jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2023 et un mémoire enregistré le 5 novembre 2023 et non communiqué, M. C A, représenté par Me Corsiglia, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou à tout le moins de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, après lui avoir délivré sans délai une autorisation provisoire séjour avec autorisation de travailler, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Corsiglia au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'auteur de l'arrêté est incompétent ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet n'a pas exercé pleinement sa compétence en écartant de son appréciation certains éléments de sa situation notamment ses garanties d'insertion ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation tant en ce qui concerne l'appréciation portée sur sa formation que sur ses liens allégués avec sa famille ; il s'est réorienté vers un nouveau CAP ; ses absences sont justifiées ; il n'a plus de liens avec sa famille depuis quatre ans ;
Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marti, président-rapporteur,
- et les observations de Me Corsiglia, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 21 octobre 2003, a déclaré être entré sur le territoire français au mois d'août 2019. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance du 22 octobre 2019 puis un jugement du 11 février 2020. Le 16 août 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 22 mai 2023, dont il demande l'annulation, sa demande a été rejetée.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juillet 2023 du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite, les conclusions de l'intéressé, tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " À titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A était inscrit pour l'année scolaire 2020-2021 en 1ère année de CAP " monteur en installations sanitaires " au lycée Emmanuel Héré de Laxou et que lors de l'année scolaire 2021-2022, il a obtenu son diplôme de CAP avec une moyenne de 14,26/20. Lors de l'année scolaire 2022-2023, il était inscrit en 1ère BAC pro installation chauffage climat et énergies renouvelables, a obtenu une moyenne de 10,99/20 au premier semestre avec une seule absence non justifiée. Dès lors, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'était pas fondée à se fonder sur la faiblesse de ses notes et ses absences pour remettre en cause le caractère réel et sérieux de ses études. Si le requérant a abandonné cette formation au cours du second semestre et s'est inscrit en cours d'année en 1ère année de CAP installations thermique au CFA de Pont-à-Mousson en alternance et a conclu un contrat d'apprentissage, afin de compléter sa formation, la préfète, qui ne s'est pas fondée sur cet élément dans sa décision, ne saurait faire valoir qu'il s'agit d'une régression dans son cursus.
5. D'autre part, il n'est pas établi que M. A entretiendrait des liens avec sa famille restée dans son pays d'origine de nature à faire obstacle à l'attribution d'une carte de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Par suite, M. A est fondé à demander l'annulation du refus de titre de séjour qui lui a été opposé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'annulation de l'arrêté du 22 mai 2023, compte tenu des motifs retenus, implique que la préfète de Meurthe-et-Moselle délivre un titre de séjour à M. A. Il y a lieu de lui enjoindre de délivrer un tel titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Corsiglia de la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que l'avocate de M. A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 22 mai 2023 du préfet de Meurthe-et-Moselle est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer un titre de séjour à M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et dans l'attente, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : L'État versera à Me Corsiglia une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : le présent jugement sera notifié à M. C A, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Corsiglia.
Délibéré après l'audience publique du 9 novembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
D. MartiL'assesseur le plus ancien,
F. DurandLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2301905
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026