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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300833

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300833

lundi 27 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300833
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantBOULANGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 mars 2023 à 16 heures 38, M. B A, représenté par Me Boulanger, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 17 mars 2023 par lequel la préfète des Vosges lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;

3°) d'annuler l'arrêté en date du 17 mars 2023 par lequel la préfète des Vosges l'a assigné à résidence ;

4°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et d'examiner sa situation au regard de son droit au séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

5°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui restituer sans délai son passeport ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il sollicite dans le cadre de la présente instance la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des 2°, 4° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'illégalité de cette décision entache même la légalité de la mesure d'éloignement qui doit être annulée par voie de conséquence ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la préfète des Vosges n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation sur ce point ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires ;

- elle a des conséquences disproportionnées sur sa situation ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle n'est pas justifiée et est totalement disproportionnée ;

- en outre il a été assigné à résidence à une adresse erronée.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Boulanger, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais né le 22 octobre 2004 à Shkoder, est entré en France le 26 juin 2019 accompagné de ses parents et de sa sœur. Par décision du 4 février 2020, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande de ses parents tendant à la reconnaissance du statut de réfugié. Par arrêtés du 17 mars 2023, dont M. A demande l'annulation, la préfète des Vosges lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois et l'a assigné à résidence dans le département des Vosges.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, célibataire et sans enfant à charge, réside en France avec son père et sa mère, dont il n'est pas contesté qu'ils sont tous deux en situation irrégulière. Si le requérant soutient qu'il réside sur le territoire français depuis 2019, qu'il y est parfaitement intégré et qu'il suit une formation professionnelle, il n'établit pas avoir noué en France des liens personnels d'une particulière intensité, ni être dépourvu de toutes attaches familiales dans son pays d'origine, alors au surplus qu'aucune circonstance ne fait obstacle à ce que ses parents l'accompagnent en Albanie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, la préfète des Vosges aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des objectifs de la mesure. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la préfète des Vosges aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de M. A.

7. En dernier lieu, si M. A soutient qu'il entend solliciter la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ", cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision d'éloignement litigieuse.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A, s'il est entré en France alors qu'il était mineur, n'a pas sollicité depuis qu'il est majeur la délivrance d'un titre de séjour et entre ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées du 2° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé, invité à présenter ses observations sur la mesure d'éloignement envisagée, a déclaré qu'il voulait rester en France et qu'il n'était pas d'accord pour retourner en Albanie. Enfin, ainsi que la préfète des Vosges le fait valoir en défense, M. A a indiqué lors de son audition qu'il n'avait plus de passeport et ne disposait que d'une photocopie de ce dernier. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète des Vosges a méconnu les dispositions précitées des 2°, 4° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement et en refusant, pour ce motif, de lui accorder un délai de départ volontaire.

10. En second lieu, si M. A soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, ce moyen ne peut, dès lors que le requérant n'établit pas l'illégalité de cette dernière décision, et en tout état de cause, qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi, n'est pas fondée et doit être rejetée.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

13. Si M. A soutient qu'il risque d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, les éléments qu'il produit au soutien de cette allégation, qui sont relatifs à la situation de ses parents, sont insuffisants pour établir la réalité du risque allégué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.

14. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Vosges n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A préalablement à l'édiction de la décision fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :

15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. /() ".

16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, n'est pas fondée et doit être rejetée.

17. En deuxième lieu, si M. A soutient qu'il est arrivé en France alors qu'il était mineur et qu'il a su s'y intégrer, notamment en suivant une formation, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Vosges aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'intéressé ne justifiait pas de circonstances humanitaires.

18. En dernier lieu, eu égard à la durée du séjour en France de M. A et à la circonstance que ses père et mère y résident en situation irrégulière, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Vosges aurait, en prenant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

19. Aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code :" L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ". Il revient au juge administratif de s'assurer que les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative sur le fondement de ces dispositions, sont adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent.

20. En premier lieu, par un arrêté du 17 février 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département, la préfète des Vosges a donné délégation de signature à M. David Percheron, secrétaire général de la préfecture, aux fins de signer " tous les arrêtés, décisions, () relevant des attributions de l'Etat dans le département (), y compris en matière de police des étrangers () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.

21. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant assignation à résidence, n'est pas fondée et doit être rejetée.

22. En troisième lieu, si M. A soutient que l'arrêté attaqué mentionne une adresse erronée, cette erreur de fait est sans incidence sur sa légalité, dès lors que cette indication a seulement pour objet, en l'espèce, de motiver le choix du département sur le territoire exclusif duquel il est autorisé à circuler, qui est le département des Vosges, dans lequel il est constant qu'il réside.

23. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard aux éléments produits par le requérant, qu'il serait, compte tenu de ses obligations scolaires ou professionnelles, dans l'impossibilité de se présenter au commissariat de police d'Epinal aux jours et plages horaires impartis par l'arrêté de la préfète des Vosges. M. A n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la mesure d'assignation à résidence serait disproportionnée au regard de sa finalité ou qu'elle porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

26. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète des Vosges et à Me Boulanger.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.

Le magistrat désigné,

B. C

La greffière,

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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