jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2023, M. G A et M. D H, représentés par Me Tadic, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 juin 2023 par laquelle la présidente de l'université de Lorraine a refusé de délivrer à M. H l'autorisation de codiriger la thèse de M. G A avec sa collègue, Mme C E ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Lorraine une somme de 2 000 euros à verser à M. A et à M. H sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir contre la décision, qui leur fait grief ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que les dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 15 mai 2016 ne prévoient pas la possibilité, pour le conseil scientifique, de se réunir en formation restreinte pour émettre un avis ;
- la décision est entachée de plusieurs erreurs de droit, dès lors que la présidente de l'université de Lorraine a cru devoir examiner la candidature de M. H au regard de son statut de professeur émérite, alors qu'il a sollicité l'autorisation sur le fondement du 2° de l'article 16 de l'arrêté du 25 mai 2016 ; elle interprète l'arrêté du 25 mai 2016 de manière restrictive, celui-ci prévoyant deux voies possibles à la direction ou à la codirection d'une thèse, non exclusive l'une de l'autre, sans hiérarchisation ; l'article 58 du décret n° 84-431 n'interdit pas à un professeur émérite de codiriger une thèse.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er septembre 2023, l'université de Lorraine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est présentée par M. A qui ne justifie d'aucun intérêt propre pour contester la décision ; il lui est possible de poursuivre ses études doctorales soit sous la direction unique de Mme E, soit sous la direction d'autres enseignants-chercheurs ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°84-431 du 6 juin 1984 ;
- l'arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,
- les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique ;
- les observations de Me Tadic représentant M. H et M. A ;
- et les observations de Mme B, représentant l'université de Lorraine.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 13 avril 2023, M. D H, professeur émérite, a saisi la présidente de l'université de Lorraine d'une demande d'autorisation de codiriger la thèse de M. G A, titulaire d'un diplôme de Master 2 obtenu en 2021 à l'université de Rouen, en collaboration avec sa collègue, Mme C E, maîtresse de conférence à l'université de Lorraine et titulaire d'une habilitation à diriger les recherches. Par une décision du 19 juin 2023, la présidente de l'université de Lorraine a refusé l'autorisation sollicitée par M. H. M. H et M. A demandent au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 58 du décret n°84-431 du 6 juin 1984, dans sa version applicable au litige : " () Le professeur émérite peut notamment diriger des séminaires et participer aux jurys de thèse ou d'habilitation à diriger des recherches. Il peut en outre poursuivre, jusqu'à leur terme, les directions de thèse acceptées avant son admission à la retraite. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 25 mai 2016 : " () Les fonctions de directeur ou de codirecteur de thèse peuvent être exercées : / 1° Par les professeurs et personnels assimilés au sens de l'article 6 du décret n° 92-70 relatif au Conseil national des universités et de l'article 5 du décret n° 87-31 pour les disciplines de santé, ou par des enseignants de rang équivalent qui ne relèvent pas du ministère de l'enseignement supérieur, par les personnels des établissements d'enseignement supérieur, des organismes publics de recherche ; / 2° Par d'autres personnalités, titulaires d'un doctorat, choisies en raison de leur compétence scientifique par le chef d'établissement, sur proposition du directeur de l'école doctorale et après avis de la commission de la recherche du conseil académique ou de l'instance en tenant lieu dans l'établissement d'inscription. () ".
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D H, professeur émérite, a saisi la présidente de l'université de Lorraine d'une demande d'autorisation, sur le fondement du 2° de l'article 16 de l'arrêté du 25 mai 2016, tendant à la codirection de la thèse de M. A. Si les requérants soutiennent qu'en raison de son parcours universitaire, M. H dispose des compétences scientifiques pour assurer un tel encadrement, il ressort des dispositions de l'article 58 du décret du 6 juin 1984, dans leur version applicable au litige, que les professeurs émérites ne peuvent débuter un nouveau travail de direction de thèse postérieurement à leur admission à la retraite. Ces dispositions spécifiques ont seules vocation à régir le cas de M. H. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit que la présidente de l'université de Lorraine a rejeté l'autorisation sollicitée.
5. En second lieu, les requérants soutiennent que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que les dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 15 mai 2016 ne prévoient pas la possibilité, pour le conseil scientifique, de se réunir en formation restreinte. Toutefois, ainsi qu'il l'a été dit, M. H ne peut, en sa qualité de professeur émérite, débuter un nouveau travail d'encadrement de thèse, postérieurement à son admission la retraite. Il ne peut donc se prévaloir des dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 25 mai 2016. La présidente de l'université de Lorraine pouvait dès lors rejeter la demande d'autorisation sollicitée, sans recueillir préalablement l'avis du conseil scientifique de l'université de Lorraine. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme inopérant.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions d'annulation de la requête de M. H et de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'université de Lorraine, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de M. H est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. I, à M. D H et à l'université de Lorraine.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Davesne, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
S. DavesneLa greffière,
M. F
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2302150
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026