mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301214 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AARPI GARTNER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 avril, 31 mai et 24 octobre 2023 et le 11 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Coissard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Meuse lui a retiré son agrément d'assistante maternelle, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge du département de la Meuse la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de la décision de retrait de son agrément n'est pas établie ;
- cette décision est insuffisamment motivée en fait ;
- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2024, le département de la Meuse, représenté par Me Jeandon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure,
- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,
- et les observations de Me Coissard, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est détentrice d'un agrément en qualité d'assistante maternelle depuis le 31 août 2004. A la suite d'un signalement effectué le 31 août 2022 par un parent employeur auprès de la protection maternelle et infantile concernant la prise en charge d'un enfant de quatre ans, l'agrément de Mme A a été suspendu le 1er septembre 2022. Puis, par une décision du 14 décembre 2022, le président du conseil départemental de la Meuse lui a retiré son agrément. Par la requête susvisée, Mme A demande l'annulation de cette décision de retrait d'agrément, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental de la Meuse a rejeté son recours gracieux contre la décision de retrait de son agrément d'assistante maternelle, doivent être regardées comme dirigées contre la décision explicite du 21 avril 2023, notifiée en cours d'instance, par laquelle le président du conseil départemental de la Meuse a confirmé ce retrait.
4. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne, et, pour l'assistant maternel uniquement, si celui-ci autorise la publication de son identité et de ses coordonnées, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat strictement nécessaires à la connaissance par les familles de la localisation des professionnels et à leur mise en relation avec eux, par les organismes chargés d'une mission de service public mentionnés par arrêté des ministres chargés de la famille et de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. / () La composition, les attributions et les modalités de fonctionnement de la commission présidée par le président du conseil départemental ou son représentant, mentionnée au troisième alinéa, sont définies par voie réglementaire () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, notamment de suspicions d'agression sexuelle, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être. Par ailleurs, si la légalité d'une décision doit être appréciée à la date à laquelle elle a été prise, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de tenir compte, le cas échéant, d'éléments factuels antérieurs à cette date mais révélés postérieurement.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite d'un signalement effectué le 31 août 2022 par un parent employeur auprès de la protection maternelle et infantile concernant la prise en charge d'un enfant de quatre ans, l'agrément de Mme A a été suspendu à compter du 1er septembre 2022. Le même jour, une plainte a été déposée par la mère de l'enfant pour des faits de violence sur celui-ci de la part de la requérante. Il ressort également des pièces du dossier, et notamment du compte-rendu de visite de la protection maternelle et infantile effectuée le 10 octobre 2022 à la suite de cette suspension, que Mme A a accueilli 21 enfants depuis son agrément initial en 2004, sans qu'aucune difficulté ne soit relevée. Ce compte-rendu évoque une assistante maternelle bienveillante et organisée, qui assure les besoins de chaque enfant accueilli, et précise qu'aucun élément inquiétant concernant la prise en charge des enfants confiés n'est à signaler. La requérante produit par ailleurs un extrait du procès-verbal de la réunion de la commission paritaire départementale établi le 28 décembre 2022, à l'issue duquel les membres ont émis un avis favorable au maintien de l'agrément d'assistante maternelle de la requérante. Ainsi, si les informations transmises par la mère auteure du dépôt de plainte, et notamment le certificat médical daté du 31 août 2022, pouvaient justifier la suspension de l'agrément prononcée le 1er septembre 2022 dans l'attente des résultats de l'enquête de police, ces éléments ne pouvaient à eux seuls justifier le retrait de l'agrément de Mme A, alors qu'aucun autre renseignement défavorable ne venait corroborer les risques potentiels qui pouvaient peser sur les enfants accueillis, et qu'au contraire, les parents de ces enfants avaient réitéré leur confiance à la requérante et souligné son professionnalisme. Dans ces conditions, le président du conseil départemental de la Meuse a, compte tenu des éléments dont il disposait à la date de sa décision, commis une erreur d'appréciation de la situation en estimant que les conditions de l'agrément de Mme A avaient cessé d'être remplies. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 14 décembre 2022 portant retrait de son agrément en qualité d'assistante maternelle, ensemble la décision du 21 avril 2023 rejetant son recours gracieux.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par le département de la Meuse au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de la Meuse une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Meuse a retiré l'agrément de Mme A est annulée, ensemble la décision du 21 avril 2023 rejetant son recours gracieux.
Article 2 : Le département de la Meuse versera à Mme A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Les conclusions du département de la Meuse présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de la Meuse.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
A. JouguetLe président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026