lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301780 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2023, Mme B D et M. C A contestent les décisions du 2 mai 2023 par lesquelles la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Meuse a refusé de leur accorder la remise de leurs dettes correspondant à des indus de prime d'activité d'un montant global de 3 271,23 euros au titre de la période allant du mois de mai 2021 au mois de novembre 2022.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi dès lors qu'ils ont signalé leur erreur dès qu'ils s'en sont aperçus ;
- leur situation financière ne leur permet pas de rembourser leurs dettes.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de la Meuse demande au tribunal de constater que des remises partielles de 25% ont été accordées à Mme D et M. A et conclut au rejet de la requête pour le surplus.
Elle soutient que la situation financière des requérants ne justifie pas que leur soit accordée une remise plus importante que celle qui leur a été consentie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. A ont bénéficié de la prime d'activité, respectivement à compter de février 2017 et d'août 2021. Par une déclaration du 9 janvier 2023, Mme D a déclaré à la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Meuse vivre avec M. A depuis le mois de mai 2021. La régularisation de la situation des intéressés a ainsi généré des indus de prime d'activité. La CAF de la Meuse a ainsi adressé à M. A, par une décision du 23 janvier 2023, un indu d'un montant de 727,32 euros au titre de la période allant du 1er août 2021 au 31 octobre 2022 et, par une décision du 3 février 2023, la CAF a adressé à Mme D un indu de 2 543,91 euros au titre de la période allant du 1er mai 2021 au 30 novembre 2022. Par un courrier du 6 février 2023, Mme D a sollicité la remise des dettes litigieuses auprès de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Meuse, qui, par des décisions du 2 mai 2023, a refusé de leur accorder. Par la présente requête, Mme D et M. A doivent être regardés comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler ces décisions du 2 mai 2023 et de leur accorder la remise de l'indu de prime d'activité mis à leur charge.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que la CAF de la Meuse a, en cours d'instance, par des décisions du 28 décembre 2023, décidé d'accorder aux requérants la remise partielle de leurs dettes, à hauteur de 25%. Par suite, leurs conclusions aux fins de remise gracieuse sont devenues sans objet à hauteur de la remise qui leur a été consentie.
Sur les demandes de remise de dettes :
3. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
5. Les requérants, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, soutiennent que leur situation financière ne leur permet pas de rembourser leurs dettes. Toutefois, en se bornant à faire état de ce qu'ils perçoivent, à eux deux, environ 1 900 euros par mois, alors que la rémunération qu'ils indiquent pour Mme D correspond à la gratification de stage qu'elle a perçue jusqu'au mois de juin 2023 et ne reflète ainsi pas ses revenus actuels, les requérants, qui ne donnent par ailleurs pas de détail quant à leurs charges, ne démontrent pas être dans l'impossibilité de rembourser la somme restant à leur charge. Par suite, Mme D et M. A ne sont pas fondés à soutenir qu'ils devraient se voir accorder la remise totale de leurs dettes.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D et M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, M. C A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de la Meuse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2301780
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026