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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2302168

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2302168

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2302168
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique (Chambre 3)
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2023, Mme B E, représentée par Me Desfarges demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Vosges a rejeté le recours formé par Mme E contre l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 614,53 euros qui lui a été notifié au titre de la période allant du 1er juin 2022 au 30 novembre 2022 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise de sa dette ;

4°) de mettre à la charge du département des Vosges la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente, il n'est pas justifié de la publication régulière d'une délégation pour ce faire ;

- la décision litigieuse méconnaît l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'est pas démontré que l'agent de la CAF à l'origine de l'enquête de situation ait été assermenté en ce sens ;

- elle méconnaît l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ;

- elle méconnaît les articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles ;

- le caractère suspensif prévu par le deuxième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles a été méconnu par la CAF dès lors qu'il a été procédé à des retenues dès la notification de l'indu ;

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle n'a pas eu communication des conclusions du contrôleur ;

- la décision attaquée méconnaît les droits de la défense, la procédure contradictoire et l'article 6 de la cour européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- c'est à tort que la CAF puis le département des Vosges ont retenu qu'elle avait perdu sa résidence habituelle en France sur la période au titre de laquelle l'indu de RSA lui a été notifié ;

- elle ignorait son obligation de résidence stable et effective en France et la caisse d'allocations familiales a manqué à son devoir d'information en méconnaissance de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;

- sa situation financière justifie que lui soit accordée la remise totale de sa dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 décembre 2023, le département des Vosges conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E a bénéficié du revenu de solidarité active (RSA). A la suite d'un contrôle de la situation de l'intéressée, ayant conclu à une absence de résidence stable en France à compter du mois de décembre 2019, et à l'absence de déclaration du départ de son fils à compter du mois d'août 2019, il est procédé à la régularisation de son dossier. Par une décision du 6 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) des Vosges lui a notifié un indu de RSA d'un montant de 4 614,53 euros au titre de la période allant du 1er juin 2022 au 30 novembre 2022. Par un courrier du 22 décembre 2022, Mme E a contesté cet indu. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Vosges a rejeté son recours, d'autre part, à être déchargée de l'obligation de payer l'indu de RSA mis à sa charge et, enfin, subsidiairement, à se voir accorder la remise totale de sa dette.

Sur le bien-fondé de l'indu litigieux :

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année ou de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

3. En premier lieu, une décision implicite de rejet est réputée avoir été prise par l'autorité compétente pour se prononcer sur la demande. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision implicite attaquée ne peut, dès lors, qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () ".

5. Si la requérante se prévaut de ce que la preuve de l'assermentation de l'agent de la CAF des Vosges en charge du contrôle de sa situation n'est pas rapportée, il résulte de l'instruction que le département produit en défense un arrêté publié au bulletin officiel du ministère des solidarités et de la santé n° 2019/10 du 15 novembre 2019, lequel fait état de ce que Mme C A, agent de la CAF des Vosges, a été assermentée le 3 décembre 2018 et a reçu l'agrément définitif pour exercer ses fonctions le 14 juin 2019, soit antérieurement à la date du contrôle de la situation de Mme E. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : / 1° Aux agents des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations servies par lesdits organismes ; () ". Aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".

7. La requérante soutient que la décision litigieuse a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été informée, par la CAF des Vosges, de ce que l'agent en charge du contrôle de sa situation a fait usage du droit de communication qu'il tient de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale précité. Toutefois, il ressort du rapport d'enquête établi par l'agent assermenté de la CAF, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme E a été informée, oralement, à l'occasion d'un entretien, de la possibilité mise en œuvre de ce droit de communication. Au demeurant, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante aurait vainement sollicité auprès de la CAF des Vosges une copie des documents obtenus dans le cadre du droit de communication. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.

8. En quatrième lieu, si Mme E fait valoir que la décision litigieuse a été prise sans avis préalable de la commission de recours amiable, la privant ainsi d'une garantie, il résulte de l'instruction que cette commission a été saisie, le 22 décembre 2022, et a proposé au président du conseil départemental de rejeter le recours formé par la requérante. Par suite, ce moyen doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif () ".

10. Si la requérante soutient que le département des Vosges a méconnu ces dispositions, elle ne démontre pas que des retenues sur ses prestations auraient été effectuées pendant l'examen de son recours administratif ou depuis le dépôt de la présente requête. En tout état de cause, à supposer même que de telles retenues aient eu lieu, cette circonstance, susceptible de constituer une faute de l'autorité administrative, est toutefois sans incidence sur le bien-fondé de l'indu. Ce moyen doit ainsi être écarté.

11. En sixième lieu, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision litigieuse est inopérant dès lors qu'il s'agit d'une décision implicite et qu'il n'est pas démontré que la requérante ait demandé à l'administration de lui communiquer les motifs de celle-ci.

12. En septième lieu, la requérante fait valoir qu'il aurait été porté atteinte aux droits de la défense dès lors que les motifs à l'origine de l'indu n'auraient pas été portés à sa connaissance, la privant ainsi de la possibilité de faire valoir ses observations. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment de la décision de notification de l'indu de RSA du 6 décembre 2022 que celle-ci précisait être fondée sur la circonstance que Mme E " ne [réside] plus de manière régulière en France depuis décembre 2019 " et que " [son] fils D ne vit plus à [son] domicile depuis août 2019 ", motifs qu'il était loisible à la requérante de contester dans le cadre du recours administratif préalable obligatoire qu'elle a présenté au président du conseil départemental des Vosges. En outre, si la requérante se plaint de ne pas avoir reçu le rapport d'enquête établi par l'agent assermenté de la CAF dans le cadre du contrôle de sa situation, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire qu'une telle obligation pèserait sur la CAF à l'égard des allocataires qui feraient l'objet d'un contrôle. Par suite, le moyen tiré de ce que les droits de la défense auraient été méconnus, de même qu'en tout état de cause l'article 6 de la cour européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.

13. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

14. Aux termes de l'article L. 583-1 du code de sécurité sociale : " Les organismes débiteurs des prestations familiales et leur personnel sont au service des allocataires. Ils sont tenus en particulier : 1°) d'assurer l'information des allocataires sur la nature et l'étendue de leurs droits ; 2°) de leur prêter concours pour l'établissement des demandes dont la satisfaction leur incombe. Ils peuvent également apporter leur concours à leurs allocataires en fin de droit pour l'établissement de dossiers formulés au titre d'autres régimes de protection sociale auprès d'autres organismes ". Aux termes de l'article R. 112-2 du même code : " Avec le concours des organismes de sécurité sociale, le ministre chargé de la sécurité sociale prend toutes mesures utiles afin d'assurer l'information générale des assurés sociaux. () ".

15. D'une part, les dispositions précitées de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale, qui n'ont pas trait à la régularité ou au bien-fondé d'un indu qui serait notifié au bénéficiaire d'une aide sociale, ne sauraient être utilement invoquées à l'encontre d'une décision de récupération de sommes indûment perçues au titre du revenu de solidarité active. Au demeurant, la requérante n'établit nullement que l'indu en litige résulterait d'un défaut de délivrance d'informations relatives à ses obligations déclaratives, ou de manquements de la part de la CAF ou du département, ou même qu'elle aurait saisi la CAF d'une demande d'information relative à ses obligations déclaratives, alors même qu'il résulte de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles que le bénéficiaire du RSA a l'obligation de faire connaître à l'organisme chargé de son service tout changement de sa situation, notamment au regard de sa résidence ou de la composition de son foyer.

16. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'indu de RSA, notifié à Mme E sur la période allant du 1er juin au 30 novembre 2022, est fondé sur les motifs tirés, d'une part, que cette dernière ne résidait plus de manière stable et effective en France et, d'autre part, qu'elle a omis de déclarer le départ de son fils ainsi que les pensions de réversion qu'elle a perçues à la suite du décès de son ex-conjoint. La requérante ne conteste que le premier motif qui lui est opposé, tiré de son absence du territoire français. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête de la CAF des Vosges du 22 novembre 2022, que l'étude des comptes bancaires de Mme E fait apparaître que celle-ci se trouvait à l'étranger, au titre de l'année 2022, du 1er janvier au 22 avril, puis du 15 juin au 1er septembre, de sorte que, s'étant trouvée hors de France plus de trois mois cette année-là, elle ne pouvait être regardée comme y résidant de manière stable et effective. Toutefois, l'intéressée était en droit de bénéficier du RSA, en 2022, au titre des " mois civils complets de présence sur le territoire ", au sens de l'article R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles, excluant ainsi, pour la période au titre de laquelle l'indu a été notifié à Mme E, les mois de juin, juillet, août et septembre 2022.

17. Si l'indu litigieux est également fondé sur les deux autres motifs susmentionnés, il ne résulte pas de l'instruction et des éléments produits par le département en défense que ces deux motifs seraient susceptibles, à eux seuls, de fonder intégralement l'indu qui est réclamé à la requérante au titre des mois d'octobre et de novembre 2022.

18. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental des Vosges a rejeté le recours formé par Mme E à l'encontre de l'indu de RSA qui lui a été notifié doit être annulé en tant qu'elle a confirmé cet indu au titre des mois d'octobre et de novembre 2022. Cette annulation implique que Mme E soit déchargée de l'obligation de payer la somme correspondant à l'indu qui lui a été notifié au titre de ces deux mois et que le département des Vosges réexamine les droits de l'intéressée au RSA compte tenu des deux autres motifs retenus pour justifier l'indu litigieux.

Sur la demande de remise de dette :

19. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur, d'autre part à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

20. Si la requérante soutient qu'elle devrait se voir accorder la remise de sa dette, elle ne produit toutefois aucune pièce justificative et n'établit ainsi pas la situation de précarité dans laquelle elle se trouverait. Dans ces conditions, Mme E, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa bonne foi, ne peut être regardée en l'espèce comme se trouvant dans une situation de précarité telle que le remboursement de sa dette excéderait ses capacités contributives.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander la remise de l'ensemble des indus restant à sa charge.

Sur les frais liés au litige :

22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département des Vosges, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante pour l'essentiel, la somme réclamée par Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite par laquelle le président du conseil départemental des Vosges a rejeté la contestation formée par Mme E contre l'indu de RSA qui lui a été notifié est annulée en tant qu'elle a confirmé cet indu au titre des mois d'octobre et novembre 2022.

Article 2 : Il est enjoint au département des Vosges de réexaminer les droits au revenu de solidarité active de Mme E au titre des mois d'octobre et de novembre 2022 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au département des Vosges.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.

La magistrate déléguée,

C. Sousa Pereira

Le greffier,

P. Lepage

La République mande et ordonne à la préfète des Vosges, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2302168

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