lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mai 2023, Mme A B conteste la décision du 4 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Vosges ne lui a accordé qu'une remise de moitié de sa dette correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 2 642,61 euros au titre des mois de janvier à décembre 2022.
Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par Mme B n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié de l'aide personnalisée au logement (APL). En juin 2020, l'intéressée a signalé à la caisse d'allocations familiales (CAF) des Vosges que son père vivait désormais chez elle. Il appartenait ainsi à la requérante de déclarer ses revenus, ainsi que ceux de son père, pour le calcul de ses droits à l'APL. Le 26 janvier 2022, par télé-déclaration, Mme B n'a déclaré aucun revenu la concernant pour l'année 2021 tandis qu'elle a déclaré la somme de 17 890 euros de frais réels s'agissant de son père. A la suite d'un échange d'informations avec l'administration fiscale, la CAF s'est aperçue de ce que le père de la requérante n'avait déduit aucun frais réel auprès des services fiscaux. Il a ainsi été procédé à la régularisation du dossier de Mme B et, par une décision du 18 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Vosges lui a notifié un indu d'APL d'un montant de 2 642,61 euros au titre des mois de janvier à décembre 2022. La requérante, qui a sollicité la remise de sa dette, s'est vu accorder une remise de moitié, par une décision du 4 mai 2023, laissant à sa charge la somme de 1 321,31 euros. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision et, d'autre part, de lui accorder la remise totale de l'indu d'APL mis à sa charge.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement des sommes indument versées au titre de l'aide personnalisée au logement en application de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales peut, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, être récupéré par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. / () La créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. "
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. La requérante, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette. Il résulte en effet de l'instruction que Mme B, qui effectue une mission de service civique, perçoit des revenus s'élevant à près de 600 euros par mois, tandis qu'elle justifie devoir s'acquitter de charges fixes mensuelles de 660 euros, consistant en des frais de loyer, d'eau, d'assurance, de mutuelle, d'abonnement internet et de téléphonie. Il résulte également de l'instruction, ainsi que le précise la CAF, que Mme B, au vu de sa situation financière, a déjà bénéficié, pour deux précédents indus qui lui ont été notifiés durant l'année 2021, de remises totales de ses dettes d'un montant global de 180 euros. Ainsi, la requérante est fondée à soutenir qu'elle se trouve dans une situation de précarité justifiant que lui soit accordée une remise de sa dette.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision par laquelle la CAF des Vosges n'a accordé qu'une remise partielle de la dette de Mme B doit être annulée et qu'une remise totale de la dette de l'intéressée, d'un montant de 2 642,61 euros, doit lui être accordée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 4 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Vosges n'a accordé qu'une remise partielle de la dette de Mme B est annulée.
Article 2 : Une remise totale de dette d'un montant de 2 642,61 euros résultant d'indus d'aide personnalisée au logement pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2022 est accordée à Mme B.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales des Vosges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026