lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301425 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | JEANNOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2023, M. A M'Lili, représenté par Me Jeannot, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre consécutive au retrait du titre de séjour de 10 ans qui lui avait été accordé ;
3°) d'enjoindre au préfet de de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer, le temps de l'instruction de sa demande de titre de séjour, un récépissé d'une durée d'au moins 6 mois l'autorisant à travailler dans un délai de 3 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du l'Etat la somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il y a urgence à statuer sur sa situation dès lors que celle-ci est présumée, s'agissant d'un renouvellement de titre, et qu'il se trouve, du fait de l'absence de récépissé, dans l'impossibilité de circuler, de travailler ou de faire vivre sa famille, en particulier ses enfants, et qu'il doit respecter les obligations qui lui sont imposées dans le cadre de sa mise à l'épreuve ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dès lors :
o qu'il n'est pas établi qu'elle a été prise par une autorité compétente ;
o que le préfet n'a pas exercé l'étendue de son pouvoir d'examen effectif de la situation de l'intéressé ;
o que le préfet a méconnu les articles R. 431-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne lui délivrant pas de récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail, alors que son dossier était complet ;
o que la décision méconnait plusieurs libertés fondamentales telles que le droit au travail, le principe de libre-circulation et le droit de mener une vie privée et familiale normale ;
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de la décision implicite refusant de lui délivrer un récépissé et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler valable six mois, du 11 mai au 10 novembre 2023, a été délivré à M. M'Lili le 16 mai 2023 ;
- l'urgence n'est pas établie dès lors que le requérant n'a transmis les justificatifs complémentaires que l'administration lui demandait que le 19 avril 2023.
Vu :
- la requête n° 2301424 enregistrée le 10 mai 2023 par laquelle M. M'Lili demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Olivier Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mai 2023 à 14h00 :
- le rapport de M. Di Candia, juge des référés ;
- les observations de Me Jeannot, représentant M. M'Lili ;
Le préfet de Meurthe-et-Moselle n'était ni présent, ni représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 22 mai 2023 à 14h12.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions relatives à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre M. M'Lili au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.
Sur les autres conclusions de la requête :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
4. M. M'Lili, informé par la préfecture de ce que le certificat de résidence algérien de 10 ans qu'il s'était vu délivrer le 29 décembre 2020, avait été retiré, a demandé au préfet de Meurthe-et-Moselle, le 19 avril 2023, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Il demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement refusé de lui délivrer un tel document.
5. Il résulte de l'instruction que M. M'Lili s'est vu remettre, le 16 mai 2023, un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler et que la décision implicite de refus de sa demande de renouvellement de récépissé a ainsi nécessairement été abrogée. Dans ces conditions, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de cette décision et à ce qu'il soit enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour à M. M'Lili sont devenues sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
6. Ainsi qu'il a été dit au point 2, il y a lieu d'admettre provisoirement M. M'Lili au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Jeannot, avocate de M. M'Lili, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cette avocate de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. M'Lili par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. M'Lili est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. M'Lili sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Sous réserve que Me Jeannot, avocate de M. M'Lili, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, l'Etat lui versera la somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. M'Lili par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. M'Lili.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A M'Lili, à Me Jeannot et au ministre de l'intérieur et des outre-mer
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 22 mai 2023.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026