mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2023, M. D C, représenté par Me Coche-Mainente, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé son admission au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi qu'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle fait valoir :
- qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation dès lors que M. C a été mis en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour ;
- que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par une décision en date du 26 mai 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy a admis M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coudert,
- et les observations de Me Coche-Mainente, représentant M. C.
Une note en délibéré a été présentée et enregistrée au greffe du tribunal le 3 janvier 2024 pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né le 9 juillet 1993 est entré irrégulièrement en France en 2012, s'est marié avec une ressortissante française, dont il est divorcé depuis le 11 mai 2021, et avec laquelle il a eu une fille de nationalité française née le 17 octobre 2015. Il a séjourné régulièrement en France sous couvert de plusieurs titres de séjour en qualité de parent d'enfant français à compter du 28 septembre 2016 jusqu'en octobre 2021. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de renouveler son titre de séjour et a assorti cette décision d'une mesure d'éloignement, cette mesure ayant été annulée par un arrêt du 19 octobre 2023 de la cour administrative d'appel de Nancy. M. C, qui s'est remarié avec une ressortissante française le 1er septembre 2021 avec laquelle il a eu une fille, B, née le 26 juillet 2022, a sollicité, le 23 décembre 2022, la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de la naissance de cet enfant, également de nationalité française. Par une décision du 27 mars 2023, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si la préfète de Meurthe-et-Moselle fait valoir qu'elle a délivré à M. C, dans le cadre du réexamen de sa situation auquel elle procède en exécution de l'arrêt du 19 octobre 2023 de la cour administrative d'appel de Nancy, un récépissé de demande de titre de séjour, la délivrance d'un tel document n'a pas pour objet ni pour effet d'abroger la décision du 27 mars 2023 en litige. Il suit de là que les conclusions tendant à l'annulation de cette décision conservent un objet et l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète de Meurthe-et-Moselle doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C a épousé le 1er septembre 2021 Mme A E, ressortissante française, dont il a eu une enfant, B, née le 26 juillet 2022, de nationalité française. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant justifie d'une communauté de vie avec son épouse depuis leur mariage et justifie ainsi contribuer nécessairement à l'entretien et à l'éducation de sa fille depuis sa naissance. Il suit de là que M. C est fondé à soutenir que le préfet de Meurthe-et-Moselle a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en rejetant sa demande de titre de séjour au motif qu'il ne justifiait pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant.
5. Par ailleurs, le préfet de Meurthe-et-Moselle n'établit pas, en se bornant à faire référence à la condamnation prononcée le 28 août 2020 à 100 jours-amende pour menace matérialisée de crime contre des personnes et pour soustraction d'enfant des mains de la personne chargée de sa garde, que l'intéressé constituerait une menace pour l'ordre public et que la décision portant refus de titre de séjour était justifiée pour ce motif.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 27 mars 2023 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif qui fonde l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait, qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " autorisant l'intéressé à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. D'une part, M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Coche-Mainente, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Coche-Mainente de la somme de 1 200 euros.
9. D'autre part, la présente instance ne comporte aucuns dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 mars 2023 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Me Coche-Mainente en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Coche-Mainente renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Coche-Mainente.
Délibéré après l'audience publique du 19 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
Le président-rapporteur,
B. CoudertL'assesseure la plus ancienne,
G. Grandjean
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2301447
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026