vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 et 30 mars 2023, Mme A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) de lui communiquer un certificat administratif permettant d'attester de la durée de sa présence ou à défaut de la présence de ses parents, dans les camps du Larzac et de Rivesaltes à partir de l'année 1962, et une copie des registres des arrivées dans le camp du Larzac, ou tout document prouvant son passage dans le camp du Larzac ; à défaut, le certificat administratif de ses parents attestant de leur présence dans les deux camps (Larzac et Rivesaltes).
Elle soutient que :
sur l'urgence :
- seul ce certificat permettra d'attester le nombre de jours de sa présence dans les camps. Ce document est nécessaire pour lui permettre de déposer une requête devant le tribunal administratif, afin de contester la décision de la commission du 10 février 2023, en tant qu'elle ne lui a accordé que la somme de 3 000 euros. Ce recours lui ouvert jusqu'à l'expiration d'un délai de 2 mois suivant la notification de la décision soit jusqu'au 11 avril 2023. La condition d'urgence est donc établie ;
sur la nécessité de la mesure :
- la Commission a arrêté le nombre de jours de sa présence dans les camps à 126 jours. Cette durée n'est justifiée par aucun document administratif. Elle est en contradiction avec la durée retenue pour l'ensemble de ses frères et sœurs. Elle fournit pour preuve le certificat administratif de son frère Rabah, dans lequel la durée retenue est de 256 jours. Il a eu droit à une indemnisation s'élevant à 4000 euros, mais elle ne peut pas fournir la décision de la commission le concernant.
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2023, l'ONACVG conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la mesure sollicitée n'est pas nécessaire ;
- la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu : le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. Mme B qui entend contester la décision de la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation du 10 février 2023, demande qu'il soit enjoint à l'ONACVG de lui communiquer un certificat administratif permettant d'attester de la durée de sa présence ou à défaut de la présence de ses parents, dans les camps du Larzac et de Rivesaltes à partir de l'année 1962. Toutefois, un tel certificat ne lui est pas nécessaire pour contester utilement la décision de ladite commission dans les délais impartis, que ce soit par la voie gracieuse ou par la voie contentieuse, ce qu'elle a d'ailleurs effectué. En outre, sa demande vise directement à faire obstacle à l'exécution de la décision qui vient de lui être opposée. Sa requête formée sur le fondement de l'article L. 521-3 précité ne peut, en conséquence, qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre.
Fait à Nancy le 14 avril 2023.
Le juge des référés,
D. Marti
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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