jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GAUDRON |
Vu la procédure suivante :
I- Par une ordonnance du 8 mars 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal administratif de Nancy, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A C.
Par une requête enregistrée le 4 mars 2023 à 20 heures 27 au greffe du tribunal administratif de Strasbourg et transmise au greffe du tribunal administratif de Nancy, pour y être enregistrée sous le n°2300734, M. A C, représenté par Me Gaudron, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a décidé de son transfert aux autorités suisses responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2023 par lequel la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, l'a assigné à résidence ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et un formulaire de demande d'asile, dans un délai de 8 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant transfert aux autorités suisses :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée, faute de préciser le fondement sur lequel la Suisse a accepté sa reprise en charge ;
- la décision a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 4 du règlement UE n°603/2013 ;
- la décision a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 5 du règlement UE n°603/2013 ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 17 du règlement UE n°603/2013 dès lors que la décision aura pour effet de d'interrompre le traitement médical de son fils ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- il n'a pas reçu l'information prévue par l'article L. 561-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant transfert aux autorités suisses ;
- la décision méconnaît son droit à la liberté d'aller et de venir ;
- la décision est disproportionnée quant à sa durée, quant aux obligations de pointage et en tant qu'elle s'applique également à son enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2023, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II- Par une ordonnance du 8 mars 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal administratif de Nancy, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme E C.
Par une requête enregistrée le 4 mars 2023 à 20 heures 21 au greffe du tribunal administratif de Strasbourg et transmise au greffe du tribunal administratif de Nancy, pour y être enregistrée sous le n°2300735, Mme E C, représentée par Me Gaudron, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2023 par lequel la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a décidé de son transfert aux autorités suisses responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2023 par lequel la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, l'a assignée à résidence ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et un formulaire de demande d'asile, dans un délai de 8 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant transfert aux autorités suisses :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée, faute de préciser le fondement sur lequel la Suisse a accepté sa reprise en charge ;
- la décision a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 4 du règlement UE n°603/2013 ;
- la décision a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 5 du règlement UE n°603/2013 ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 17 du règlement UE n°603/2013 dès lors que la décision aura pour effet d'interrompre le traitement médical de son fils ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- il n'a pas reçu l'information prévue par l'article L. 561-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant transfert aux autorités suisses ;
- la décision méconnaît son droit à la liberté d'aller et de venir ;
- la décision est disproportionnée quant à sa durée, quant aux obligations de pointage et en tant qu'elle s'applique également à son enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2023, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits d'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Durand, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durand, magistrat désigné,
- les observations de Me Reich, avocat commis d'office substituant Me Gaudron, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient que la préfète aurait dû faire usage de la clause discrétionnaire dès lors que leur fils connaît des problèmes de santé et qu'un transfert en Suisse portera atteinte à sa prise en charge médicale ;
- et les observations de M. et Mme C, assistés par un interprète en langue albanaise.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, ressortissants kosovares nés le 1er février 1981 et le 18 août 1993, se sont présentés le 22 novembre 2022, accompagnés de leurs deux enfants, au guichet unique d'accueil des demandeurs d'asile du Bas-Rhin, pour y déposer une demande d'asile. La consultation du fichier VIS a fait apparaître qu'ils étaient en possession de visas délivré par les autorités suisses en cours de validité. Saisies le 2 décembre 2022 d'une demande de prise en charge, ces dernières ont donné leur accord, le 12 décembre 2022, sur le fondement de l'article 12-2 du règlement (UE) n° 604/2013 susvisé. Le 8 février 2023, la préfète du Bas-Rhin a pris à leur encontre des arrêtés de transfert aux autorités suisses, responsables de l'examen de leurs demandes d'asile et les a assignés à résidence dans le département des Vosges pour une durée de quarante-cinq jours. Par leurs requêtes qu'il convient de joindre, M et Mme C demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. et Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant transfert aux autorités suisses :
4. En premier lieu, Mme B D, cheffe du pôle régional Dublin, a reçu délégation l'autorisant à signer les arrêtés en litige par arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 4 octobre 2022 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 octobre suivant. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, les arrêtés en litige, qui indiquent notamment que les demandes de reprises en charges ont été faites sur le fondement de l'article 12-2 du règlement UE n°604/2013 et précisent que les autorités helvétiques ont explicitement accepté de reprendre en charge M. et Mme C, le 12 décembre 2022, comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment: a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée; b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères; c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. ".
7. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
8. Il ressort des pièces des dossiers, et en particulier de leurs signatures apposées sur la première page des documents produits par la préfète, que M. et Mme C se sont vu remettre le 22 novembre 2022, le guide du demandeur d'asile ainsi que deux brochures intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' ", et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", documents rédigés en langue albanaise qu'ils ont déclaré comprendre. Ces documents contiennent l'intégralité des informations prévues par les dispositions précitées de l'article 4 du règlement n° 604/2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. ".
10. Il ressort des pièces des dossiers, notamment des compte-rendu d'entretien produits en défense par la préfète, que M. et Mme C ont bénéficié chacun, le 22 novembre 2022, d'un entretien individuel et confidentiel, mené par un agent qualifié de la préfecture, comme le prévoit l'article 5 du règlement n°604/2013 précité. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme manquant en fait.
11. En dernier lieu, s'il ressort des pièces des dossiers et notamment des différents certificats médicaux des 29 décembre 2022 et 5 mars 2023 que le fils des requérants a été pris en charge pour une pancréatite, le 29 décembre 2022 et que son état nécessite un contrôle clinique et échographique tous les six mois par un gastro-entérologue, les requérants n'établissent pas que son de santé s'opposerait à ce qu'il effectue un voyage vers la Suisse et qu'il ne pourra bénéficier des soins adaptés dans ce pays. Ainsi, au vu de la situation personnelle des requérants, la préfète du Bas-Rhin, en n'usant pas de la faculté que lui reconnaissent les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil 26 juin 2013 et qui ne constitue en rien un droit pour les demandeurs d'asile, n'a ni commis d'erreur manifeste d'appréciation, ni méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme qui prohibent les traitements inhumains ou dégradants.
En ce qui concerne les décisions portant assignation à résidence :
12. Aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. / () En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. / () ".
13. Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée ". Aux termes de l'article L. 733-1 de ce code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative en vertu de l'article L. 733-1 précité, doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.
14. Il ressort des pièces des dossiers que l'un des fils des requérants est atteint de troubles hépatiques pour lesquels il est pris en charge au sein du pôle médico-chirurgicale pédiatrique du centre hospitalier de Hautepierre à Strasbourg (Bas-Rhin) et qu'une consultation est planifiée au sein de ce service le 28 mars 2023. L'arrêté en litige, qui assigne les intéressés à résidence dans le seul département des Vosges, à l'exclusion de celui du Bas-Rhin fait obstacle au bon déroulé de ce suivi médical dont la nécessité n'est pas sérieusement contestée en défense par la préfète. Par suite, les intéressés sont fondés à soutenir que les décisions en litige sont disproportionnées par rapport aux finalités qu'elles poursuivent.
15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, que M. et Mme C sont seulement fondés à demander l'annulation des arrêtés du 8 février 2023 les assignant à résidence dans le département des Vosges pendant quarante-cinq jours.
Sur les frais des instances :
16. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie principalement perdante dans les présentes instances, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : M. et Mme C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les arrêtés du 8 février 2023 portant assignation à résidence sont annulées.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, Mme E C, à Me Gaudron et à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
Le magistrat désigné
F. Durand
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2300734, 2300735
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026