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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300904

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300904

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300904
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantCHAMPY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 mars 2023 à 17 heures 24, M. D C, représenté par Me Champy, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 3 mars 2023 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'annuler l'arrêté en date du 3 mars 2023 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois, lui a fait interdiction de sortir de ce département sans autorisation, et l'a astreint à se présenter les mardis et jeudis, hors jours fériés, entre 9 heures 00 et 11 heures 00, à l'hôtel de police situé 38 boulevard Lobau à Nancy ;

4°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin de l'autoriser à déposer une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités polonaises :

- l'arrêté attaqué est entachée d'incompétence ;

- il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations, d'avertir un conseil ou la personne de son choix avant l'édiction de la décision litigieuse en méconnaissance des dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'a pas été rendu destinataire de l'information prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- son droit d'être entendu, garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, a été méconnu ;

- la préfète ne justifie pas de la responsabilité de la Pologne pour l'examen de sa demande d'asile ;

- la décision n'est pas suffisamment motivée en fait et en droit ;

- la préfète de justifie pas avoir respecté la procédure de reprise en charge ;

- la décision contestée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- elle porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de solliciter le statut de réfugié.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence ;

- il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations avant l'édiction de la décision attaquée ;

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- il doit être annulé par exception d'illégalité ;

- la préfète n'a pas procédé à un examen personnel de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gottlieb, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gottlieb, magistrat désigné,

- les observations de Me Champy, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant arménien né le 5 mars 1983, a déclaré être entré en France le 11 janvier 2023 pour y solliciter l'asile et s'est présenté au guichet unique des demandeurs d'asile de la Moselle le 30 janvier 2023. La consultation du fichier VIS a révélé que M. C était en possession d'un visa délivré par les autorités polonaises périmé depuis moins de six mois au moment du dépôt de sa demande d'asile. Les autorités polonaises ont été saisies le 31 janvier 2023 d'une demande de prise en charge sur le fondement de l'article 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et on fait connaître leur accord le 13 février 2023. Par un arrêté du 3 mars 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné le transfert de C aux autorités polonaises responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un arrêté du même jour, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin a assigné M. C à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par la requête susvisée, M. C demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur la demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la compétence du signataire des arrêtés attaqués :

4. Mme A B, cheffe du pôle régional Dublin, a reçu délégation l'autorisant à signer les arrêtés de transfert et d'assignation à résidence en litige par arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 4 octobre 2022 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 octobre suivant. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés en litige doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté de transfert :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. 1.L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'État. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet d'une décision de transfert aux autorités polonaises prise en application des dispositions de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non d'une décision de remise à ces mêmes autorités sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 621-1 du même code. Par suite, le moyen tiré de ce que le requérant n'aurait pas été mis en mesure de présenter ses observations, d'avertir un conseil ou la personne de son choix avant l'édiction de la décision litigieuse en méconnaissance des dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 "1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : /a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; /b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ;/ d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; /e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; /f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel./ 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C a attesté par sa signature s'être vu remettre, le 30 janvier 2023, les brochures, intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", en langue arménienne qu'il a déclaré comprendre. Ces documents constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 précité de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 et ont ainsi permis au requérant de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 ne peut qu'être écarté.

9. En troisième lieu, le requérant soutient que l'arrêté attaqué porte atteinte à son droit d'être entendu, garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Toutefois, il a été mis à même, au cours de l'entretien individuel avec les services de la préfecture en date du 30 janvier 2023, de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle et familiale dont il souhaitait se prévaloir. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

10. En quatrième lieu, l'arrêté contesté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision de transfert. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 12-4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " () 4. Si le demandeur est seulement titulaire d'un ou de plusieurs titres de séjour périmés depuis moins de deux ans ou d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres () ".

12. Il ressort des pièces du dossier et en particulier du relevé du système Visabio produit en défense que M. C était en possession d'un visa délivré par les autorités polonaises et valable jusqu'au 21 janvier 2023. Ce visa étant périmé depuis moins de six mois au moment du dépôt en France de sa demande d'asile, le 30 janvier 2023, le requérant entrait dans les prévisions du point 4 de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 permettant de considérer la Pologne comme étant l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Il ressort en outre des pièces du dossier que les autorités polonaises ont accepté de prendre en charge M. C sur le fondement de ces dispositions. Par suite, la préfète du Bas-Rhin a pu légalement se fonder sur les dispositions du point 4 de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 pour ordonner le transfert du requérant aux autorités polonaises.

13. En sixième lieu, la préfète du Bas-Rhin justifie de l'obtention de l'accord des autorités polonaises en date du 13 février 2023. Par suite, le moyen tiré du non-respect de la procédure de prise en charge doit être écarté.

14. En dernier lieu,ux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque qu'un Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

16. D'une part, si M. C fait valoir qu'il a de graves problèmes de santé nécessitant une prise en charge médicale, il n'apporte aucun élément de nature à établir que les autorités polonaises seraient dans l'incapacité de lui apporter un suivi médical adapté à son état de santé. D'autre part, si le requérant soutient qu'en cas de transfert en Pologne, il risque d'être envoyé en Arménie où il craint pour sa sécurité et sa vie, il ne ressort pas des pièces du dossier que son transfert vers ce pays impliquerait nécessairement son renvoi en Arménie, ni que les autorités polonaises, dans l'hypothèse où elles refuseraient de faire droit à sa demande d'asile, n'évalueront pas, avant de procéder à un éventuel éloignement, les risques auxquels il serait exposé en cas de retour en Arménie. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du droit du requérant de solliciter le statut de réfugié ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté portant assignation à résidence :

17. En premier lieu, M. C n'établit pas l'illégalité de l'arrêté par lequel la préfète du Grand-Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités polonaises. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

18. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

19. En troisième lieu, M. C, qui a fait l'objet d'un entretien individuel dans le cadre de l'enregistrement de sa demande d'asile et a ainsi été mis à même de porter à la connaissance de l'administration les éléments relatifs à sa situation dont il souhaitait se prévaloir, ne précise pas la nature des informations tenant à sa situation personnelle ou familiale qu'il aurait été empêchée de porter à la connaissance de la préfète avant que ne soit prise la décision d'assignation à résidence contestée, et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du contradictoire doit être écarté.

20. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté contesté, que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation personnelle du requérant avant d'édicter la décision litigieuse.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

22. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

23. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin et à Me Champy.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

Le magistrat désigné,

R. Gottlieb

La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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