vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | THIRIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juillet 2023 et 8 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Thiriet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2023 par lequel le préfet de la Meuse a prononcé son expulsion du territoire français et a fixé son pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public au sens de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2024, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolff, rapporteure,
- les conclusions de Mme Marini, rapporteure publique,
- et les observations de Me Thiriet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 13 janvier 1990, déclare être entré sur le territoire français le 21 janvier 2020 afin d'y rejoindre sa conjointe, ressortissante française. Par un jugement du 6 janvier 2022, le tribunal correctionnel de Créteil a prononcé à son encontre une peine d'emprisonnement délictuel de quarante-deux mois, dont douze mois assortis de sursis, pour des faits de violences aggravées par deux circonstances suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours commis le 22 février 2021 et des faits de violences aggravées par deux circonstances suivies d'incapacité excédant huit jours commis le 28 novembre 2021. Après avoir été placé en détention au centre pénitentiaire de Fresnes, M. B a été transféré à compter du 20 juin 2022 au sein du centre de détention de Saint-Mihiel. Par un arrêté du 13 juillet 2023, le préfet de la Meuse a prononcé son expulsion du territoire français et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".
3. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
4. Il ressort des pièces du dossier que le 22 février 2021, M. B a commis des violences envers sa conjointe en lui lançant des objets, en lui donnant des coups de poing et en se saisissant d'un couteau. Le 28 novembre 2021, il a commis de nouvelles violences à son encontre en lui donnant des coups de poing, en la plaquant au mur avec un fer à repasser et en lui entaillant la gorge avec un couteau. Par un jugement du 6 janvier 2022 du tribunal correctionnel de Créteil, M. B a été condamné à une peine d'emprisonnement de quarante-deux mois d'emprisonnement, dont douze mois avec sursis, en raison de ces faits de violences volontaires ayant, respectivement, entraîné une incapacité totale de travail d'une durée inférieure et supérieure à huit jours, commis par le conjoint avec usage et menace d'une arme et d'une peine complémentaire d'interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pendant une durée de cinq ans. M. B soutient qu'il a pris des cours de français en détention, qu'il a bénéficié d'un suivi psychologique régulier et qu'il a mis en place des versements mensuels réguliers pour indemniser la victime. Toutefois, il ressort du rapport socio-éducatif établi par le service pénitentiaire d'insertion et de probation en vue de son passage devant la commission d'expulsion que, si M. B reconnaît la matérialité des faits, il tend à les banaliser et à reporter la responsabilité sur la victime. Dans ces conditions, compte tenu de la gravité des faits de violences conjugales commis par M. B et de leur caractère récent et répété, le préfet de la Meuse a pu en dépit de l'avis défavorable émis par la commission départementale d'expulsion lors de sa séance du 5 mai 2023, estimer que sa présence sur le territoire national constituait une menace grave pour l'ordre public. Il n'a, dès lors, pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant son expulsion du territoire français.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Thiriet et au préfet de la Meuse.
Délibéré après l'audience publique du 27 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Davesne, président,
Mme Sousa Pereira, première conseillère,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La rapporteure,
É. WolffLe président,
S. Davesne
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2302193
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026