LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2301158

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2301158

vendredi 21 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2301158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantPERVEYRIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 17 et le 20 avril 2023, M. G A B, représenté par Me Perveyrie, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2023, notifié le même jour à 12h30, par lequel le préfet des Vosges l'a assigné à résidence à Mirecourt et l'a obligé à se présenter aux services de gendarmerie les lundis, mercredis et vendredis ;

3°) d'annuler l'arrêté en date du 10 septembre 2022, notifié le même jour à 17h10, par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et lui a interdit le retour pendant une durée d'un an ;

4°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un titre de séjour, ou de réexaminer sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 15 jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard;

5°) mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- L'assignation à résidence a été prise par une autorité incompétente, est entachée d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation, d'une erreur de fait puisqu'il travaille à Tours, et d'une erreur manifeste d'appréciation au vu de son séjour en France, de son intégration par le travail et de ses liens personnels et familiaux. Elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale. Elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale pour incompétence de son auteur ;

- L'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 19 et le 20 avril 2023, le préfet des Vosges conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.

Par un courrier en date du 18 avril 2023, les parties ont été informées, conformément à l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté du 10 septembre 2022 pris par le préfet du Bas-Rhin et de l'irrecevabilité du moyen tiré de l'exception d'inégalité de cet arrêté.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Milin-Rance, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le rapport de Mme F a été entendu au cours de l'audience publique. Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience, n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, de nationalité tunisienne, a déclaré être entré en France le 3 août 2021. Le 10 septembre 2022, il a été placé en retenue pour vérification de son droit au séjour par les services de police du Bas-Rhin. Par un arrêté du même jour, la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et lui a interdit le retour pendant une durée d'un an. Le 14 avril 2023, il a été de nouveau placé en retenue administrative par les services de police de Tours. Par un arrêté en date du 15 avril 2023, la préfète des Vosges l'a assigné à résidence à Mirecourt. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2022 pris par la préfète du Bas-Rhin et de l'arrêté du 15 avril 2023 pris par la préfète des Vosges.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. M. A B ne justifie pas avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle, que ce soit au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judicaire de Tours ou auprès du bureau près le tribunal administratif de Nancy, compétent en l'espèce. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'accueillir sa demande tendant à être admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 10 septembre 2022 :

4. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des demandeurs d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "

5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 10 septembre 2022 par lequel la préfète du Bas-Rhin a obligé M. A B à quitter le territoire français lui a été notifié par la voie administrative le même jour à 17h10. Cet arrêté, qui comportait les voies et délais de recours adaptées, étant devenu définitif, le requérant n'est pas recevable à en contester la légalité, ni par voie d'action ni par voie d'exception. Par suite, les conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées comme étant tardives.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 15 avril 2023 :

6. En premier lieu, l'arrêté contesté a été compétemment pris par Mme C E, sous-préfète de Saint-Dié-des-Vosges, qui a reçu délégation de la préfète des Vosges, par arrêté en date du 24 octobre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de justification de la compétence de l'auteur de l'arrêté attaqué est infondé et ne peut être qu'écarté.

7. En deuxième lieu, l'arrêté comprend les éléments de droit et de faits sur lesquels il se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

8. Aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code :" L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ". Il revient au juge administratif de s'assurer que les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative sur le fondement de ces dispositions, sont adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent.

9. Ainsi qu'il a été exposé au point 5, le requérant n'est plus recevable à invoquer par voie d'exception l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai dont il fait l'objet et qui est définitive.

10. L'arrêté contesté assigne M. A B à résidence dans le département des Vosges à l'adresse 8 place Jeanne d'Arc à Mirecourt, lui fait interdiction de sortir de ce département sans autorisation, l'oblige à se présenter les lundis, mercredis et vendredis entre 9h et 11h aux services de police de Mirecourt pour y justifier des diligences accomplies pour les préparatifs de son départ.

11. Le requérant fait valoir que ces contraintes porteraient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale eu égard au fait qu'il exerce une activité professionnelle à Tours et qu'il entretient des relations avec son jeune frère placé en foyer en Alsace. Toutefois, alors qu'il a déclaré aux services de police, dans le procès-verbal d'audition du 14 avril 2023, être domicilié à l'adresse indiquée à Mirecourt et y payer un loyer, les circonstances qu'il invoque ne sont pas de nature à faire obstacle à ce qu'il se soumette à la mesure d'assignation. Dès lors, les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation, de l'erreur de fait, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme doivent être écartés.

12. Il résulte de tout ce que précède que les conclusions de M. A B dirigées contre l'arrêté de la préfète des Vosges en date du 15 avril 2023 ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions attaquées, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.

Sur les frais d'instance :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G A B, à Me Perveyrie et à la préfète des Vosges.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.

La magistrate désignée,

F. F

La greffière

M. D

La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions