jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301228 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 avril 2023, M. B A, représenté par Me Clerc, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 25 novembre 2022 par laquelle la présidente de l'université de Lorraine a refusé son inscription en thèse ainsi que la décision du 26 janvier 2023 par laquelle elle a rejeté le recours gracieux dirigé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'université de Lorraine de procéder à son inscription en thèse pour l'année universitaire 2022-2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision refusant son inscription en thèse porte atteinte à ses droits en ce qu'elle met un terme à ses travaux de recherches engagés il y a neuf ans, alors qu'il était sur le point de soutenir sa thèse ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées les moyens tirés de ce qu'elles ont été prises par des autorités incompétentes, qu'elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la requête enregistrée le 21 avril 2023 sous le n° 2301230 par laquelle M. A demande l'annulation des décisions de la présidente de l'université de Lorraine ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Il résulte des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant et aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. M. A, professeur de français à temps plein au Maroc, est inscrit en thèse à l'université de Lorraine depuis l'année 2018-2019. Il fait valoir qu'il aurait soutenu sa thèse à la fin de l'année 2022 s'il n'avait connu des ennuis de santé et que la décision refusant son inscription au titre de l'année 2022-2023 a pour effet de mettre un terme à ses travaux de recherche engagés depuis neuf ans. Toutefois, M. A ne justifie pas ainsi d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. L'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision de refus d'inscription en thèse au titre de l'année 2022-2023, sans attendre le jugement de la requête au fond, ne peut donc être considérée comme établie.
4. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, M. A n'est pas fondé à demander la suspension des décisions attaquées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Nancy, le 27 avril 2023.
Le juge des référés,
S. Davesne
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieure et de la recherche en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301228
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