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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2301806

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2301806

jeudi 3 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2301806
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU OQTF 6 semaines
Avocat requérantGEHIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin et 4 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Géhin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2023 par lequel la préfète des Vosges, lui a refusé le bénéfice de la protection temporaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve de sa renonciation au bénéfice de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision lui refusant le bénéfice de la protection temporaire méconnait la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 ;

- elle méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale dès lors que le préfet ne pouvait légalement notifier l'obligation de quitter le territoire car elle était en possession d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 10 juin 2023 ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 3-1 et 9-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Davesne,

- les observations de Me Géhin, avocat de Mme B, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens, en présence de Mme B, assistée d'un interprète en langue russe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante arménienne née en 1985, est entrée en France le 23 janvier 2020, accompagnée de son mari et de leurs deux enfants, et a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié le 17 avril 2020. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 24 novembre 2021, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 31 janvier 2022. Par un arrêté du 18 mars 2022, le préfet de Saône-et-Loire l'a obligée à quitter le territoire français. Mme B a demandé le réexamen de sa demande d'asile le 21 décembre 2022 mais cette demande a été rejetée le 4 janvier 2023. L'intéressée a sollicité, le 11 mai 2023, le bénéfice de la protection temporaire et une autorisation provisoire de séjour d'un mois lui a été accordée, le temps de l'instruction de sa demande. Par un arrêté du 30 mai 2023, dont Mme B demande l'annulation, la préfète des Vosges, lui a refusé le bénéfice de la protection temporaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur la demande de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. En raison de l'urgence, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions de la requête :

En ce qui concerne le moyen commun à toutes les décisions que comporte l'arrêté attaqué :

4. Par un arrêté du 17 février 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète des Vosges a donné délégation à M. David Percheron, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département des Vosges, y compris en matière de police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachées les décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigées contre la décision de refus de la protection temporaire :

5. D'une part, aux termes de l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil : " 1. L'existence d'un afflux massif de personnes déplacées est constatée par une décision du Conseil () / () / 3. La décision du Conseil a pour effet d'entraîner, à l'égard des personnes déplacées qu'elle vise, la mise en œuvre dans tous les États membres de la protection temporaire conformément aux dispositions de la présente directive. La décision contient au moins : / a) une description des groupes spécifiques de personnes auxquels s'applique la protection temporaire / b) la date à laquelle la protection temporaire entrera en vigueur/ () ".

6. Pour assurer la transposition de ces dispositions, l'article L. 581-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le bénéfice du régime de la protection temporaire " est ouvert aux étrangers selon les modalités déterminées par la décision du Conseil de l'Union européenne mentionnée à l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, définissant les groupes spécifiques de personnes auxquelles s'applique la protection temporaire () ". Selon l'article L. 581-3 du même code : " L'étranger appartenant à un groupe spécifique de personnes visé par la décision du Conseil mentionnée à l'article L. 581-2 bénéficie de la protection temporaire à compter de la date mentionnée par cette décision. Il est mis en possession d'un document provisoire de séjour assorti, le cas échéant, d'une autorisation provisoire de travail. Ce document provisoire de séjour est renouvelé tant qu'il n'est pas mis fin à la protection temporaire () ".

7. D'autre part, aux termes de l'article 1er de la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire : " L'existence d'un afflux massif dans l'Union de personnes déplacées qui ont dû quitter l'Ukraine en raison d'un conflit armé est constatée ". Aux termes de l'article 2 de cette même décision : " 1. La présente décision s'applique aux catégories suivantes de personnes déplacées d'Ukraine le 24 février 2022 ou après cette date, à la suite de l'invasion militaire par les forces armées russes qui a commencé à cette date : / a) les ressortissants ukrainiens résidant en Ukraine avant le 24 février 2022; / b) les apatrides, et les ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui ont bénéficié d'une protection internationale ou d'une protection nationale équivalente en Ukraine avant le 24 février 2022; et, / c) les membres de la famille des personnes visées aux points a) et b). / 2. Les États membres appliquent la présente décision ou une protection adéquate en vertu de leur droit national à l'égard des apatrides, et des ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui peuvent établir qu'ils étaient en séjour régulier en Ukraine avant le 24 février 2022 sur la base d'un titre de séjour permanent en cours de validité délivré conformément au droit ukrainien, et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou leur région d'origine dans des conditions sûres et durables / ()".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui est de nationalité arménienne mais détentrice d'un titre de séjour permanent délivré par les autorités ukrainiennes le 29 août 2016, est arrivée sur le territoire français le 23 janvier 2020, accompagnée de son mari, qui est de nationalité ukrainienne, et de leurs deux enfants mineurs également ukrainiens. Ainsi, Mme B n'entre pas dans le champ d'application des dispositions du 1 de l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022, dès lors que son mari et ses enfants n'ont pas été déplacés d'Ukraine le 24 février 2022 ou postérieurement à cette date. Par ailleurs, Mme B n'entre pas davantage dans le champ d'application des dispositions du 2 de ce même article, dès lors que, si elle est en possession d'un titre permanent de résidence en Ukraine, elle séjournait depuis plus de deux ans en France à la date du 24 février 2022. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant le bénéfice de la protection temporaire serait contraire aux dispositions citées aux points 5 à 7.

9. Mme B n'est pas davantage fondée à soutenir que le refus de lui accorder le bénéfice de la protection temporaire serait contraire aux stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors qu'il n'est aucunement établi que ses enfants ne seraient pas admissibles en Arménie.

En ce qui concerne les moyens dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français:

10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité dont serait entachée l'obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité de la décision de refus du bénéfice de la protection temporaire ne peut qu'être écarté.

11. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles repose l'obligation de quitter le territoire français. Cette décision est ainsi suffisamment motivée.

12. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de même valeur juridique que le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et le Traité sur l'Union européenne, en vertu de l'article 6 de ce dernier : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Le requérant peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur les mesures d'éloignement envisagées.

13. Ce principe implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande de titre de préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et de produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, qui n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'étranger à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de séjour, est ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour. La requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir que le droit d'être entendu aurait été méconnu avant que ne soit prise la mesure d'éloignement litigieuse.

14. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation de l'intéressée avant de décider de la mesure d'éloignement.

15. En cinquième lieu, la circonstance que Mme B était en possession d'une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'au 10 juin 2023, qui lui avait été délivrée le temps de l'instruction de sa demande de protection temporaire, ne faisait pas obstacle à ce que le préfet décide, dès le 30 mai, de lui refuser cette protection et de l'éloigner du territoire français par l'arrêté attaqué qui a nécessairement eu pour effet d'abroger cette autorisation provisoire de séjour. Le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet sur ce point doit donc être écarté.

16. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

17. Mme B fait valoir qu'elle vit en France depuis plus de trois ans avec ses deux enfants, nés en 2010 et 2014, et qu'elle souhaite s'intégrer à la société française. Toutefois, eu égard au caractère récent de son séjour en France, à l'absence de toute attache privée et familiale en France et de tout élément de nature à établir une démarche d'intégration, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigées contre la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité dont serait entachée la décision fixant le pays de destination en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

19. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte, les considérations de droit et de fait sur lesquelles repose la décision fixant le pays de destination. Cette décision est ainsi suffisamment motivée.

20. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

21. Si Mme B invoque les risques auxquels elle serait exposée en cas de retour dans son pays d'origine, l'Arménie, elle n'apporte aucune précision à l'appui de ce moyen ni aucun élément de nature à établir la réalité de ces risques. Ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté.

22. En quatrième lieu, pour les motifs exposés au point 17, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

23. En cinquième lieu, selon l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Et aux termes de l'article 9 de cette convention : " Les Etats parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, () ".

24. Contrairement à ce que soutient Mme B, la nationalité ukrainienne de ses deux enfants ne fait pas obstacle à ce qu'ils l'accompagnent en Arménie, dont la Constitution garantit, en son article 31, l'inviolabilité de la vie familiale et, en son article 37, le droit des enfants de vivre avec leurs parents. Par ailleurs, si le père des enfants, dont Mme B est séparé depuis le 10 mai 2021, est également de nationalité ukrainienne, il n'est établi ni que les enfants entretiennent des relations avec leur père, ni que celui-ci ne pourrait être admissible en Arménie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 23 doit être écarté.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la préfète des Vosges et à Me Géhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2023.

Le président,

S. Davesne

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2301806

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