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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2301128

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2301128

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2301128
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 3

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 avril 2023 et 9 juillet 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 19 janvier 2023 par laquelle le ministre des armées a décidé de ne pas homologuer en blessures de guerre les évènements traumatiques dont a été l'objet M. A.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il a été témoin d'évènements traumatiques lors de l'opération " Libage Métope " en Turquie et en Irak entre le 12 mai 1991 et le 1er juillet 1991 puis à Sarajevo entre le 22 juillet 1992 et le 21 janvier 1993, à l'origine du déclenchement d'un état de stress post-traumatique ;

- après expertise psychiatrique, une pension militaire d'invalidité définitive au taux de 30% lui a été délivrée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête de M. A est irrecevable, en l'absence de recours administratif préalable obligatoire et en l'absence de conclusions et de moyens ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la défense ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bastian, conseiller,

- les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique,

- et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, sergent-chef de l'armée de terre jusqu'à sa radiation des contrôles de l'armée active le 22 janvier 2002, a sollicité le 15 septembre 2021 l'homologation d'un état de stress post-traumatique survenu au cours de missions de guerre en 1991 en Turquie et en Irak puis en 1992 et 1993 en ex-Yougoslavie. Par une décision du 19 janvier 2023, le ministre des armées a refusé d'homologuer cette blessure de guerre. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article R. 4125-1 du code de la défense : " I. - Tout recours contentieux formé par un militaire à l'encontre d'actes relatifs à sa situation personnelle est précédé d'un recours administratif préalable, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. / Ce recours administratif préalable est examiné par la commission des recours des militaires, placée auprès du ministre de la défense. / La saisine de la commission est seule de nature à conserver le délai de recours contentieux jusqu'à l'intervention de la décision prévue à l'article R. 4125-10. () ". Aux termes de l'article R. 4125-2 de ce code : " A compter de la notification ou de la publication de l'acte contesté, ou de l'intervention d'une décision implicite de rejet d'une demande, le militaire dispose d'un délai de deux mois pour saisir la commission () / La saisine de la commission est accompagnée d'une copie de l'acte contesté () / Si la copie de l'acte ou, dans le cas d'une décision implicite de rejet, la copie de la demande ne sont pas jointes à l'envoi, le secrétariat permanent de la commission met l'intéressé en demeure de la produire dans un délai de deux semaines ; en l'absence de production dans ce délai, l'intéressé est réputé avoir renoncé à son recours. Le président de la commission en dresse le constat et en informe l'intéressé. "

3. Le président de la commission de recours des militaires tient des dispositions précitées de l'article R. 4125-2 du code de la défense le pouvoir de rejeter le recours des militaires qui, ayant omis de produire une copie de l'acte contesté et s'étant abstenus, malgré une mise en demeure en ce sens, de régulariser leur recours dans un délai de deux semaines sont, dès lors, réputés avoir renoncé à celui-ci. Il incombe au juge, s'il est saisi par le militaire d'un recours qui n'a ainsi été valablement précédé d'aucun recours administratif préalable, de le rejeter comme irrecevable, alors même que l'administration présenterait devant lui des observations au fond.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a formé le 29 mars 2023 un recours devant la commission de recours des militaires contre la décision du ministre des armées du 19 janvier 2023, n'a pas joint à son recours la copie de la décision attaquée. Par un courrier du 14 avril 2023, dont M. A a accusé réception le 24 avril 2023, le président de la commission a demandé à M. A de produire la décision contestée. L'intéressé ne l'ayant pas produite dans le délai de deux semaines prévu par les dispositions de l'article R. 4125-2 du code de la défense et rappelé dans la lettre du 14 avril 2023, M. A est réputé avoir renoncé à son recours. Par suite, le ministre des armées est fondé à soutenir que la requête de M. A est irrecevable faute pour lui d'avoir exercé un recours administratif préalable obligatoire.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée comme irrecevable.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées et des anciens combattants.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Samson-Dye, présidente,

- M. Bastian, conseiller,

- Mme Philis, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le rapporteur,

P. Bastian

La présidente,

A. Samson-Dye

Le greffier,

P. Lepage

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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