mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2023, M. B A, représenté par Me Corsiglia, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du 28 avril 2023 en tant qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer sans délai un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a urgence à statuer sur sa situation dès lors qu'il se trouve en situation irrégulière, que la décision attaquée fait obstacle à la poursuite de son apprentissage et le prive de toute rémunération et qu'il est dans l'impossibilité de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dès lors :
o que le préfet ne renverse pas la présomption d'authenticité des actes d'état civil produits ;
o que le préfet commet une erreur de fait et une erreur d'appréciation sur le caractère réel et sérieux de ses études ;
o qu'il ne peut apporter une autre preuve de l'absence de lien avec sa famille restée dans son pays d'origine que celle résultant des rapports d'évaluation et d'évolution établis par sa structure d'accueil ;
o en lui opposant un détournement de procédure au motif que ses conditions d'arrivée en France seraient floues et incohérentes et qu'il aurait reçu une aide de son frère pour effectuer le voyage, le préfet a ajouté une condition non prévue par les textes et ainsi entaché sa décision d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence dès lors que la décision refuse de lui accorder un premier titre de séjour et l'urgence dont le requérant se prévaut n'est pas établie ;
- il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
o il renverse la présomption d'authenticité des actes d'état civil produit par le requérant à l'appui de sa demande de titre de séjour ;
o lors de l'évaluation de sa minorité, en juin 2019, il a tenu des propos contenant des imprécisions et des contradictions sur la cohérence de son parcours et son âge ;
o l'authenticité de l'attestation d'authenticité émanant du consulat de Guinée n'est pas établie et ne suffit pas à attester de la véracité des informations contenues dans les documents d'état civil et de nationalité ;
o le requérant n'établit pas le caractère réel et sérieux de sa formation et il dispose d'attaches familiales fortes dans son pays d'origine ;
o le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté, le détournement de procédure retenu par ses services consistant à examiner les conditions prévues par les textes en vigueur.
Vu :
- la requête n° 2301841 enregistrée le 16 juin 2023 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Olivier Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2023 à 14h30 :
- le rapport de M. Di Candia, juge des référés ;
- et les observations de Me Corsiglia, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Le préfet de Meurthe-et-Moselle n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 27 juin 2023 à 15h08.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né le 10 février 2004, est entré irrégulièrement en France en juin 2019, selon ses déclarations. L'intéressé a été confié à l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle par une ordonnance d'ouverture d'une tutelle d'Etat du juge des tutelles des mineurs du tribunal de grande instance de Nancy du 2 août 2019. Le 9 janvier 2022, M. A a demandé au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 ou, à défaut, de l'article L. 423-23 puis L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 avril 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays duquel il pourra être éloigné. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1, de suspendre l'exécution de cet arrêté en tant seulement qu'il porte refus de séjour.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Il résulte de l'instruction que M. A, dans le cadre de sa formation actuelle en première année de CAP " Boulanger ", est inscrit en apprentissage et travaille au sein de la société SAS Team OVFV à Nancy. Il donne des garanties d'intégration et fait preuve de motivation pour poursuivre son apprentissage. Le refus d'admission au séjour opposé à M. A risque d'interrompre sa formation professionnelle. Le requérant établit ainsi de manière suffisante l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux :
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de la présomption de validité des actes d'état-civil établis par les autorités étrangères prévue par l'article 47 du code civil est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en tant qu'il porte refus de séjour.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté du 28 avril 2023 du préfet de Meurthe-et-Moselle en tant qu'il porte refus d'admettre M. A au séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. La présente ordonnance implique qu'il soit enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. A, dans un délai de cinq jours à compter de sa notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente du jugement au fond, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
9. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 mai 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Son avocate peut donc se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Corsiglia, avocate de M. A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Corsiglia de la somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du 28 avril 2023 en tant qu'il porte refus d'admettre M. A au séjour est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. A, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable dans l'attente du jugement au fond.
Article 3 : Sous réserve que Me Corsiglia, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, l'Etat lui versera la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Corsiglia.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 28 juin 2023.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026