part, les circonstances qu'il dispose actuellement d'un contrat d'apprentissage et qu'il produit une promesse d'embauche en date du 7 septembre 2021 ne constituent pas un motif exceptionnel de nature à permettre la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du travail. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
18. En huitième lieu, la préfète pouvait, sans méconnaître le champ d'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prendre en compte les caractéristiques de l'emploi de M. B, telles que ses revenus.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
19. En premier lieu, les moyens dirigés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () "
21. Il ne ressort ni des termes de la décision en litige, ni des autres pièces du dossier, que la préfète se serait estimée à tort en situation de compétence liée pour édicter à l'encontre de M. B une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
22. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 17, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences des décisions sur la situation personnelle de M. B doit être écarté.
Sur la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :
23. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
24. En deuxième lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
25. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier, que la préfète n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. B.
26. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. "
27. Si M. B soutient qu'il aurait dû bénéficier d'un délai de départ volontaire supérieur pour lui permettre de rester sur le territoire jusqu'à la fin de l'année scolaire, il n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné :
28. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
29. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
30. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier, que la préfète n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de l'intéressé.
31. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
32. Si M. B soutient qu'il craint pour sa vie en cas de retour en Arménie en raison des persécutions dont il pourrait être victime de la part des hommes de main de l'ancien employeur de son père, il n'apporte aucune pièce de nature à étayer ses allégations alors, au demeurant, que la demande d'asile de la famille a été rejetée tant par l'OFPRA que par la CNDA. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions citées au point précédent doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
33. En premier lieu, les moyens dirigés contre les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ayant été écartés, M. B ne peut demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'annulation de ces décisions.
34. En deuxième lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, qui mentionne notamment l'absence de menace pour l'ordre public, la durée de séjour en France, la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et de ses liens personnels et familiaux en France, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
35. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 et alors qu'il est constant que la précédente mesure d'éloignement n'a pas été exécutée, le moyen tiré de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
36. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est présent en France depuis quatre ans à la date de la décision attaquée, qu'il ne dispose pas d'autres attaches sur le territoire national que ses parents et sa sœur, également en situation irrégulière, et qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, non exécutée. Par suite, nonobstant la circonstance que sa présence sur le territoire français ne représente pas de menace pour l'ordre public, la préfète n'a pas inexactement appliqué les dispositions citées au point 35 en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
37. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, la décision en litige n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
38. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction, celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et tendant à la mise à la charge de l'Etat des entiers dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Jeannot et à la préfète des Vosges.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Di Candia, président,
- Mme Cabecas, première conseillère,
- M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
P. Bastian
Le président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026