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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300960

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300960

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300960
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique (Chambre 3)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2023 et des mémoires complémentaires enregistrés les 14 mai et 5 juin 2024, Mme B A conteste les décisions du 16 mars 2023 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui accorder la remise de ses dettes d'un montant total de 2 971,53 euros correspondant à des indus de prime d'activité au titre des périodes allant du 1er octobre 2018 au 30 juin 2019 et du 1er octobre 2019 au 31 mars 2020.

Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser ses dettes.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a bénéficié de la prime d'activité. Par deux décisions du 1er juillet 2020 et du 28 mai 2021, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle a notifié à l'intéressée deux indus de prime d'activité de montants respectifs de 1 655,07 euros au titre de la période allant du 1er octobre 2018 au 30 juin 2019 et de 1 316,46 euros au titre de la période allant du 1er octobre 2019 au 31 mars 2020. Par un courrier du 10 août 2022, Mme A a sollicité la remise de ses dettes, qui lui a été refusée par deux décisions de la CAF de Meurthe-et-Moselle du 16 mars 2023. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler ces deux décisions et, d'autre part, de lui accorder la remise de ses dettes.

2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 845-3 de ce code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Mme A, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge. Elle précise qu'elle perçoit un salaire de 1 700 euros par mois, que son mari perçoit une pension d'invalidité d'un montant de 800 euros par mois, tandis qu'elle doit s'acquitter mensuellement de charges fixes de plus de 1 300 euros, comprenant des frais de loyer, d'énergie, d'assurances, de remboursement d'un prêt, et que son fils étudiant est toujours à sa charge. Toutefois, si Mme A justifie de ses frais d'énergies et d'assurance habitation et de voiture pour un montant total d'environ 500 euros par mois, il ne résulte pas de ces éléments qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser les indus de prime d'activité mis à sa charge. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle devrait se voir accorder une remise partielle ou totale de ce ces indus.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.

La magistrate déléguée,

C. Sousa Pereira

Le greffier,

P. Lepage

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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