lundi 26 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300671 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 28 février 2023, 17 janvier et 29 avril 2025, Mme D B et M. A C demandent au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 10 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle a rejeté le recours qu'ils ont formé contre un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 2 553 euros au titre de la période allant du 1er janvier 2021 au 31 mars 2022 ;
2°) à titre subsidiaire, de réformer la décision du 10décembre 2022, en diminuant le montant de l'indu mis à leur charge ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle de réexaminer leur situation en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits dès lors qu'elle a retenu à tort que Mme B percevait des pensions alimentaires de sa mère ;
- aux termes du mémoire en défense produit par la CAF, l'indu litigieux a été diminué de près de 1 000 euros, la CAF semblant ainsi reconnaître une erreur dans les calculs de l'indu.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 janvier et 25 avril 2025, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sousa Pereira, rapporteure,
- et les observations de M. C qui reprend ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié de l'aide à l'allocation familiale. A la suite d'un contrôle de sa situation ayant révélé qu'elle n'avait pas déclaré les pensions alimentaires versées par ses parents, la régularisation de son dossier a généré un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 2 518 euros au titre de la période allant du 1er janvier 2021 au 31 mars 2022, qui lui a été notifié par une décision de la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle du 22 avril 2022. Le 25 octobre 2022, Mme B et M. C ont contesté cet indu et la CAF de Meurthe-et-Moselle a rejeté leur réclamation, laissant à la charge de Mme B un indu de 2 553 euros. Par la présente requête, Mme B demande, à titre principal, à ce que cette décision soit annulée et, à titre subsidiaire, à ce qu'elle soit réformée en diminuant le montant de l'indu.
Sur l'étendue du litige :
2. Si les requérants se prévalent de ce que la CAF de Meurthe-et-Moselle a conclu, dans son mémoire en défense du 7 janvier 2025, à ce que les intéressés remboursent l'indu de " 1 637,78 euros " mis à leur charge, s'interrogeant ainsi sur une possible diminution de l'indu en litige, il résulte de l'instruction, et notamment du second mémoire produit par la CAF le 25 avril 2025, que ce montant de 1 637,78 euros constitue une simple erreur de plume, et que la somme restant à la charge des requérants s'élève à 2 518 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnelle au logement et de prime d'activité que l'administration estime avoir été indûment versés, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 3° () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année ou de l'aide exceptionnelle de solidarité est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de sa prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
6. Il résulte de l'instruction que la décision litigieuse du 10 décembre 2022, mettant à la charge de Mme B un indu d'allocation de logement sociale, rappelle les dispositions applicables du code de la construction et de l'habitation, précise la nature de l'indu, le montant à la charge de l'intéressée, la période au titre de laquelle il porte ainsi que le motif sur lequel il se fonde. Ainsi, et nonobstant l'absence de définition de la pension alimentaire dans la décision litigieuse, celle-ci comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit ainsi être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 823-1 du code la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : ()2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; () " Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer () ". Aux termes de l'article R. 822-3 de ce code : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : () / 2° Pour les pensions alimentaires versées ou perçues, les frais de tutelle, les frais professionnels exposés, lorsque ceux-ci excèdent la déduction forfaitaire mentionnée au 3° de l'article 83 du code général des impôts , et pour l'assujettissement à l'impôt sur la fortune immobilière mentionné à l'article 964 du même code, sur une période de référence correspondant à l'année civile qui précède la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement () ". Aux termes de l'article R. 822-4 du même code : " I.-Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale/ () II.-Sont déduits du décompte des ressources : /1° Les créances alimentaires mentionnées au 2° du II de l'article 156 du code général des impôts et majorées dans les conditions prévues au 7 de l'article 158 du même code () ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur ".
8. Il résulte des dispositions précitées que pour le calcul des aides personnelles au logement, les sommes assimilables à des créances alimentaires au sens de l'article 156 du code général des impôts ne sont pas prises en compte dans les ressources. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête établi le 7 avril 2022, par un contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle que Mme B a perçu des créances alimentaires, non déclarées, de ses parents, qui s'élèvent à une somme de 5 670 euros au titre de l'année 2019, une somme de 9 433 euros au titre de l'année 2020 et une somme de 10 360 euros au titre de l'année 2021. Toutefois, en se bornant à contester que ces sommes ne pouvaient pas être qualifiées par la CAF de Meurthe-et-Moselle de pensions alimentaires, sans remettre en cause leur prise en compte dans le montant des ressources, les requérants ne contestent pas utilement le bien-fondé de l'indu en litige.
9. Il résulte de ce qui précède que les requérants, par les seuls moyens qu'ils invoquent, ne sont pas fondés à demander au tribunal d'annuler l'indu litigieux mis à leur charge.
Sur la demande de réformation de la décision du 10 décembre 2022 :
10. Si les requérantes demandent, à titre subsidiaire, à ce que la décision du 10 décembre 2022 soit réformée, dans le sens d'une diminution de l'indu mis à sa charge, elle n'apporte aucune précision quant à cette demande en réformation. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonctions :
11. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par les requérants tendant à enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle de réexaminer leur situation doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants une somme que ces derniers réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête des requérants doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à M. A C et à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2025.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la ministre déléguée auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300671
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026