mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | FOURNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, M. A B, représenté par Me Fournier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 8 juin 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a rappelé qu'il était tenu de quitter le territoire français et a abrogé l'autorisation provisoire de séjour avec obligation de la restituer ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou de procéder au réexamen de sa situation, et dans l'attente, de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête, dépourvue de moyens, est irrecevable ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Milin-Rance a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 4 septembre 1991, de nationalité tunisienne, est entré en France en 2011. Il a été mis en possession d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de père d'un enfant français. Le 17 décembre 2020, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de renouveler cette carte de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le 10 janvier, le 3 mars et le 18 novembre 2022, M. B a demandé la régularisation de sa situation en se prévalant de son mariage avec une ressortissante française le 25 septembre 2021. Le 5 février 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Ces décisions ont été annulées par jugement du tribunal administratif de Nancy en date du 13 février 2023. Dans le cadre du réexamen de sa situation, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé, le 8 juin 2023, de délivrer à M. B un titre de séjour et le recours gracieux du 26 juin 2023 a été implicitement rejeté. Le requérant demande l'annulation de la décision du 8 juin 2023 en tant qu'elle lui refuse un titre de séjour et en tant qu'elle lui a rappelé qu'il était tenu de quitter le territoire français et qu'elle a abrogé l'autorisation provisoire de séjour avec l'obligation de la restituer.
2. Le rappel de l'obligation de quitter le territoire français conformément à l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'abrogation de l'autorisation provisoire de séjour et l'obligation de restituer celle-ci résultant directement du refus de titre de séjour et ne constituant pas des décisions distinctes, les conclusions d'annulation doivent être regardées comme étant dirigées contre le refus de titre de séjour.
Sur la fin de non-recevoir :
3. La préfète de Meurthe-et-Moselle oppose en défense la circonstance que les conclusions de la requête ne seraient pas assorties de moyens suffisamment précis. M. B invoquant un défaut d'examen et une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale, la fin de non-recevoir invoquée doit être écartée.
Sur les conclusions en annulation :
4. Il est constant que M. B réside en France depuis 2011, qu'il a bénéficié d'un titre de séjour l'autorisant à travailler entre le 18 avril 2018 et le 17 décembre 2020, qu'il justifie avoir occupé un emploi de coiffeur sous couvert d'un contrat à durée indéterminée depuis le 10 novembre 2016, qu'il s'est marié le 25 septembre 2021 avec une ressortissante française avec laquelle il justifie entretenir une communauté de vie depuis au moins décembre 2020. Au vu de ces éléments, M. B est fondé à soutenir que le préfet a manifestement inexactement apprécié les conséquences de sa décision sur sa situation personnelle en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Il y a lieu, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et l'autorisant à travailler, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 juin 2023 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et l'autorisant à travailler dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
F. Milin-Rance
Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026